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The Machinist
Ecrit par Shinji, 07-11-2007 11:48


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The Machinist
(2004) de Brad Anderson

La première chose à laquelle on pense à propos de The Machinist, c'est au physique de Christian Bale dans ce film. Il faut avouer que sa performance pour rentrer dans la peau (guère plus) du personnage fait un peu de l'ombre au film tant il accapare l'attention. Lui qui nous a habitués à des personnages en forme (Règne du Feu et Equilibrium en 2002), voire body-buildés (American Psycho en 2000, Batman Begins en 2005), rejoint ici le club des transformations physiques au cinéma - de Robert De Niro dans Raging Bull (1980) à Charlize Theron dans Monster (2003) - mais à la limite du danger (il a perdu une trentaine de kilos pour le rôle), fixant ainsi les limites de l’investissement d’un acteur. A ce stade, son jeu ne semble jamais forcé puisqu'il peine visiblement à réellement accomplir le moindre mouvement, au point de faire mal à voir, tant la vision de ce squelette ambulant est un concentré d'horreurs (famine, maladies, camps de la mort...).

Trevor Reznik (un clin d'oeil à Trent Reznor de Nine Inch Nails ?), ouvrier dans une usine métallurgique, semble plus survivre qu'exister, son apparence le rendant étrange vis-à-vis de ses collègues, et ayant comme seules amies deux femmes : Marie, serveuse dans le café d'un aéroport (la madone), Stevie (Jennifer Jason Leigh), une prostituée énamourée (la putain). De plus, il n'a pas dormi depuis un an, anniversaire qui va être le début d'événements étranges le poussant à chercher ce qui est à l'origine du désordre ambiant dans sa vie. L'insomnie provoquait déjà des trous de mémoire et des crises d'angoisse, mais comme si cela ne suffisait pas il fait soudainement la rencontre d'Ivan, un homme tant inquiétant que repoussant. Trevor devient de plus en plus hanté par sa recherche de la vérité, qui prend vite l'apparence d'une quête identitaire remettant peu à peu en question son innocence.

Pour cette production indépendante au petit budget (il a été financé et tourné en Espagne), Brad Anderson n'a subi aucune contrainte mais une totale liberté d'action. Les images soignées, avec des couleurs délavées qui font penser à du David Fincher ou Chris Cunningham (surtout le clip "Come to Daddy" d'Aphex Twin, qui - coïncidence - comporte également un personnage squelettique mais au faciès monstrueux), sont de Xavi Giminez (les films de Jaume Balaguero : La Secte sans Nom en 1999 et Darkness en 2002). Le script a été écrit par Scott Kosar (loin des remakes de Massacre à la Tronçonneuse et d'Amityville), lequel s'est focalisé sur la psychologie tordue du personnage plutôt que sur les rebondissements en chaîne. Difficile de ne pas penser à David Lynch (référence récurrente en la matière), avec des personnages enblématiques, des objets comme autant d'indices... Mais le principal reproche pouvant être fait au film est que certains éléments se retrouvent dans d'autres films l'ayant précédé, et qu'il se prend parfois un peu trop au sérieux (les références à Kafka et Dostoievski). Mais le cheminement de Trevor est prenant, la révélation finale étant toutefois moins intéressante que le calvaire traversé.




Tags : Brad Anderson
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