| Ecrit par Luphenz, 07-11-2007 15:02 |
Spider Comédie dramatique (Canada) - 2002 - de David Cronenberg avec Ralph Fiennes (Spider), Gabriel Byrne (Bill Clegg), Miranda Richardson (Yvonne, Mme Cleg, Mme Wilkinson), Lynn Redgrave (Mme Wilkinson), John Neville (Terrence), Bradley Hall (Spider jeune), Gary Reineke (Freddy), Philip Craig (John), Cliff Saunders (Bob). Scénario : Patrick McGrath, David Cronenberg, d'après le livre de Patrick McGrath Directeur de la photographie : Peter Suschitzky Musique : Howard Shore Durée du film : 1h38 Synopsis : Après plusieurs années d'internement psychiatrique, Dennis Clegg est transféré en foyer de réinsertion dans la banlieue de Londres. Il vivait à quelques pas de là lorsqu'il était enfant. Denis est sûr d'avoir vu, alors qu'il était à peine âgé de douze ans, son père assassiner sa mère, pour la remplacer par une prostituée dont il s'était amouraché. Clegg, surnommé Spider depuis son enfance-pour les fils qu'il tend, retourne sur les lieux du "drame" et replonge peu à peu dans ses souvenirs pour y mener des investigations singulières. Descriptif : Cet avant dernier long métrage de David Cronemberg resta assez confidentiel au moment de sa sortie en salle. Il était temps de l'exhumer. Certes il est assez difficile d'accès comme l'est son sujet - une enquête menée par une sorte d' autiste-, mais la mise en scène, notamment, est un modèle du genre. L'univers dépeint a des couleurs très travaillées(dégradé de gris, beiges et verts). Les acteurs sont au service de l'histoire et se révèlent très convaincants. On peut ainsi parler de Ralph Fiennes, mutique et torturé, mais aussi de Miranda Richardson, brillante dans ce double rôle très freudien. Gabriel Byrne est dans un registre plus attendu, avec un personnage inquiétant et violent à souhait. Le réalisateur emboîte les pièces du puzzle(les flash back sont filmés d'une façon extraordinaire) au sein d'un rythme homogène, se gardant bien de répondre précisément aux questions, mais en tissant suffisamment de pistes pour laisser le spectateur y répondre par lui même. Le retour dans les passés de Spider ou plutôt dans ses mémoires sont confus, plus ou moins crédibles, tant ses souvenirs semblent fabriqués. Et le spectateur est pris dans cette oeuvre étrange à l'atmosphère étouffante, dans les méandres de la folie d'un homme traumatisé par son enfance. Sans effets et sobrement, il nous entraîne en effet au delà des apparences avec ses ouvertures psychologiques multiples et ses temporalités bouleversées.Le film a des allures intemporelles et peut entrer dans la même famille filmique que Memento de Christopher Nolan. On pourra reprocher au film d'être un peu prisonnier de son sujet, que le fond gagne parfois un peu la forme, laissant à distance. Mais, il ne faut pas oublier la fin et sa révélation assez inattendue. Enfin, le principal attrait du film réside dans le fait qu'il est un espace rare de calme et de réflexion qui laisse place à l'imaginaire... et ce n'est pas si courant... Note : Long métrage visionné en VOST. Bonus du dvd : Deux disques dans la version de luxe. Le film est founi avec le commentaire audio de David Cronenberg sur le premier, avec bande- annonce et filmographies. Sur le second, des interviews du cinéaste et de ses acteurs, ainsi que la leçon de cinéma de Cronenberg au Festival de Cannes 2002, et un court métrage, "Camera".
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