| Ecrit par Seth Gecko, 08-11-2007 14:47 |
28 Semaines Plus Tard Le film de zombie est un genre qui a été honoré par des milliers de films dont les illustres exemplaires se nomment L'enfer des zombies ou Dawn of the dead. Des noms évocateurs s'il en est. Pas aussi évocateur que Slap my ass and call me a bitch! mais nous nous égarons et changeons quelque peu de registre. Quoique... Danny Boyle avec son 28 jours plus tard s'attelait donc à un genre rigide, formaté et marqué au fer rouge par d'illustres prédecesseurs. Dure était la tâche pour le brave petit rosbeef. Mais Boyle, avec une poignée de bonnes idées, avait réussi à donner un nouvel angle au genre: les zombies devenaient rapides comme des jaguars et se lançaient à la course-poursuite de leurs proies ce qui était déja une grande rupture avec un genre qui a bien plus souvent montré des carcasses traîne-savates. Boyle faisait également basculer le genre dans le nouveau millénaire avec un moyen de contamination originale par le sang. Troisième point fort du renouveau signé Boyle: point de grande cité américaine au programme. En effet, Boyle a fait le choix judicieux de placer ses personnages dans un Londres madmaxesque, chaotique, dévasté et en total abandon. 28 jours plus tard, fort de ces points de renouveau, est devenu en l'espace de quelques mois un classique du genre malgré le nombre incalculable de films du même registre. Boyle réussissait un pari risqué à l'image de Carpenter et son Vampires qui avait détartré le genre "film de goules". La barre était haute lorsque vint l'idée à Boyle et ses producteurs-associés de donner une séquelle au film. Une suite qui se déroulerait quelques semaines après les évènement initiaux. 28 semaines plus tard en tout. Le bébé est alors confié entre les mains de l'espagnol Juan Carlos Fresnadillo, réalisateur du très prometteur Intacto et qui, jusque là, prenait son temps pour donner une suite à sa carrière. Intacto était un thriller sur l'univers des jeux de rôle. Le tout était mis en boîte avec une virtuosité précoce et un sens de l'intrigue rappelant David Fincher ou Bryan Singer. Le cadre est posé. Que dire dès lors de cette séquelle? Ne mâchons pas nos mots: la suite vaut largement l'original et la surclasse par moments. Il n'y a certes pas la folie ambiante de Boyle mais l'histoire est mieux maîtrisée et les tribulations des infectés plus crédibles. Chez Boyle, les militaires n'étaient que pretexte à huis-clos sadique. Chez Fresnadillo, l'armée devient une entité plus meurtrière, plus incontrôlable. On peut facilement penser à l'occupation américaine en Irak car il est simple de raisonner selon la pensée unique. Soyons clair, la présence américaine dans le film évoque n'importe quelle présence militaire, n'importe quelle loi martiale. Cessons un peu de ne voir le monde que par eux. Ils n'ont ni le monopole de la souffrance ni celui de la connerie. Fresnadillo surclasse Boyle car l'anglais réalisait un film intimiste, avec peu de personnages et de scènes de genre. Fresnadillo, lui, filme des scènes massives, incisives, des attaques éclairs de hordes de zombies. Avec le duo Boyle-Fresnadillo, on croit revivre les grandes années de la Hammer, lorsque les studios anglais faisaient des extras avec de l'argent italo-espagnol pour rechercher une sensibilité et un savoir-faire plus latin, pour donner un nouvel angle. C'est un des points forts du film: Londres vu par les yeux d'un étranger et non pas ceux d'un natif. Autre point fort: Robert Carlyle qu'on desespérait de revoir bouffer de la barbaque depuis l'immense Vorace. 28 semaines plus tard est un film fort en émotion qui s'est enrichi du passé du genre et de choix juste en matière d'équipe technique. Une petite leçon de cinéma au beau milieu des suites faciles et baclées.
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