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Placebo - Battle for the Sun |
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Écrit par Seth Gecko
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24-06-2009
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Placebo - Battle for the Sun Que reste-t-il de Placebo en 2009? Un peu largué musicalement par Radiohead, qui s'évertue à ne pondre que des chefs d'œuvre, la bande de Molko se situe un peu à part par rapport à ses camarades de génération. A part car Placebo a décidé de prendre son temps, du temps pour se sortir d'un Meds qui avait déçu certains, déçus de ne pas trouver autant de titres accrocheurs qu'auparavant. Placebo a été au bord du split, a perdu son batteur et a souffert d'un certain décalage parce que le groupe avait choisi d'être glam avant que Pete Doherty et consorts ne revoient leur manuel du parfait petit Bowie. Molko parlait des Cure à la fin des années 90 quand d'autres ne se souviennent de la bande à Smith que depuis peu. Alors oui, Molko a toujours été/voulu être en décalage, pour être un groupe qui fédère mais sans trop faire comme tout le monde. Aujourd'hui, la majorité des groupes font leur retour avec des albums pêchus, très rock, l'époque est au retour aux sources, au old school, on se remet à vouloir sonner comme dans les albums de début de carrière, comme pour se rassurer et montrer que l'on en est encore capable. Et voilà que Placebo se pointe avec un petit album tout en tendresse, lent, tout en balade, exit les gros riffs et les gros arrangements électro, Molko pose sa voix sublime et inimitable sur des mélodies et des tempos qui permettent de réveler un nouveau batteur au feeling acéré. Battle For the Sun est produit par David Botrill (Deus et... Tool) et le mixage a été confié à Alan Moulder ce qui confère au groupe une nouvelle dimension. Le disque sonne vraiment comme un album à écouter du début jusqu'à la fin et non plus comme un assemblage approximatif ou une succession de singles. Il y a une unité musicale, avec notamment certains morceaux plus longs. Battle for the sun est un album enjoué, sorte de némesis du très sombre Meds, album pessimiste et qui laissait entrevoir un futur sombre, voir pas de futur du tout, pour le groupe. A écouter en priorité Kitty Litter, The Never-ending why et Bright Lights. |
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Écrit par Seth Gecko
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29-05-2009
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Iggy Pop - Préliminaires Lorsque l'on est passionné de musique, on a des fantasmes, des envies. Voir un tel ou un tel chanter ou jouer avec un autre. Imaginer un live ici ou là dans des conditions x. L'Histoire de la musique est pleine de rencontres improbables entre des musiciens opposés, au niveau du style et des envies. Elle regorge aussi de lives filmés dans des cadres hallucinants. Le maître des lieux voudrait que je cite ici le live des Floyd à Pompéi, live joué devant 0 spectateurs. Les Préliminaires d'Iggy Pop, puisque c'est de cet album dont je dois parler avant tout, fait partie de ces mystérieuses connexions et assemblages du destin. Iggy Pop en mode crooner. Iggy Pop qui chante des standards de la chanson française. Bon alors, on a toujours eu des reprises plus ou moins improbables ici ou là: Tori Amos qui s'essaie à Slayer dans le genre Grand Huit et Avril Lavigne à Fuel de Metallica dans un registre plus tragi-comique. Iggy Pop, qui vient pourtant de réaliser l'incroyable prouesse de reformer les Stooges, a subitement des envies de douceurs, lui l'iguane au corps de latex qui vient de passer les 40 dernières années à hurler, se tortiller, convulser, restant le seul et unique fer de lance du rock'n'roll, un fer de lance encore rougi par la forge de Satan lui-même. Iggy Pop pose se voix donc, égraine des syllabes maladroites, touchantes. Il joue le crooner nostalgique, un brin pervers avec cette voix si caractéristique. On pense à Tom Waits, à Johnny Cash, à Calvin Russel. Alors bien sûr, les grenouilles de bénitier et les mauvaises langues vont dire que la bête est mourante, qu'elle s'assagit enfin, que la mise à mort est imminente. Plus qu'un changement de style, Iggy Pop aborde ici une nouvelle facette de son immense talent. Iggy Pop ne suit pas la mode, Iggy Pop ne réinvente pas la musique. Il est la musique. Et après ces quelques Préliminaires, I wanna be your dog again!!! |
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Écrit par Shinji
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02-01-2009
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Bokor - Interview Il y a presque un an, j'avais craqué sur le premier album d'un groupe suédois, au point d'interviewer son chanteur. Et bien, j'ai décidé de remettre ça pronto après la sortie récente de "Vermin Soul", venu confirmer tout le bien que je pensais de Bokor. Pour moi, l'une des grandes sorties métal de cette fin d'année 2007, rien que ça. Pour ceux qui ne les connaissent pas encore, c'est donc à nouveau l'occasion de découvrir ces artistes venus du Nord. De mon côté, j'ai profité de la gentillesse de Lars Carlberg pour encore une fois lui tirer gentiment les vers du nez, et ainsi en savoir notamment un peu plus sur ses textes quelque peu obscurs. Bonjour, et merci de répondre à cette nouvelle interview pour Eclipshead. Commençons avec le retour vis-à-vis de "Anomia1" ; vous a-t-il satisfait dans l'ensemble ? Qu'est-ce qui vous a le plus plu et déplu ? Bonjour, et merci à vous de me donner à nouveau l'opportunité de répondre à d'autres questions ! L'album précédent a été bien reçu, nous avons eu de nombreuses bonnes critiques, et il s'est bien vendu pour une première sortie. Nous avons apprécié le fait qu'il semblait y avoir une place pour nous dans le monde musical, et aussi de créer des connexions avec des personnes d'autres pays qui comprenaient ce que nous avons commencé à faire. D'une certaine façon, cela nous a donné raison d'avoir lancé ce groupe pour faire de la musique qui comptait pour nous, sans vraiment chercher à plaire à d'autres. Je pense que c'est cool quand des journalistes et ceux qui font la promotion vont chercher loin des références vis-à-vis de la manière dont nous sonnons, puis disent "Bokor ne sonne cependant comme aucun de ces groupes..." C'est parfois difficile d'avoir un style difficile à cataloguer, mais ça reste néanmoins du métal ; vous appréciez ça, ou vous écoutez autre chose... Nous n'avons par contre pas réussi à avoir des concerts pour le premier album, ce qui était un peu décevant. D'un autre côté, c'était une bonne chose si on considère que cela nous a permis de travailler sur "Vermin Soul" et de nous concentrer là-dessus. Je suppose que nous aurions pu avoir plus d'auditeurs si nous étions partis en tournée, mais je me dis que ce sera plus intéressant de monter sur scène avec tous les titres que nous avons à présent. Que s'est-il passé pour que deux membres du groupe changent ? Comment s'est déroulé cette transition ? C'était un problème de priorités et de logistique. Nous sommes tous très décontractés dans le groupe, mais chacun doit se montrer aux répétitions et être présent pour ajouter sa touche personnelle, montrer son enthousiasme par rapport à ce que nous faisons. Tout le monde a beaucoup de choses à gérer : la famille, le boulot, les études, etc. Mais quand tu es avec le groupe, tu te dois d'être honnête sur tes priorités et ne pas te plaindre sans arrêt que ça perturbe ton emploi du temps. Cela nous sert d'exutoire pour l'énergie et la créativité que ça nous apporte. Si ça devient trop difficile, il est alors préférable de quitter le groupe ou d'être clair dès le début afin de pouvoir adapter à la situation. Les nouveaux dans le groupe ne le sont en fait pas tant que ça, puisqu'ils étaient déjà des amis et des musiciens avec qui nous avions joué auparavant. Daniel Melo est un peu plus métal dans son approche de la batterie, ce qui a rendu certains aspects des arrangements et de la production plus faciles sur "Vermin Soul". Jimmy Larsén a quant à lui apporté beaucoup de motivation et de réconfort au groupe quand c'était nécessaire, parce que c'est quelqu'un d'honnête et droit qui apprécie ce qu'il fait. Lors de mon précédent entretien avec toi, tu m'avais dit que les prochaines chansons iraient plus loin en tout. Comment avez-vous procédé pour y parvenir ? Cela nous a semblé évident dès que les nouvelles chansons ont commencé à émerger. Nous commençons toujours avec des riffs et des structures basiques créés par Thomas [Eriksson], et dès le début il était à fond dedans plus que jamais. Nous avions l'idée de travailler davantage encore sur les dynamiques, sur les transitions entre les différentes parties. Ecrire pleins de parties difficiles est facile ; ce qui l'est beaucoup moins, c'est de les relier pour obtenir quelque chose de cohérent. Quand tu écoutes du vieux progressif, ce qui interpelle souvent n'est pas le côté bizarre ou difficile de la musique, mais la manière dont cela s'enchaîne sans problème. Les changements dynamiques étaient donc un aspect essentiel pour cet album. Nous aimons rassembler les éléments dispersés ; il y avait même une partie dans une chanson avec un style country/bluegrass étrange qui n'a pas trouvé sa place. Bokor a sans doute ses propres limites. Pourquoi as-tu dit que cet opus pouvait être considéré comme le premier "véritable" album de Bokor ? Et bien, "Anomia1" était d'abord seulement prévu pour faire notre promo ; nous l'avons enregistré au fur et à mesure de la composition des chansons, et nous n'avions pas de véritable idée sur la manière de le produire. Cela s'est finalement bien terminé, mais pour l'album actuel nous avons cette fois pu procéder comme pour une production habituelle. Nous avons composé les titres, répété, et passé du temps dans un studio pour enregistrer d'une meilleure façon. Une fois de plus, l'artwork par Valentin Maelstrom est très réussi ; quel a été son rôle dans le chant et l'inspiration ? Il est bon de connaître Maelstrom pour trouver l'inspiration et nous bouger le cul. Travailler avec lui apporte autant qu'avec le reste du groupe ; tu proposes quelque chose et il revient avec un résultat auquel tu ne t'attendais ou ne voulais pas vraiment, mais bien meilleur que ton idée de départ. Nous avons utilisé son chant agressif sur "Viral Prophesies", pour lequel il a suivi ce que nous lui avons dit de faire car c'était déjà plus ou moins en place. Cela a été un peu différent pour "Western Desert Freeze", puisque Thomas et Maelstrom se sont occupés ensemble du chant à partir de mes propositions de départ. Il a enfin pris beaucoup de plaisir à créer l'artwork de l'album en se basant sur mes textes et ce qu'il ressentait à partir des chansons. Au niveau des textes, y a-t-il des connexions avec "Anomia1" ou est-ce quelque chose de totalement différent pour "Vermin Soul" ? Je pense qu'il y en a en effet certaines. Mais les textes de "Anomia1" concernaient des sujets individuels et étaient davantage basés sur le folklore traditionnel, alors que "Vermin Soul" va un peu plus loin dans l'inconnu. C'est assez compliqué en fait. Peut-il être considéré comme un "concept-album" ? Il semble en tout cas se dérouler dans un monde différent de celui que nous connaissons. Et qui a-t-il derrière ce chant lexical de la vermine (araignée, moustique...) ? Faut-il voir cela comme des métaphores en référence à "l'esprit" dans le titre ? Oui, il s'agit d'un autre monde que celui que nous connaissons, surtout parce qu'il s'agit d'une perspective différente. Il y a quelques 40 milliards de bactéries dans une poignée de terre. Notre planète n'appartient pas aux humains, ni aux lions, aux aigles ou à d'autres animaux de ce genre. Elle appartient aux insectes, aux rats, aux vers et aux cafards. Pour les virus, nous ne sommes que des niches dans l'environnement. Il y a une sorte de concept derrière les paroles, mais ce n'est pas très évident. Cela a débuté avec une phrase que j'avais trouvée pour une chanson il y a longtemps : "Tous les enfants savent d'où viennent les araignées". Il y a un dicton qui ressemble à quelque chose comme "Si Dieu a tout créé, alors il aime vraiment les insectes." Et à quoi ressemblerait un dieu, en prenant en compte le fait qu'il ne s'intéresse pas aux hommes comme certains veulent tant le croire ? Il est même un peu question de cela dans l'Ancien Testament, avec des éléments comme les sept fléaux. D'une certaine façon, j'aime l'idée d'un dieu qui fait s'opposer les hommes les uns contre les autres tels des fourmis, et contre des nuées de sauterelles, des crapauds vénéneux, un dieu qui s'appuie sur les abcès et les bactéries comme principaux moyens de faire fuir ses adversaires. S'il y a vraiment un quelconque "esprit" dans le monde, dans la nature, cela doit bien plus ressembler à quelque chose de rampant qui aime beaucoup se nourrir, se reproduire et chier partout. Et il s'agit sans doute plus d'un essaim que d'une simple entité. L'album commence par ce qui ressemble à l'apocalypse, puis viennent le virus, la lèpre... pour finir par le suicide. Reste-t-il un peu d'espoir ou un quelconque salut dans tout cela ? L'album traite effectivement beaucoup de la mort, mais aussi de la vie. Pour moi, la mort fait naturellement partie de la vie, de l'univers, de tout. Pourquoi en faire autant à son sujet, comme la plupart des groupes de métal le font ? C'est intéressant d'imaginer à quoi ressemblerait le contraire, où tout le monde serait obsédé par la naissance sous tous ses aspects. La symbolique du métal, avec ses crucifix et ses tombes, ses crânes et ses pierres tombales serait remplacée par des ventres ronds, des foetus, des vagins, des liquides amniotiques et des maternités... Comme je le disais, il y a dans l'album la mort, la famine, la sécheresse et la maladie, mais aussi la nouvelle vie, ou plutôt la continuité de la vie. Je suppose que c'est le seul salut qui s'offre à toi quand tu es athée et sceptique. La vie tient essentiellement à la magie de l'ADN conjointement avec les protéines, le hasard et le temps. C'est là le vrai miracle, et cela m'émerveille toujours plus que n'importe quel mythe religieux. Il y a cette persistance dans la vie, thème que l'on retrouve par exemple dans "Viral Phrophesies". Une épidémie balaye le pays et tout est désertique, mais le sol des décombres est fertile ; un jour, de nouveaux fermiers feront pousser des cultures ici, et l'herbe sera épaisse et dense. La survie dans le désert est estimée à 40 jours et 40 nuits, à manger des sauterelles et des choses comme ça ; la question à se poser est dans quel état mental tu serais en arrivant à Jérusalem. Il reste toujours l'espoir. Merci, Lars. J'espère que Bokor va rapidement trouver les moyens de défendre ses chansons sur scène. C'est également notre souhait, et nous y travaillons ! Nous sommes vraiment ouverts à toutes idées et suggestions, alors si quelqu'un est intéressé, qu'il n'hésite pas à nous contacter. Et merci à toi pour tes questions ! www.myspace.com/bokorband |
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Guns'N'Roses - Chinese Democracy |
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Écrit par Seth Gecko
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24-12-2008
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Guns'N'Roses - Chinese Democracy En 1987 sort Appetite for destruction avec son infernal trio Welcome To The Jungle, Paradise City et Sweet Child O'Mine. Guns'N'Roses est alors, et dès son premier album, au sommet de son art. Le groupe mêle hard rock, paillettes et provoc' sur des chansons aux solos interminables. Axl est alors un frontman qui envoie, qui a une pêche terrible. On attend la suite avec impatience. Le problème est qu'il n'y aura pas vraiment de suite à Appetite. Le second album est anecdotique, puis viennent les mégalos Use your illusion, vrai-faux double-album qui alterne reprises, ballades et chansons d'antan pour un tout très inégal qui sonne comme un best of cliché. Et puis plus rien. Un album de covers à la pochette immonde. Un best of. Un live. Bien triste discographie en somme pour un groupe considéré par beaucoup comme une pointure 90's. De qui se moque-t'on? Les Guns ou la grande arnaque musicale des 20 dernières années. Et pourtant, que ce groupe avait du potentiel. C'était clairement les nouveaux Aerosmith. Bon, passons. Exit le prometallicalisme primaire, exit les moqueries faciles sur Axl et son comportement, exit la "genèse" de Chinese democracy et concentrons-nous sur les faits. Que vaut cet album? Difficile à dire. On a l'impression, en l'écoutant, d'être dans un épisode d'Au coeur du temps. Non pas que l'album sonne vieillot car il a suffisamment été enregistré, réenregistré, reréenregistré, mixé, démixé, sous-mixé et autres. A vrai dire et pour être honnête, j'ai l'impression d'entendre 12 fois de suite Don't cry avec des effets de voix un peu moyennement nuls et des solos (très bons) à intervalle régulier. Désormais seul véritable Guns, Axl s'est fait plaisir: il joue du piano tout le temps et récite ses gammes. L'album part finalement dans pleins de direction, sans ligne de conduite, sans harmonie. Un vrai fouillis. Un gâchis incroyable. Passé l'effet de surprise et la curiosité, Chinese Democracy s'essouffle très rapidement. Les ventes, après un gros démarrage dû à une attente incroyable, retombent largement après la semaine de sortie: le bouche à oreille tue le succès commercial de l'album. La déception est bel et bien grandissime pour les fans de Guns. |
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Metallica - Death Magnetic |
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Écrit par Seth Gecko
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27-10-2008
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Metallica - Death Magnetic Quand on a un revolver chargé dans la bouche, on ne parle qu'en voyelles dixit Norton dans Fight Club. J'ai écouté Death Magnetic il y a quelques jours pour la première fois. Quand on a un revolver chargé dans les oreilles, on ne peut plus rien dire. On subit. L'adrénaline, les émotions, la tachycardie. La jouissance. Et les larmes montent, les poils se hérissent. Parce que ce groupe a été, est et sera tout pour moi. De la pré-adolescence jusqu'à maintenant. L'adulescence disent les psys. Rick Rubin. Trujillo. Un album orienté vers la sainte trilogie Ride-Master-Justice. A vrai dire, tout cela sentait très bon. Rubin, parce que ce type a façonné et produit les meilleurs albums métal des 20 dernières années. Trujillo, parce qu'un monstre de la basse allait enfin enregistrer et graver dans la roche avec le groupe, chose qui n'était pas survenue depuis la mort de Cliff (je ne brûle pas Jason et ne l'offre pas en sacrifice mais bon... il se donnait en live mais n'a jamais rien apporté que ce soit sur le plan du son ou des compos... et puis jouer de la basse avec un médiator, c'est pêché). Et enfin, un retour au son qui a fait la légende, celui antérieur au Black Album. Chose qu'on entend depuis des lustres: Load devait s'appeler Kill'em all II disait jadis la rumeur... Hé bien, ils l'ont fait. Le retour à l'état de grâce. Un album à la fois old school, trash et épique, heavy et moderne. Un album best of. Ah bon, Metallica est mort et enterré? Avec Death Magnetic, le groupe déballe ses couilles et les posent sur le comptoir. Alors les petites frappes, c'est qui les maîtres? Baissez la tête les vilains. On est toujours au top. Cette galette tue de a à z. Chapitre 1er: That was just your life. 7:08. Quelle mise en bouche: une vraie pénétration buccale. L'album s'ouvre sur des palpitations angoissantes. Un calme malsain avant la tempête. Avant les descentes de manche les plus fulgurantes depuis Ride the lightning. Tout est de retour: les solis de Kirk, les frappes de Lars, la hargne d'Hetfield. Et cette basse gonflée à bloc qui survitamine la rythmique. Le putain de son de la Bay Area. Le finish est grandiose avec la batterie qui oppresse le chant. Un très grand morceau d'ouverture comme on en a l'habitude (Sandman, Fuel, Battery...). Un départ en burn. Second titre: The end of the line. L'intro est immédiatement entêtante. Sans doute le riff le plus accrocheur de la galette. Lars retrouve la vitesse d'antan. Hetfield a repris la main niveau lyrics. Il a bien des choses à dire après les montagnes russes émotionnelles vécues ces dernières années. Un morceau qui frise le génie à partir de the slave becomes the master... Heavy à souhait. Effet garanti d'après les réactions à la "première" du titre en live (Berlin, O2, 12/09). Et que dire de ce solo?! °_°. Sur le cul. Satrianesque et gras. Tercero: Broken, beat and scarred. Je sais pas comment je vais réussir à vous parler des 10 morceaux... Les mots vont me manquer. Forcément. Désolé pour les néologismes. Rythmiquement, b, b and s évoque plus le Black Album notamment Sad but true. Un morceau lourd façon Devil's dance. Moins trash que le dyptique précédent donc. très 90's dans sa construction. Ah, j'oubliais, dans Death magnetic, les légendaires breaks de Metallica sont de retour. Qu'est ce que j'adore ça! Je place le morceau dans mon top 3. Tout concorde: riffs, solo, la pêche de Jaimz... Critiqués, conspués, méprisés, les Four Horsemen ont mis les points sur les i. Le lexique hetfieldien est de retour, sans concession. Pain, misery, asylum, suicide, apocalypse, the end... : le portrait dressé est amer. Le grand progrès fait par le groupe est avant tout d'assumer: oui, nous sommes Metallica et nous faisons du métal. Exit les explorations, les tâtonnements (Bob Rock à la basse), les écarts (tout le monde a vu Some kind of monster) et les débats stériles (Napster). Metallica a recentré le sujet. Et ma foi ça fait un bien fou après presque une décennie à parler davantage des coupes de cheveux de nos métalleux et des arrangements batterie de Lars. Vient The day that never comes. Déjà un monument. Je l'ai dans la tête depuis un moment celui- là. Sans doute à cause de sa position de premier single. Je l'ai donc écouté un peu plus que les autres. Premier grand ralentissement dans l'album avec une longue intro évoquant tantôt fade to black tantôt One. C'est finalement de One que se rapproche le plus ce The day that never comes: crescendo qui prend aux tripes, finish en transe ultra technique. Et le clip "militaire" signé Thomas Vinterberg ne fait que conforter ce point de vue. Alors bien sûr, aucun groupe sur Terre, pas même Metallica, ne reproduira un jour l'intensité et l'osmose de One et du passage "darkness, all that i see, imprisoning me, absolute horror, i cannot live, i cannot die, trapped in myself..." mais ça fait plaisir de retrouver une chanson digne de ce One. Avec même des riffs en takatakataka! All nightmare long: morceau badass, façon southern metal. Grosse ligne de basse puis accélération. on rebascule en mode Ride the lightning, définitivement l'album old school qui fait, à mes yeux, le plus écho. James en remet une couche et explore à fond le potentiel de son chant: parlé, phrasé, saccadé. "One, two!" Nouveau solo monstrueux de Kirk qui avale la corde à une vitesse qu'il n'avait pas égalée depuis longtemps. A ce titre, l'album est disponible en téléchargement pour le jeu Guitar Hero: Legends of Rock sur Xbox 360 et PS3. Bien du courage aux amis du doigté. Cyanide arrive en sixième position. Premier morceau de Death Magnetic à avoir été joué live pendant les dates de l'été. Encore du très heavy, avec une nouvelle fois une ligne de basse omniprésente: à écouter live absolument. Rappelle parfois le titre Some kind of monster. Par sa richesse et ses ruptures de ton, le morceau rappelle Blackened aussi. Suicide, i've already die... Sept. Quelle surprise il y a quelques mois lorsque la tracklist est tombée. The Unforgiven III. Qui l'eut cru? Bah, ça alors! Autant, le dire tout de suite, le troisième rejeton de la famille des impardonnés est un sacré spécimen. Un mutant mi-symphonique mi-heavy. Intro au piano, cordes et trompette. Michael Kamen peut reposer en paix: les petits ont bien retenu la leçon. On pense aussi à Morricone dont Hetfield est fan et qui ouvre, avec son Ecstasy of gold, tous les concerts du groupe depuis plus de 20 piges. Par contre, pas de réminiscences des deux précédents opus dans ce troisième tome. Si The Unfogiven II faisait écho au premier morceau par des rappels dans les lyrics (What i felt...), ici rien de tel. Passé l'intro classique, le bon gros heavy revient au pas de charge. Single imminent. The Unforgiven III est une balade sombre et torturée comme Hetfield les affectionne. The Judas Kiss est un morceau estampillé Metallica comme pas deux. Un morceau à la rythmique martiale façon Struggle Within. Dans mon top 3. Metallica est Metallica lorsque Hetfield a sa hargne, lorsqu'il chante comme s'il triturait les mots avec des dents en acier, rageant et colérique. Judas Kiss est le tribute des Mets à Mercyful Fate et Motorhead. Le riff est terrible est évoque au début le Jesus Christ Pose de Soundgarden. Et quand on arrive au refrain. Il est là: l'hymne de l'album. Cannot resist. The Judas Kisssssssssssss!!! Suicide and redemption. 0:30. 1:58. ... 2:35. Putain, elle est longue cette intro. Bon, le morceau dure 9:57, patientons. A moins que... Naaan... Pas en eux, pas en 2008... Hé putain si, ils l'ont fait! Un morceau instrumental!!! Le morceau le plus long de l'album s'avère donc être à ma grande surprise l'héritier d'Orion. 4 minutes de haut vol puis phase calme avant ébullition. Y'a bien longtemps que j'attendais un pareil titre. Un morceau magnifique qui fonctionne à la façon d'un Bleeding me (oui, Load est un putain de bon album, que ceux qui pensent le contraire aillent se carrer le micro en mousse d'Axl dans le cul!) par couche (ça veut rien dire musicalement parlant, mais je vous avais prévenu: je tombe à cour de moyen de description). My apocalypse. Dernière grenade. Finish en apothéose. Cerise sur le gâteau. Ejac' faciale. Guitares slayeriennes. Fight fire with firiennes pour être précis et rendre à César ce qui appartient à James et Kirk. Certains (les cons qui parlaient cheveux et caisse claire) se demandent déja quel intérêt de revenir à du vieux son puisque, forcément (comme disent toujours les vieux cons), c'était mieux avant. Ces mêmes-là regretteront le manque d'originalité du groupe. Ces mêmes-là crachaient sur la modernité et l'originalité du Black, de Load, de Reload puis de St Anger... Les éternels débats à la qui-pisse-le-plus-loin si chers à nous autres, membres du gang des cheveux gras (ou pas, parce que je le vaux bien) et/ou longs. My apocalypse est un morceau coup de poing. Un finish him. Un morceau qui donne son titre à l'album par ailleurs puisqu'il faut attendre ce dernier verset pour entendre James prononcer ces deux mots, déjà légendaires: Death Magnetic. Et voilà 10 titres. 10 commandements qui devraient tenir en éveil, donner à réfléchir, faire débat, éveiller la créativité de la scène métal pendant les 10 prochaines années (Follow the REAL leader...). Cliff peut reposer en paix, Metallica est de retour pour certains, toujours là pour d'autres. Et pour conclure, une fois n'est pas coutume, je m'en vais citer une très jolie phrase glanée chez nos confrères de Métalorgie, phrase écrite par un forumeur/euse que je salue au passage et qui répond au pseudo d'Axellica (WTF???): "un magnifique pied de nez de Metallica à ses nombreux prêtres, pressés de lui pratiquer l'extrême onction". Rendez-vous en avril pour le passage du groupe à Berçy!!! |
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