| Ecrit par Seth Gecko, 10-05-2008 13:37 |
Diary of the Dead Récapitulons. Ces dernières années en matière de films d'horreur, pour utiliser un terme large, auront été marqué sous le signe du concept. A savoir, je tiens un truc, je ne le lâche qu'après l'avoir pressé, usé, visité et revisité. Début 90, Craven parodie, extrapole, référence avec son Scream. On dépoussière joyeusement le slasher en consolidant les bases: sérial-killer original, groupe de teens, humour potache. Et de décliner le film en saga et en filiation. Arrivent donc par la suite les Souviens-toi machin truc, les Destination Finale et tout et tout. Début 2000, changement de siècle mais toujours la même soif de rentabiliser des concepts du côté des toujours très peu imaginatifs studios. L'heure est à la fois au remake de films nippons et à la fois au retour vers le gore. Saw et Hostel marquent, toute proportion gardée, un retour des films de studios vers des scènes punchies, osées. Bref de la torture un peu politiquement incorrect. Pas de quoi fouetter un chat mais ça ravigote quand même. Autre tendance, on revisite les vieux classiques jugés trop ringard: Massacre à la tronçonneuse, Halloween, La colline a des yeux... Et maintenant que faire? On a dit qu'Hollywood n'hésitait pas à regarder à l'étranger pour trouver de nouvelles idées. les films asiatiques foutaient les jetons? On les a tous refait: Dark Water, Ring, The Eye (The Aie d'ailleurs... un God Of Bouz potentiel...). La grande sensation du moment, c'est [REC], film qui, avec trois bouts de ficelles, terrorise autant que l'ensemble des trente dernières années de films de genre. On tient une nouvelle tendance: la caméra subjective. Cloverfield, [REC], Quarantine (déja un remake de [REC]... et Diary of the Dead de George Romero, qui tient là une nouvelle façon de visiter "son" genre, le film de zombies. Qu'on ne se méprenne pas, Romero ne pompe rien, à personne. Il a l'idée de ce film depuis longtemps mais le fait est qu'il est là au moment où un certain style déferle sur les écrans fantastiques. Le hasard a même poussé le vice jusqu'à conduire [REC] et Diary of the Dead au festival de Gerardmer, faisant se confronter les deux films en compétition officielle. Le Romero 2008 est un grand cru, loin des lacunes et de l'aspect un peu Z de Land of the Dead (sympa au demeurant). La subjectivité et l'aspect vidéo film plonge le spectateur au cœur du combat et évoque un jeu vidéo par moment. On a l'impression de se trouver dans les meilleures moments d'un Resident Evil ou d'un Silent Hill. Romero trouve avec Diary of the Dead une nouvelle facette à explorer dans la mythologie du zombie, une facette qui rend le mythe plus réel, comme une sorte de retour aux sources. Diary of the Dead est un film qui a l'air vrai, au sens documentaire du terme, et qui du coup cause le même malaise que la Nuit des Morts Vivants et son huis-clos. Romero a retenu les leçons de ses prédécesseurs et a écarté les défauts de Blair Witch, à savoir une caméra trop mouvante et des plans à gerber. Romero filme en doc-vérité mais en gardant le contrôle sur sa mise en scène sans verser dans l'unique exercice de style. Diary of the Dead est en cela supérieur à cette cohorte de films "pour de vrai" qui déboulent nuit et jour, à tout (re)venant.
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