| Ecrit par Seth Gecko, 08-11-2007 14:07 |
Los Lunes Al Sol Non Ken Loach, les Dardenne ou Nanni Moretti n'ont pas le monopole des films sociaux qui pointent du doigt les dérives de nos sociétés toujours au bord de l'abisme. Ils n'ont pas non plu le monopole des personnages du quotidien sale, froid et qui fait pitié, celui des gens humbles qui nagent à contre-courant dans une mer dont les vagues sont factices et motorisés par les multinationales. Avant le boom économique et touristique des années 90, l'Espagne dépassait les 20% de chômeurs. Alors, forcément, de l'autre côté des Pyrénnées, quand on fait des films sociaux sur des êtres et un système à la dérive, on sait un peu de quoi on parle. Fernando Leon de Aranoa en parle tellement bien que le film sera couronné de 5 Goya en 2002. Los Lunes al sol nous montre une ville costière du nord de l'Espagne, peuplée par des paysans des décennies plus tôt, des paysans qui avaient abandonné leurs terres pour aller vivre à la ville, vivre de l'industrie navale. Oui mais voilà, l'âge d'or touche à sa fin et les licenciements pleuvent. La page se tourne. Il ne reste plus que les dimanches pour se retrouver entre ouvriers déchus et les lundis au soleil, les jours fériés du mois de mai s'égrainent mais qu'importe puisque désormais tous les jours deviennent chômés. Los lunes al sol est un film fort sur la nostalgie, le temps qui passe et les désastres des régions désindustrialisées, le Nord et l'Est en France, les Asturies et le Pays Basque en Espagne. Los lunes al sol est un hommage à ces générations d'hommes qui ont joué le jeu du capitalisme à outrance, sans lendemain. Des hommes qui ont tout quitté pour une vie meilleure et qu'on a abandonné en chemin. Dernier point, et pas un des moindres même si ça parait un peu répétitif de le dire, mais dans Los Lunes al sol, Javier Bardem est MONUMENTAL. Cet acteur est magnifique. Allez bon film, sortez les kleenex mais ne déconnez pas, utilisez-les des deux côtés: la planète se meurt.
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