| Ecrit par Shinji, 07-11-2007 12:43 |
Carnivale La Caravane de l’Etrange Quand la première ébauche de Carnivàle a été écrite en 1992 par Daniel Knauf, il s'agissait alors d'une tentative de scénario de film. Cela ne fonctionnait pas, même pour une série TV, et le script a été mis de côté pour servir plus tard de base à l'écriture d'un roman. Mais HBO est apparue, placée en tête des séries TV de par la qualité de ses productions haut de gamme (Les Sopranos, Oz...). L'occasion pour La Caravane de l’Etrange de ressortir du tiroir ; et même si, faute de public suffisant, la série a finalement été condamnée à s'arrêter après 2 saisons, au moins aura-t-elle marqué quantité d'esprits. Dès le générique magnifique, on entre déjà dans un univers à part entière, à la croisée de Freaks (Tod Browning, 1932) et de David Lynch. On y suit, pendant la grande dépression qu'ont connue les USA dans les années 1930, l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire de ce pays, une caravane de forains qui traverse l'Amérique profonde au gré de ses représentations. Elle est composée de nombreux personnages à première vue plus étranges les uns que les autres, parmi lesquels le nain Samson (Michael J. Anderson, rendu célèbre grâce à ses apparitions dans l'univers lynchien), sert d'intermédiaire entre le véritable boss, "la Direction", et la troupe : des télépathes, une femme à barbe, une charmeuse de serpents, un hercule, des filles de joie, des siamoises, un géant... Ils recueillent sur leur route un jeune paysan tourmenté (Nick Stahl, jeune acteur convainquant vu dans Terminator 3 ou Sin City), qui se révèle doté d'un étrange pouvoir et fait des rêves aux caractères oniriques. Ces caractéristiques, il les partage avec un alter ego en la présence de frère Justin (épatant Clancy Brown, le méchant d'Highlander), un pasteur dévoué à sa paroisse. Ces deux personnages principaux, qui ne se connaissent pas et ne se rencontrent jamais autrement que dans leur sommeil, vont être au centre d'une lutte où bien et mal se confrontent, un thème maintes fois traité, ici sans aucun manichéisme. C'est que leur époque est propice à l'apparition de tels prophètes, la "petite" histoire racontée ici étant le reflet de la "grande", à une période de transition entre deux guerres, mais aussi entre superstition et science nouvelle. C'est aussi l'occasion à travers eux de présenter des thèmes secondaires comme apprendre à se connaître soi-même ou trouver sa place. De grands moments ont ainsi lieu au fil des épisodes, servis par des personnages convainquants, rendus possibles par un casting de seconds couteaux extraordinaires. Il y a cependant un "mais" en ce qui concerne l'histoire, qui avec sa vingtaine de personnages réguliers est densifiée à tel point qu'on a l'impression à la fin de la première saison d'avoir assisté à un très long pilote. Les intrigues se prolongent, il y a peu de révélations, mais surtout l'intrigue principale est presque reléguée en fond, comme si elle n'était en fait là que comme prétexte pour raconter les aléas de chacun. Cela aurait permis de nombreuses saisons... si le public ne s'était pas aussi vite lassé. Dommage, tant la qualité générale faisait oublier le format télé de cette saga.
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