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Terminator Renaissance
Écrit par Seth Gecko - 25-06-2009

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Terminator Renaissance

Soyons clair et précis: Terminator est un must des années 80. Un nom désormais légendaire comme Rocky, Rambo, Predator et autres franchises du même gabarit. Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (quoique, mais bon, c'est pour le phrasé): un temps où il y avait d'un côté Schwarzy et de l'autre Stallone. Les deux plus grandes stars d'Hollywood, les maîtres de l'action movie. Et puis il y a eu Terminator 2 aka T2 aka Terminator: Judgement Day. Le cinéma s'en est jamais vraiment remis. D'ailleurs depuis la sortie de ce film, un genre tout entier, le film de science-fiction aka SF (vous me suivez?), est en souffrance. Les films du genre souffrent d'un grave mal: la comparaison avec le géant prédécesseur. Car Cameron réussit ce qu'il avait déjà accompli avec Aliens, faire une suite énorme, qui dépasse toutes les attentes. Pour T2, on assiste à une révolution de l'image. Le monde des effets spéciaux fait un bon de dix ans dans le temps et instaure, gravée dans la roche, la figure mythologique du T1000. Avec Terminator 3, on frise le sacrilège. Papa est parti, Maman se remarie et le demi-frère est un film avec un Arnold caricatural, un script qui dynamite et saccage les règles établies, fourmillant d'explications foireuses sur Skynet et le futur à venir.

Et le temps de passer. Mais ce n'est pas de la suite dans les idées qui manque aux producteurs d'Hollywood... (la suite, ils l'ont... l'idée par contre...) Terminator Renaissance (Salvation en vo) marque donc le retour de la saga. Un retour en forme de reboot ou de prequel pour suivre la mode instaurée par le blockbuster The Dark Knight. Lorsque le projet a émergé, il y avait fort à craindre. On s'imaginait déjà les personnages de Cameron complètement dénaturés et livrés en pâture sous forme de jouets et produits dérivés à des mômes qui auraient perdu tout sens des réalités, à des mômes qui n'auraient même jamais vu un film de Schwarzenegger.

Et puis les infos se sont égrainées. Bonnes. Christian Bale en John Connor. Le futur comme cadre, enfin. Seul hic: McG, réalisateur venant du vidéo-clip et responsable des Charlie's Angels, était aux manettes.

Terminator Renaissance est un très bon film, malgré plus de 40 minutes de découpages savamment orchestrés par des producteurs culturicides. Alors bien sûr, McG n'est pas Cameron, mais on retiendra de son travail un long plan-séquence qui montre Connor torturé dans un hélicoptère. Il est un faiseur d'images suffisamment doué pour reprendre le flambeau et filmé une nouvelle saga apocalyptique avec un grain d'image un peu vieilli comme si la pellicule elle-même avait subi les outrages du temps. Bale est excellent, toujours habité par le rôle qu'il incarne. Les clins d'œil se multiplient: course-poursuite en camion, station-service, "I'll be back". Cameron hante un peu le film parfois et l'hommage frôle aussi un peu trop la parodie. La vraie réussite du film, c'est Sam Worthington, acteur méconnu amené à devenir grand, et surtout, vrai premier rôle du film. Pour le coup, on attend la suite, le film se posant un peu sur le moule de Matrix: la guerre continue. Le tambour métallique et martial du générique, thème devenu célèbre, n'a pas fini de retentir!

 
Vengeance
Écrit par Seth Gecko - 29-05-2009

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Vengeance

Je sais que certains d'entre vous vont se dire que les drogues, c'est mal, mais oui, je suis bel et bien aller voir Vengeance starring Johnny Halliday. Qui l'eut cru qu'un jour ce nom apparaitrait, de façon sérieuse qui plus est, sur ce charmant site...

Je n'ai pas hésité longtemps en fait et, abstraction faite de Johnny, c'est Johnnie qui m'a motivé. J'ai vu Exilé, le diptyque Election, Lifeline, PTU ou The Mission, tous des bijoux stylisés, chorégraphiés et filmés avec virtuosité, une virtuosité graphique comme seuls les polars estampillés HK en sont capables. Et que dire de Breaking News et son premier quart d'heure absolument fabuleux, sans doute le plus puissant depuis le final de The Killer. Johnnie To est un magicien de l'image et un metteur en scène qui a le sens du spectacle, un des derniers faiseurs à ne pas avoir été corrompu par le système ou le temps (où est Ringo Lam? Pourquoi John Woo ne reprend-il pas les flingues?). En apprenant que Johnnie To, avant de se mettre à son adaptation du Cercle Rouge de Melville, se lançait dans un film avec Johnny (rôle prévu initialement pour Delon), j'ai failli m'étouffer avec mes nems. J'avais du mal à imaginer la chose et surtout peur de voir le truc prendre la forme d'un pub Optic 2000 de deux heures avec des cascades improbables digne de Drôles de dames... La bande annonce est arrivée, à la fois rassurante et inquiétante. Rassurante parce qu'elle laissait entrevoir deux scènes formidables: deux gun-fights, l'un ayant lieu dans une déchetterie, l'autre près d'une fontaine à Macao. Inquiétante parce que Johnny parle un anglais qui ferait passer celui de Yasser Arafat pour celui de l'inspecteur Barnaby. C'est le seul bon côté de la VF, on a pas à souffrir de ça.

Alors oui, on peut s'interroger sur le choix de Johnny dans ce film. Tautale strennegeure en Chine. Des vieux un peu buriné, on en a des wagons chez nous: Bacri, Darmon, Lanvin... Après tout pourquoi pas? John Woo a fait des pubs Nike, Johnnie To peut bien faire une pub Optic 2000. Blague à part, le fait est que Johnny s'en sort plutôt pas mal même s'il joue une sorte de spectre (ou légume?), un tueur meurtri par le deuil de ses petits-enfants et de son gendre et qui sert à se venger. Cette vengeance prend des allures de quête puis de chemin de croix car Costello perd peu à peu la mémoire et, du coup, son objectif. Soyons franc, le scénario est épais comme un poil de cul laissé dans la bouche d'une groupie mais là n'est pas la question. To filme avec relativement peu d'effets et sans l'esbroufe des derniers opus un polar froid et old school, hommage au cinéma français - Johnny passe le film en imper façon Dernier Samouraï - et hommage au western spaghetti - les hommes de Fang portent de longs habits de pluie façon les hommes du Cheyenne. On assiste à un spectacle réjouissant dans lequel Anthony Wong, encore une fois, illumine l'écran à chaque plan.

 
Dans la brume électrique
Écrit par Seth Gecko - 21-04-2009

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Dans la brume électrique

Avec cette adaptation du roman de James Lee Burke, Tavernier signe un film hommage à son ami Philippe Noiret. Un film lent, froid, sombre, inquiet dans une Louisiane mystique, onirique, à la croisée des chemins.

Dans la brume électrique est l'adaptation de Dans la brume électrique avec les morts confédérés, énième polar de Burke avec le policier Dave Robicheaux aux commandes, flic cajun aux méthodes peu orthodoxes, sorte de Dirty Harry à la cool, un rôle qui va comme un gant à Tommy Lee Jones, parfait comme d'habitude.

Robicheaux enquête sur le meurtre sauvage d'une prostituée du coin. Un second corps apparaît et lentement une intrigue multiple, telle une toile d'arachnoïdes, se dessine: quel est le lien entre la Mafia locale, le tournage d'un film, la découverte du corps d'un noir enchaîné et les apparitions d'un groupe de soldats confédérés? Tavernier, pour son premier film américain, se fait plaisir, avec un scénario en béton armé et des dialogues ciselés comme on en avait pas entendu depuis longtemps (quel voix off, mes amis!). Il imbrique petit à petit les pièces du puzzle et joue avec les codes du genre grâce à une histoire qui flotte entre polar et fantastique. On ne sait pas/plus si les vivants côtoient les morts ou si c'est l'inverse qui se produit. A cet univers déjà bien riche, Tavernier ajoute une tragédie supplémentaire puisqu'il opte pour transposer son récit et la Louisiane du roman dans un contexte actuel, à savoir au lendemain du passage de l'ouragan Katrina. Les êtres sont déchirés, le décor l'est tout autant. Et les seconds rôles de venir étoffer l'intrigue par petites touches de couleurs: un joueur de blues, un flic reconverti en gardien de nuit, un acteur alcoolique, une épousé aimante, une fille adoptée... Robicheaux se fait tisseur de trames et tente de circuler dans une nuit opaque et brumeuse.

A noter que même si les américains ont enfin réussi à se débarrasser de Bush, son aura doit encore être fortement présente... Deux raisons à ce commentaire: le film, étant financé par des capitaux français, a eu droit à une sortie en direct dvd malgré la présence d'un casting excellent. Navrant si l'on considère que Dans la brume électrique est sans doute le meilleur film de Tavernier depuis Capitaine Conan et s'il vaut largement n'importe quel film placé dans le top 10 du box-office. Secundo: la sacro sainte guilde des réalisateurs et des scénaristes ont refusé à Tavernier le droit de dédier à la mémoire de Noiret le film par quelques lignes sur un cadre noir pour une raison qui m'échappe encore. Donner de la confiture à des cochons? Passons, Dans la brume électrique est un film racé, qui a la souffle des grands films noirs estampillés 60's/70's mais avec un cadre et des enjeux très modernes. Du très grand cinéma.

 
Gran Torino
Écrit par Seth Gecko - 21-04-2009

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Gran Torino

Mes amis, Clint a 78 ans. Par où commencer... Que dire de cette légende... L'acteur a fait la trilogie des dollars de Leone et l'inspecteur Harry. Des monuments. Le réalisateur (et acteur à l'occasion) a enchaîné Un monde parfait, Impitoyable, Sur la route de Madison, Mystic River, Lettres d'Iwo-Jima... C'est assez hallucinant cette carrière. Et là, à peine sorti de son diptyque sur la guerre dans le Pacifique et de son Echange (deux film d'époque lourds à mettre en oeuvre), le voilà revenir avec un Gran Torino certes plus facile à gérer (80% du film a lieu dans deux pavillons juxtaposés) mais au combien intelligent, drôle, émouvant.

Gran Torino est la version urbaine d'Impitoyable. Dans Impitoyable, Eastwood tirait sa révérence au western, genre qui l'a porté jusqu'au sommet. Il y dynamitait les codes et signait un chef d'œuvre crépusculaire. Dans Gran Torino, on retrouve un Clint qui incarne son éternel rôle de vieux bougon à la gâchette facile et au foie copieusement sirosé. Gran Torino se veut la boucle qui bouclera les polars urbains du grand Clint.

Kowalski vient de perdre sa femme. Le curé du coin essaie de ramener la brebis vers le troupeau mais Kowalski préfère fumer et boire des bières. Il habite un vieux quartier délabré qui peu à peu se peuplent d'immigrés asiatiques, des Hmongs plus précisément, peuple qui a pris part à la guerre du Vietnam aux côtés des américains. Kowalski est un vieux conservateur qui arbore fièrement son drapeau étoilé au beau milieu de ce débarquement de "rebuts de rizières" comme il prénomme ses nouveaux voisins. Sa guerre à lui, c'était la Corée. Et il en est revenu traumatisé. Chez les voisins, le jeune Tao est un ado atypique, aficionado du jardin, activité qui lui permet de se plonger dans un profond mutisme. Tao est persécuté par un gang mené par un cousin de la famille. Ces derniers, en guise d'épreuve initiatique, demandent à Tao de voler la Ford Gran Torino de Kowalski. Mauvaise idée...

Gran Torino est un film magnifique, qui joue sur la mythologie eastwoodienne, à savoir la vengeance, le pardon, la self-défense. Sans pour autant se parodier, Eastwood parvient à prendre suffisamment de recul sur son œuvre pour mieux jouer sur les effets des miroirs et les références avec beaucoup d'humour et de second degré et surtout avec une pudeur attendrissante. Clint est un vieux monsieur, un sage à qui on apprend pas à faire la grimace. Gran Torino, au rayon grand classicisme hollywoodien, est l'un des films de l'année.

 
Les Trois Royaumes
Écrit par Seth Gecko - 21-04-2009

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Les Trois Royaumes

Dans les Trois Royaumes, John Woo s'attaque à la fresque historique - ou plutôt revient aux sources puisque Woo faisait du wu-xia pan (film de kung-fu) bien avant ses polars - dans des dimensions surhumaines (ou juste chinoise en fait, tout ayant l'air démesuré à l'échelle chinoise). Les Trois Royaumes, c'est à la fois Alamo, la guerre de Troie et Star Wars: Cao Cao (prononcé Tsao Tsao), le fourbe, manipule l'empereur et lui conseille de partir en guerre contre deux royaumes du sud. Les deux royaumes en question s'allient et font front face à l'armée colossale qui débarque à leurs portes.

Tout est prétexte au grandiose dans ce film: des affrontements au corps au corps filmé avec la maestria de Woo, cinéaste qui a largement influencé le cinéma d'action, à l'échelle mondiale, des 20 dernières années. Ah ces ralentis... Il faut remonter à Peckinpah pour en voir de si beaux, de si justes. On frôle souvent la caricature dans les chorégraphies des films chinois et on commence sérieusement à friser la saturation, voir l'indigestion en la matière. Woo a le bon goût d'éviter de faire voler ses héros dans tous les sens et de multiplier les passes d'armes. Il filme au plus près des exploits martiaux, le choc des armes et les larmes des guerriers. Alors forcément, on ne peut pas éviter certains poncifs du genre comme la philosophie zen un peu facile (la brindille est fragile mais plusieurs brindilles ensemble, c'est du costaud!) et le discours pro-chinois (l'éducation vous donnera un travail blablabla...) mais rien que pour la bataille navale finale, moment de bravoure avoisinant les 45 minutes, on ne peut que se lever et taper des mains car le maître signe son film le plus abouti depuis Volte-Face. Oui, Woo est de retour après plus d'une décennie à enchaîner les commandes hollywoodiennes, tentant tant bien que mal d'y inclure sa patte. Woo revient en Chine pour le meilleur et pour le meilleur et on se met à rêver d'un nouveau Bullet movie qui sait vu que le genre renaît de ses cendres et que même notre Johnny nationale se met à tourner pour Johnny To: tout est possible.

 
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