| |
|
|
|

|
|
|
|
Mesrine - L'Instinct de Mort |
|
Écrit par Seth Gecko
-
27-11-2008
|
|
Mesrine - L'Instinct de Mort Cassel. Richet. Mesrine. Voilà le propos, somme toute assez sobre, de l'affiche du film. C'est clair, limpide, comme une affiche de boxe catégorie poids lourds. L'acteur français le plus doué de sa génération (César garanti... sauf hold-up: humouretcalambour.com), un réalisateur jadis en devenir et aujourd'hui confirmé (Assault sur le Central 13 était génialement filmé, désormais on frise le Michael Mann à la française). Et enfin, un sujet, un vrai: un biopic sur Jacques Mesrine, personnage atypique, à l'aura quasi légendaire dont le nom résonne comme Capone ou Scarface. Mesrine était tout à la fois: charismatique et psychopathe, attachant et repoussant. Il n'était pas un Robin des Bois ("Je vole aux riches mais je garde tout pour moi"). Son nom est devenu grand car ce nom définissait un visage et un être insaisissables, indomptables. A cela, il faut mêlé le sens du spectacle et de la mise en scène et le goût d'être reconnu, de jouer avec les médias, à grand renfort de livre (L'instinct de mort est avant tout le nom de la propre autobiographie du criminel). Mesrine titillait les imaginations: il accaparait l'actualité par ses braquages et ses évasions, se jouant du système, narguant la police et la pègre, véritable électron libre. Enfant de Clichy, traumatisé par la Guerre d'Algérie à sa façon: elle lui a avant tout donné le goût du sang dans la bouche, Mesrine est surtout un homme dangereux que l'on trouverait peut-être insipide aujourd'hui. Trop violent pour être l'héritier des caids de la French Connection, il obéit surtout à son instinct et n'a de cesse de rebondir, quitte à faire des choix improbables (voir la tentative d'évasion qui tourne à la boucherie lors de son séjour au Canada). Cassel retranscrit parfaitement les sauts d'humeur et de comportement de son personnage: tantôt fleur bleu avec son amour espagnole, tantôt porte flingue au grand coeur qui veut venger une prostituée puis abjecte sicaire la scène suivante. Mesrine arpente tous les différents degrés du côté obscur: d'abord Lupin puis Lecter. Cette première partie du film de Richet se base donc sur les écrits de Mesrine lui-même avec toutes les limites que comporte un récit autobiographique. Il conserve sans doute des parts d'ombre mais ne s'embellit pas nécessairement: sans doute, le récit de son séjour en haute sécurité est-il fait pour le dépeindre en martyr ou en héros mais ses relations conflictuelles avec son épouse (il va jusqu'à lui mettre une arme dans la bouche sous les yeux de son fils) égratigne un portrait qui aurait été ou supposé être un brin onirique ou du moins fantasmé. C'est sur cette corde raide que semblent jouer les publicitaires avec l'affiche du second opus qui dévoile un Cassel/Mesrine, dégoulinant de sang après avoir été abattu comme un chien par les forces de l'ordre. Mesrine devient une figure christique qui figure l'ambiguïté du/des films de Richet et la question qui taraude le spectateur: ordure ou héros? On rit de la gouaille du jeune Mesrine lors de son premier cambriolage et on s'enfonce dans son siège lorsqu'il torture un mac maghrébin. On passe par tous les états. Vivement la chasse à l'homme, la traque. Vivement la suite. |
|
Écrit par Seth Gecko
-
27-11-2008
|
|
Hellboy II Petit à petit, Guillermo Del Toro est en train de devenir un grand, très grand réalisateur. Il n'a réalisé, à mon sens, qu'un chef d'oeuvre - Le labyrinthe de Pan - mais chacun de ses films constitue un nouveau module acquis et destiné à nourrir une oeuvre future. Et le futur de Del Toro est chargé, limite surbooké. On va d'un Frankenstein à l'adaptation des aventures de Bilbo qui à elle seule devrait prendre un quinquennat (au moins) au réalisateur mexicain. Des Blade à L'échine du Diable, Del Toro a appris à filmer le mal et à jouer avec les codes du fantastique au cinéma. Hellboy II est un inventaire du genre: des elfes évoquant les zombies de Ghosts of Mars, des créatures latex signés Chet Zar, des trolls... Une vraie jungle raciale à la Star Wars. Un bestiaire incroyable revisitant contes et légendes nordiques, celtiques et mêmes nippones tant les légions d'or rappellent la robotique façon Miyazaki. Alors oui, parfois, le tableau est un peu chargé et, parfois, cliché ou déja-vu mais on sent que le film a avant tout été tourné sous l'oeil d'un geek qui se fait plaisir. Un type qui ose et qui filme Abe et Hellboy en train se mettre minable et de chanter comme des crooners. L'humour potache est toujours là, comme dans le premier opus (et comme dans le comic). Hellboy II répond au cahier des charges d'une bonne suite: la même chose que dans le premier mais plus grand, plus vite, plus haut, plus fort. Un peu déçu tout de même de voir le BPRD devenir un calque du QG des Men In Black mais bon, passons. Un peu déçu aussi de ne pas avoir de scène aquatique à l'écran car, du coup, Abe ne sert, quasiment, à rien. C'est d'ailleurs là la grande faiblesse du film: à force de démultiplier les créatures et d'étoffer la galerie, on ne prend pas le temps de nourrir un peu plus les seconds rôles. Lizz (si tu nous lis, big up!) et Abe sont tristement sous-exploités. Note pour plus tard: ne pas délaisser les seconds rôles (13 nains à exploiter...) |
|
Écrit par Seth Gecko
-
27-10-2008
|
|
Batman - The Dark Knight Avec son Batman Begins, Nolan ne se doutait pas qu'il allait être l'instaurateur d'un nouveau genre. En effet son Batman est le premier d'une série de films qui s'est fixé comme objectif de revisiter un personnage ou un héros connu dans une gamme largement sombre et ocre. Et de suivre un Superman Returns, un John Rambo ou un Casino Royale, tous aussi hardcore et sombre les uns que les autres. Patientons car l'on nous promet un Conan hard boiled (quoique c'est Brett Ratner qui est désormais aux manettes en lieu et place de Ridley scott...), un Superman life on Krypton et tant d'autres. Sam Raimi (rendons à César, etc...) avait déjà tenté de noircir un peu son Spiderman dans le troisième opus de la saga. Mais l'exercice s'était avéré un peu casse-gueule avec un Peter Parker ado quelque peu cartoonesque. Batman painted black donc. Le Begins se clôturait sur une discussion entre Batman et Gordon. Ce dernier dévoilait à Batman qu'un fou d'un genre nouveau semait la panique en ville, perpétrant des crimes à l'arme blanche et signant ces actes avec une carte à l'effigie du Joker. Gordon désignait Batman comme indirectement responsable de l'éclosion de ce criminel d'un nouveau genre. En effet, puisque la police est armée, les criminels le sont aussi; puisque les coffres forts sont blindés, les criminels utilisent des lance-roquettes pour les ouvrir... Et ainsi de suite, Batman a placé la barre plus haute. Le Joker constitue la réponse du crime face aux problèmes posés par Batman. Plus qu'un simple antagoniste, le Joker est la nemesis du Batman. Avec The Dark Knight, Nolan décide de placer le choix au centre de son récit et au centre de la mythologie comics en général. Sam Raimi faisait répéter avec redondance dans le premier opus de Spiderman qu'un grand pouvoir impliquait des grandes responsabilités, comme pour mieux souligner le traumatisme de Parker et son implication directe dans la mort de son oncle. Batman, dans Dark Knight, est face à une série de choix. Certains sont existentiels: se retirer et laisser faire Harvey Dent face au crime? Dévoiler son identité? Redevenir uniquement Bruce Wayne pour reconquérir Rachel? D'autres choix sont encore plus difficiles et tout droit sortis des marécages du vil cerveau du Joker: sauver Rachel ou Harvey? Faire sauter un bateau chargé d'honnêtes citoyens ou un cargo convoyant les rebuts de Gotham? Tout le film se résume à travers un seul objet: la pièce de monnaie que Dent jette pour déterminer le chemin à emprunter, pour faire son choix. Un côté pile et un côté face. Mais rien n'est jamais aussi simple car ce symbole même, cette pièce, n'est en fait qu'un leurre qui arbore deux côtés face. Nolan englue son Batman dans un tiraillement sentimental incessant. Plus que jamais sur la corde raide, Batman peut basculer d'un moment à l'autre du mauvais côté allant jusqu'à espionner les citoyens de Gotham avec l'aide, à contre-cœur, de Lucius Fox, désormais alter-ego professionnel et figure paternelle complémentaire d'Alfred. Il n'y a pas que Batman et Bruce Wayne qui soient confrontés au choix dans ce second opus. Harvey dent est au coeur de la question lui aussi. Symbole d'intégrité, la douleur et les plans machiavéliques du Joker le feront basculer du mauvais côté. Gordon aussi doit lui aussi faire des choix: il doit assumer de travailler avec des ripoux pour faire tomber de plus gros poissons et il doit surtout choisir de se faire passer pour mort aux yeux de sa femme et de ses enfants pour attraper le Joker. Le Joker. Personnage emblématique de la mythologie Batman. Encore plus emblématique dorénavant après la disparition tragique d'Heather Ledger. Bon gré mal gré, on a désormais sacralisé cette prestation délirante de Ledger qui a donné vie à un Joker beaucoup moins cartoon que celui du grand Jack. Ledger transpire la folie. Les mots s'évadent de sa bouche suturée. Complètement malsain, le Joker est ici une sorte de Keyser Soze qui élabore des plans insensés puis élimine un par un ses collaborateurs. Un très grand méchant de cinéma. |
|
Écrit par Seth Gecko
-
01-09-2008
|
|
Glory to the Filmmaker ! Takeshi Kitano s'est érigé au rang de cinéaste culte en filmant des flics et des yakuzas à la dérive, des êtres broyés par les règlements et les codes d'honneur, étouffés par une vie qui balaye les proches et terrasse les confrères en un clin d'oeil. Kitano faisait du Fellini, du Ferrara, du Fukasaku avec la dimension tantôt zen, tantôt potache qui le caractérise. Avec Aniki, mon frère (2000), Kitano clôturait par un ultime métrage son cycle sur les gangsters. Un ultime voyage en terre yankee comme pour boucler une boucle en se connectant à l'héritage occidental: un yakuza sur les terres du Parrain. Depuis, Kitano, qui n'a rien perdu en talent, a décidé de verser dans, disons, l'expérimental. Mis à part la remise au goût du jour de Zatoichi, Kitano a réalise le barré Dolls, le très barré Takeshi's et revient aujourd'hui avec un très très barré Glory to the filmmaker. Rappelons que Takeshi Kitano est connu au Japon comme une sorte de Michael Youn local, un éternel perturbateur des plateaux télés, un clown border line. Alors forcément, entre ce personnage décalé et les yakuzas suicidaires d'une partie de sa filmographie, on a du mal à suivre. Et il semblerait que Kitano, lui-même, ne sache plus vraiment qui il est, artistiquement parlant. Dolls, Takeshi's et Glory to the filmmaker sont des films d'un auteur qui expériment mais qui se cherche aussi. Takeshi's et Glory to the filmmaker sont des introspections, des visites guidées des couloirs et des méandres du cinéma. Kitano, pour être enfin pris au sérieux, semble ressentir le besoin d'expliquer, de se justifier. Comme pour permettre au public de mieux discerner les différents genres de sa personnalité. Dans Glory to the filmmaker, il pousse le concept un peu plus loin: il faut discerner un Kitano acteur, un Takeshi réalisateur. Le créateur a peur de se faire bouffer par sa création. |
|
Écrit par Seth Gecko
-
01-09-2008
|
|
Mad Max A l'occasion de la ressortie du film de George Miller dans nos salles (le 9 juillet avec des copies nueves), revenons sur le mythe du guerrier de la route. Si le Death Proof de Tarantino a remis au goût du jour les films de poursuite aka road movie, il faut bien avouer que le genre est quelque peu méconnu du grand public comme du public de geeks d'ailleurs plus enclin à s'extasier devant des films SF ou heroico-conano-fantastico-underground. Lorsque Miller filme un Mel Gibson quasi imberbe et, à l'époque, encore à peu près sobre, le genre appartient aux catacombes de la vhs et les films sur l'asphalte n'émerveille qu'une poignée d'élus dans des cinoches crasseux. C'est avec cette même crasse que le futur réalisateur de Babe (sic) va, non pas dépoussiérer, mais recouvrir de poussières le genre. Miller choisit de filmer dans les grands espaces australiens, sur des routes qui n'en finissent pas. Il place ses guerriers motorisés dans un futur proche et improbable à la croisée des chemins entre un New York 1997 et un Ken le survivant. Max appartient à une police musclée qui traque les dangers de la route avec des méthodes quelque peu expéditives. Le film est trash, cash comme le sont la plupart des sagas 70's et 80's. Mad Max n'a rien à envier moralement et psychologiquement à ce bon vieux Dirty Harry ou à John Rambo. Du premier opus jusqu'au très mauvais numéro 3, Gibson doit parler quatre fois. Miller préfère faire parler les mécaniques des motos ou des intercepteurs, les engins survitaminés de la police. Mad Max est aussi un film de violence pure et gratuite, un film de vengeance froide comme on ose plus en faire aujourd'hui. Dans un monde chaotique et sans lois, Miller ne cherche pas à amadouer ses personnages, à les étoffer sentimentalement parlant. Max a une femme et un fils mais ils ne sont que prétextes à rendre encore plus abjectes les psycopathes qui déferlent sur les routes, ces Aigles de la Mort qui de chasseurs deviendront peu à peu proies d'un homme avec encore plus de folie au fond de l'oeil. Mad Max est devenu un genre à lui tout seul et des centaines de films de héros solitaires dans un futur ravagé ont suivi mais je vous renvoie aux prochaines éditions de God of Bouz pour vous en parler (Cyborg de JCVD, ça vous dit?) |
|
| << Début < Précédente 6 7 8 9 10 Suivante > Fin >>
| | Articles 26 - 30 sur 265 | |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|