| Ecrit par Luphenz, 07-11-2007 12:59 |
C.R.A.Z.Y Comédie dramatique (Québec-2006) de Jean-Marc Vallée avec Michel Côté (Gervais Beaulieu), Marc-André Grondin (Zachary Beaulieu, de 20 à 40 ans), Danièle Proulx (Laurianne Beaulieu), Emile Vallée (Zachary Beaulieu, enfant), Maxime Tremblay (Christian Beaulieu), Pierre-Luc Brillant (Raymond Beaulieu), Alex Gravel (Antoine Beaulieu), Félix-Antoine Dépatie(Yvan Beaulieu). Scénario : Jean-Marc Vallée, François Boulay Directeurs de la photographie : Pierre Mignot Musique : Patsy Cline, David Bowie, Charles Aznavour, Pink Floyd Durée du film : 2h09 Synopsis : Zachary vient au monde à Noël en 1960, à Montréal. « Zac » est le quatrième fils de Gervais et Laurianne Beaulieu, un couple modeste et sans histoires. Sa mère est persuadée qu’il a des dons de guérisseur. Pour son père, c’est un peu le préféré, notamment en raison de son goût pour la musique. Le lien qui les unit est mis à mal lorsque Gervais surprend Zac portant des vêtements de sa mère. Adolescent, il encaisse les railleries de son grand frère, Raymond, toxicomane, et s'efforce de lutter contre des pulsions homosexuelles en sortant avec son amie d'enfance. Un événement ambigu avec l’ ami de sa cousine provoque une crise avec son père, et cela paraît irréversible… Descriptif : C.RA.Z.Y est à la fois le titre d'une chanson de Patsy Cline et un mot composé à partir de la première lettres des prénoms des cinq frères Beaulieu : Christian, Raymond, Antoine, Zachary, Yvan. Ce long métrage dépeint une époque révolue avec finesse et authenticité à travers une fresque familiale. Cette époque n’est pourtant pas si lointaine et il n'y avait pas que l'homosexualité qui restait en travers de la gorge : il y avait tout ce qui différenciait, qui marginalisait qu'il fallait bien tenir caché. Jean-Marc Vallée montre ainsi les relations très convenues entre hommes et femmes, et entre parents et enfants. Si la reconsitution est le fait d’un perfectionniste (notamment les décors les musiques évocatrices…), la direction d’acteurs est aussi à saluer. Michel Côté, Marc-André Grondin, Emile Vallée et Pierre-Luc Brillant sont en première ligne, mais le reste de la distribution est impeccable. On pourrait juste déplorer de ce côté des personnages féminins quelque peu en retrait. Le film débute par des images empreintes d’un brin de folie, puis le chemin narratif se fait beaucoup plus conventionnel-le scénario plus simple. La mise en scène est sobre et on est au plus près de la psychologies des personnages. Les diverses fêtes de famille méritent amplement le déplacement, tant le ton est juste. La douleur dans le lien entre le père et le fils est extrêmement palpable et le chemin (impossible ?) à parcourir est finement montré. Cette relation a un pendant symbolique à travers un disque vinyle brisé par Zac jeune qu’il essaye ensuite vainement d’ offrir neuf à son père. Au rayon des regrets, il y a la longue séquence dans le désert qui brouille un peu les cartes, même si on peut percevoir à travers cette phase le néant affectif dans lequel est le ‘héros’ et sa quête initiatique pour s’accepter… Un film touchant (et parfois aussi drôle) qui devrait ravir ceux qui ont apprécié « Les invasions barbares » de Denys Arcand. Note : Film visionné en VOST (avec des sous- titres pour les expressions québécoises !!!).
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