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Control
Ecrit par Chorizo, 08-11-2007 14:51


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Control
De Anton Corbijn

Un album-photo. Une vie qui défile, page grise après page grise, sans qu'il ait une quelconque emprise. Grandis, étudie, marie-toi, trouve toi un job tranquille. Ne fais surtout pas d'histoires. Ne rentre pas dans l'histoire.
Mais il y a Bowie, Iggy Pop ; le groupe se forme, Warsaw puis Joy Division ; l'album et les tournées, on échappe au quotidien et puis Annick. Et tout devient incontrôlable.

Du noir et blanc, une mise en scène statique, photographique : Ian Curtis (interprété par Sam Riley, bluffant de mimétisme jusque sur scène) traverse le film jusqu'à sa fin, inéluctable. Le parti pris de Anton Corbijn est réussi. A l'instar d'un "Last Days" contemplatif, "Control" trace le portrait de Ian Curtis, l'homme, né à Manchester, marié à 19 ans, enterré trop jeune, secoué par ses crises d'épilepsie, assommé par la mélancolie et, accessoirement, chanteur culte d'un groupe indispensable de la scène post-punk. L'intérêt n'est d'ailleurs pas là, ne cherchez pas à voir Joy Division, on est loin des clichés sexe et drogue en backstage, les scènes du groupe sont presque anecdotiques si ce n'était la détresse transparente d'un Ian Curtis possédé. La caméra se fait sobre, presque inexistante et d'un esthétisme froid, à couper le souffle. Tout est ici filmé à fleur de peau, de façon brute quitte à éluder certains passages de sa vie ou mettre en arrière plan des moments clés du groupe. Histoire de rappeler que Curtis est avant tout un homme de son époque (l'industrielle Angleterre de la fin des années 1970) et marqué par ses faiblesses.

Le film, tiré du roman de Deborah Curtis (qui a tenu dans la vie du chanteur un rôle souvent ingrat), insiste beaucoup plus sur la vie privée du chanteur, de son mariage raté à sa rencontre fatale avec Annick Honoré, une journaliste belge de laquelle il tombe fou amoureux. Entre deux, Anton Corbijn (ancien photographe de U2 ou encore Depeche Mode et réalisateur de clips) nous dépeint ses tiraillements incessants desquels il ne sortira jamais, à la fois aveugle d'amour et rongé par une culpabilité contre laquelle il n'aura au bout du compte aucun remède. Si, un seul, finalement. Que l'on devine mais qui glace. Si brutal qu'il en est irréel. C'est en 1980 que se termine l'histoire de Ian Curtis. Pour la postérité. Une autre commence alors: Joy Division est né.

Magistral.

Bande Annonce: ici.




Tags : Anton Corbijn
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Commentaires utilisateurs (2) Fil RSS des commentaires
Posté par alain (27-01-2008 09:31)
1. tu as
tu as bien raison de citer "The last days". c'est un très bon film d'un... très bon réalisateur. j'ai lu le livre un peu moyen de la veuve d'Ian Curtis. pas encore vu le film, il est resté deux semaines à l'affiche et comme je suis très slow... je l'ai raté évidemment. donc comme pas mal de gens, j'attends la sortie DVD ! ce coup-ci, j'achète, je loue pas. 
 
c'est bien que Corbijn n'ait pas loupé son film, il était, semble-t-il, le mieux placé pour le réaliser ! 
 
@lain
Posté par alain (27-01-2008 09:31)
2. tu as
tu as bien raison de citer "The last days". c'est un très bon film d'un... très bon réalisateur. j'ai lu le livre un peu moyen de la veuve d'Ian Curtis. pas encore vu le film, il est resté deux semaines à l'affiche et comme je suis très slow... je l'ai raté évidemment. donc comme pas mal de gens, j'attends la sortie DVD ! ce coup-ci, j'achète, je loue pas. 
 
c'est bien que Corbijn n'ait pas loupé son film, il était, semble-t-il, le mieux placé pour le réaliser ! 
 
@lain

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