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Écrit par Seth Gecko
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21-04-2009
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Watchmen Journal de Seth Gecko, 3 mars 2009: Ai vu Watchmen, le film. Ai pris une claque malgré des wagons de préjugés dues à des affiches un brin vilaines et à des trailers traînant en longueur et faisant dans la surenchère visuelle et le sacro saint ralenti élevé au rang de plan hype ultime depuis Matrix... Événement dans l'évènement, c'était ma première projo en tout numérique aussi, donc forcément, j'en ai pris plein la gueule. Début du film, assassinat du Comédien, tout est déjà dit. Je suis rassuré. Snyder a poursuivi dans la veine instaurée par Sin City et 300, à savoir l'adaptation plan par plan des cases du comic. Le matériel d'origine étant une bible, on ne peut pas être déçu. Les deux heures qui suivent ne me feront pas mentir. On va de moments de prouesses techniques en moments chocs. Comme pour 300, on sent la dévotion envers le matériel d'origine, Snyder, sans verser dans la fan-boy attitude et sans faire le geek, assure une mise en scène à la hauteur d'un blockbuster brainstorm de 2009. Il n'a pas édulcoré, il n'a pas gommé ou déformé. Il ne s'est permis qu'une variation sur la fin pour la rendre, sans doute, plus cinématographique que celle du comic. Alan Moore ne lui en tiendra pas rigueur puisqu'il avait déjà fait retirer son nom du projet depuis belle lurette. Depuis le Dark Knight de Nolan, on parle désormais d'une nouvelle étiquette: le film de super-héros pour adultes. Si vous avez aimé le Batman maudit, torturé et sombre, vous risquez de vous prendre le 33 tonnes Rorschach en pleine face. Personnage de dingue. 5 étoiles. Il n'est pas torturé, il est trituré. Malsain, froid, instable, violent, drôle. Peut-être le personnage le plus humain du film. Et c'est ce qui fait froid dans le dos. Alors oui, les Watchmen feront passer Spiderman et autres X-Men pour des films Disney des 80's: effets gore à souhait, plan de pénis bleu (une première), scène de sexe, fin apocalyptique. Peut-être que des fans du comic seront déçu. Je suis fan du comic et je ne suis pas déçu. Et pourtant, j'ai sacrément douté en voyant les costumes des héros ou le visuel d'Archie, ça sentait le téton moulé du Batman et Robin de Schumi, ça faisait trop moderne pour une uchronie 80's. Mais on oublie vite ces défauts face à la beauté plastique de l'ensemble, face à l'interprétation toujours juste des acteurs (Watchmen est la preuve vivante qu'il ne sert absolument à rien de caster une ribambelle de stars et autres bankables). A ce titre, le Comédien, Rorschach ou Dan sont assez troublants tant ils incarnent vraiment les personnages du comic. Dan surtout. A voir absolument que l'on soit fan ou pas de 300, qu'on ait lu ou pas le Watchmen de Moore et Gibbons, que l'on aime ou pas les films de super-héros: Snyder vient de réaliser le film le plus abouti et juste (dans le genre) depuis le Dark Knight de Nolan (oui, ça remonte pas à si loin mais on va pas se plaindre d'avoir des bons films en ce moment. Avant Nolan, fallait remonter jusqu'à Matrix...). |
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Écrit par Seth Gecko
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21-04-2009
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In treatment gfdgregfgheh skrjlezrilmjkljgug... ah, vous êtes là? Pardon, je nettoyais mon clavier. De quoi, je voulais vous parler? Ah oui, In treatment, nouveau petit bijou d'HBO qui, malgré des errements post Six feet under-Les Soprano, a su rebondir (Entourage, Flight of the Conchords). In treatment, d'emblée, par son format, se démarque déjà de ses illustres prédécesseurs puisqu'à la manière d'un soap les épisodes ne durent que 25 minutes et sont diffusés du lundi au vendredi. In treatment est le remake d'une série israélienne intitulée Be Tipul et comme l'originale elle a pour centre névralgique un cabinet de consultation psy. C'est l'immense Gabriel Byrne qui campe Paul, le psy de la série, avec un flegme et un charisme incroyable, meublant les silences de son visage usé, rassurant ses patients à voix mesurée. Chaque jour de diffusion, un patient différent entre dans le cabinet de Paul: les lundis, nous suivons Laura, infirmière, qui fait un transfert sur son psy et rêve de se le taper; les mardis, Alex, pilote, qui revient d'Irak après avoir rasé une école; le mercredi, c'est Sophie, gymnaste qui a vu ses chances de participation aux Jeux s'envoler à cause d'une blessure; les jeudis, un couple - Jake et Amy - viennent se confier et aborder le difficile thème de la grossesse. Enfin, les vendredis, c'est Paul lui même qui va chez Gina, son mentor, pour se confier. En 9 semaines de show, on suit donc toute l'évolution psychologique de ces personnages de façon quasi quotidienne, dans une sorte de reality show puisque l'on ne sort que très rarement du cabinet de Paul. Avec un cadre unique et une poignée d'acteurs, on ressent une grande proximité avec les histoires et les parcours de chacun d'entre eux. Difficile de traiter de psychologie avec un format aussi court, lorsque l'on sait que la chaîne HBO, a toujours privilégié des séries aux histoires épaisses et tortueuses (cf les tribulations des Fisher). Pourtant, c'est bien le rythme de diffusion et le fait d'attribuer un jour à chaque patient qui contribue grandement au succès de la série et à son pouvoir d'attraction sur le téléspectateur. Nous sommes bel et bien dans une oeuvre de fiction, oui mais voilà, l'époque étant à la télé réalité, à l'immersion dans les backstages de tel ou tel corps de métier, on a vraiment l'impression d'assister à de véritables séances d'électrochocs des sens. In treatment est fabuleusement écrit et dernière chose, après le traumatisme qu'a été pour des millions de gens la fin des Sopranos, qu'il est bon de retrouver un divan sur lequel s'allonger. On ferme les yeux et on imagine le Dr Melfi en tailleur... |
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Écrit par Shinji
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31-01-2009
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The Signal Il est de ces petits films qui font drôlement du bien quand ils débarquent d'on ne sait où, dissimulés entre deux blockbusters à la chaîne. "The Signal" est de cette trempe, et rassure également sur le fait qu'il est encore possible de proposer quelque chose de très réussi et intéressant avec très peu de moyens (environ 50000 $ et 13 jours de tournage), ainsi que des interprètes inconnus mais talentueux, même si le résultat n'est évidemment pas exempt de - petits - défauts (dont quelques références trop voyantes). Comme "Le Projet Blair Witch" mais en beaucoup moins minimaliste, cela a permis au film d'être reperé aux USA et d'être rapidement acheté pour une petite distribution en salles, à laquelle n'a malheureusement pas eu droit la France. Dans un futur proche (trop, faute de moyens, la métropole fictive et futuriste de Terminus n'ayant rien de celle prévue au départ), les habitants d'une ville se mettent soudainement à péter les plombs et à s'entretuer sous l'impulsion du mystérieux signal en question - métaphore assez évidente -, qui le restera d'ailleurs. Tout ce que l'on sait, c'est que les moyens de diffusion, qu'ils soient audio ou vidéo, diffusent des ondes aux conséquences dramatiques pour ceux qui y prêtent attention. La cause importe de toute façon peu ici, et ce sont avant tout les réactions de quelques personnes à ce phénomène qui sont présentées, le récit se focalisant sur une figure classique qu'est le triangle amoureux. Le moment où commencent les événements tragiques coïncident ainsi au retour de Mya auprès de son mari Lewis, après avoir passé la soirée avec Ben, son amant. Après une introduction très indirectement liée à l'histoire, en fait extraite d'un court-métrage de Jacob Gentry ("The Hap Hapgood Story", 2003), la première partie est celle qui me semble la plus réussie ; c'est aussi la plus sombre des trois, puisqu'elle se déroule pendant la première nuit de la diffusion du signal et ce qui s'en suit. Mya ne peut alors qu'assister impuissante au déferlement de violence qui a été déclenché. La seconde partie plonge ensuite dans la comédie - très - noire style british, en en profitant pour exposer les effets du signal sur les personnes "contaminées" : troubles de la mémoire, hallucinations, paranoïa… La troisième partie du film, plus expérimentale, viendra enfin apporter une conclusion nihiliste à l'histoire, véhiculant avec elle son lot de réflexions. Ce phénomène n'est en fait pas si nouveau au cinéma ; mélange de "The Crazies" de George Romero pour les habitants possédés et du "Kaïro" de Kiyoshi Kurosawa et autres films de fantômes japonais pour la télétransmission du mal, "The Signal" diffère surtout par ses changements de ton presque brutaux entre les trois parties intitulées chacune "Transmission". Mais si l'ambiance change radicalement à chaque fois, l'histoire se prolonge quant à elle de façon tout à fait cohérente, avec quelques flashbacks mais sans redite entière ; l'occasion par-là même de secouer la narration, quand bien des films échouent après des débuts prometteurs. Cela permet aussi d'adopter tour à tour le point de vue des trois personnages principaux, filmés non par un seul mais également trois réalisateurs, David Bruckner, Dan Bush et Jacob Gentry, qui espérons-le poursuivront dans cette lancée après de tels débuts. |
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Écrit par Luphenz
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31-01-2009
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Frozen River Premier long métrage de la réalisatrice américaine Courtney Hunt, Frozen River a remporté le Grand Prix du jury au Festival de Sundance en 2008 et a enthousiasmé Quentin Tarantino himself (« Le thriller le plus excitant de l’année »). Rien que ça ! Alors, voyons de quoi il retourne… Tout d’abord, le casting de ce thriller social, emmené par Melissa Leo (Trois enterrements, 21 grammes…), est impeccable. Celle-ci joue une mère courage avec ses deux fils et dont le père, joueur invétéré, a disparu en laissant sa famille dans une sacrée panade financière. Alors qu’elle essaie de retrouver la trace de son mari, elle rencontre Lila d’origine Mohawk qui lui donne l’opportunité de gagner rapidement l’argent indispensable à l’achat d’un mobil-home : Son projet de (sur)vie. Il suffit pour cela de faire passer illégalement aux États-Unis des immigrés clandestins, à travers la rivière gelée de Saint Lawrence, située dans la réserve indienne. Sa comparse interprétée par Misty Upham a un caractère bien trempé et c’est en cela que les deux femmes se retrouvent… dans un monde qui ne leur fait pas de cadeau, les isolant avec leurs difficultés. Toutefois, les risques du métier de passeur sont nombreux : la rivière gelée qui donne le nom au film, la police qui rode, les escrocs toujours à l’affût… C’est ainsi que la froideur du décor entre en résonance avec celle des hommes. Il faut bien avouer également que Frozen river ne fait jamais dans le glamour. Vous l’avez compris, on est très loin de Fargo ou d’une grosse production. Et c’est sa force. C’est un film tendu, sec et très ancré dans une réalité noire et asséchée. Apre, à l’image de la musique d’arrière plan : Une simple guitare flirtant avec le blues et faisant écho aux organismes et aux mécaniques usés par la vie… Un des meilleurs moments reste celui où les deux femmes retournent chercher un bébé abandonné après avoir amené les parents à bon port. L’urgence vitale se substitue ainsi à une autre, plus sociale. Le suspense est dans ces cris… Courtney Hunt signe un grand premier film, très maîtrisé dans le fond et dans la forme. Il est certain que nous suivrons la suite de ses aventures cinématographiques avec grand intérêt ! |
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Écrit par Luphenz
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06-01-2009
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Il Divo Trois ans après le Caïman de Nanni Moretti avec Paolo Sorrentino, au casting d’une biographie de Silvio Berlusconi, c’est au tour de ce dernier de s’atteler à un film politique et historique. Le thème central n’est autre qu’une figure majeure du monde politique de ces dernières décennies en Italie : Giulio Andreotti, un des leaders de la Démocratie chrétienne qui a gouverné le pays de la fin de la guerre jusqu'aux années 1990. Pour donner une idée du personnage, c’est un peu le Mitterand italien (en plus sulfureux), un prince Machiavel des temps modernes. Et il a d’ailleurs reçu bien des surnoms de par ses contemporains : l'Inoxydable, le Sphinx, le Joli Petit Bossu, Belzébuth, le Moloch, la Salamandre, le Pape noir, l'Homme des ténèbres, l'Eternité... Andreotti a un credo : Il faut user du mal pour le bien commun, Dieu sait que c’est indispensable. Sept fois président du Conseil et vingt-cinq fois ministre, il a l’habitude du pouvoir, que l’on courbe l’échine devant lui, d’avoir tous les honneurs. La courte scène avec Fanny Ardant est d’ailleurs éloquente à ce propos. Il n’hésite pas un instant à user de toutes les ficelles du pouvoir, loin de toute considération morale, incarnant une idée de ce qui est bon pour le peuple. Il a d’ailleurs un réseau, une garde rapprochée (où chacun a un surnom-beau casting), mais surtout de grandes archives où tout est noté de manière à faire taire les langues bien pendues. Toni Servillo, magistral et déjà présent dans Les Conséquences de l'amour du même Sorrentino, n’est ici qu'un masque de cire, mystérieux, peu bavard et migraineux. Il a constamment un regard mi-désolé par le spectacle affligeant autour de lui, mi-dominateur… Un manipulateur hors pair. Le film adopte un rythme rapide, marqué par l’outrance, au risque de ne plus être toujours crédible ou de laisser les spectateurs en plan. Il s’agit en effet d’un vrai bal de l’embrouille, bien moins sérieux dans la forme de Romanzo Criminale par exemple. L’arrivée au ralenti d’Andreotti au début tranche et donne lieu à un des meilleurs moments du film. Les dialogues sont savoureux et cyniques à souhait. Dans ce bain de noirceur dépeignant les liens (corruption) entre tous les pouvoirs et toutes les officines, le réalisateur a l’audace d’être direct et de ne faire de cadeaux à personne sans tomber dans le « tous pourris ». C’est une grande force de ce long-métrage. Un bon film. |
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