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Gainsbourg - Vie héroique |
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Écrit par Seth Gecko
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30-01-2010
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Gainsbourg - Vie héroique Dans Ray de Taylor Hackford, on voyait d'emblée un drame (la perte d'un frère), traumatisme qui fera écho tout au long du film au gré des tubes, avec l'héroïne en filigrane pour oublier les blessures de la vie. Dans La Môme de Dahan, le biopic était axé sur les mêmes schémas: enfance de merde, succès, démon intérieur - cette fois-ci la picole. Malgré ces défauts, ou du moins faiblesses, ces deux films me viennent en tête immédiatement au moment d'évoquer un film sur un autre grand poète musical. Dans le genre, ils sont quand même en haut du panier. Joann Sfar a du les voir ces films ou du moins en subir l'aura. Faire un film sur Gainsbourg si peu de temps après la Môme, forcément, on ne peut pas éviter les comparaisons, les pressions des investisseurs pour faire aussi bien en terme d'entrées et de prix, etc. Le grave problème qui va se poser pour les esprits étroits, pour ceux qui aiment bien savoir où ils mettent les pieds et ceux qui aiment bien, inlassablement, voir et revoir les mêmes films, c'est que Sfar, en plus d'être un artiste, se paye le luxe d'être un créatif à tendance boulimique. Du coup, son film, c'est un coup de tête. Un vrai parti pris artistique, un défi. On aime ou on aime pas. C'est pas du biopic documentaire, de la reconstitution année par année, de la biographie officielle. On flotte, on vole, on zigzague. Comme la fumée d'une Gitane. Pour sûr que ça va s'engueuler dans les chaumières. Sfar fait au genre ce que Kounen avait fait au western avec son mal-perçu Blueberry, film qui restera à jamais maudit car incompris et mal vendu au moment de sa sortie. J'ai peur qu'il arrive la même chose à ce formidable Gainsbourg - (Vie héroique), même s'il est quand même largement plus abordable que les délires chamanes du chevelu Jan. Sfar aborde la vie Gainsbourg de façon onirique sans chercher la reconstitution historique. Il s'agit d'un conte, celui d'un beau parleur et donc forcément, quelque part, celui d'un mythomane. D'un homme qui racontait à celui qui voulait bien l'entendre qu'il avait été le premier à aller chercher son étoile de David sous l'occupation nazie et qui se vantait d'avoir tringler la Terre entière. Il y a du vrai et sans doute du faux mais tout cela nourrit la personnalité de l'homme et contribue à en faire ce qu'il est aujourd'hui. Un putain de mythe. Sfar vient de la BD et réalise une prouesse pas si évidente et pas si fréquente, à savoir faire co-exister les deux genres à l'écran. Trois si on y ajoute la musique. C'est assez fort et la figure de la Gueule, sorte de Gemini Cricket balèze à tendance croque-mitaine, est une formidable réussite. Un peu de Terry Gilliam dans le fond du cendrier. Ou du Gondry selon les affinités. Côté casting, grand huit vertigineux pour ce genre de film, autant le dire tout de suite, Eric Elmosnino m'a littéralement cassé le cul. C'est simple, j'ai réécouté du Gainsbourg depuis ou fredonner des airs en sortant de la salle et au moment, inconscient, où l'on cherche à donner un visage à cet air entêtant, c'est le visage d'Elmosnino qui me vient et non pas celui de Serge. Il s'approprie de façon incroyable, et notamment jusqu'à la période BB, la gestuelle, les mimiques de dandy galant derrière son piano. Du très grand art. |
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Écrit par Seth Gecko
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30-01-2010
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Avatar On a tout dit sur le dernier film de Cameron, film évènement, qui chiffre en milliards de dollars et qui va, sans doute, faire une razzia à la prochaine cérémonie des Oscars. On peut en parler en faisant le cinéphile et dire que Cameron joue et décline les codes de son univers SF, à savoir les GI et la Compagnie évoquée dans Aliens. On peut en parler de façon geek en comparant et en menant une guéguerre Lucas-Cameron en débattant longuement sur qui a piqué quoi à l'autre. On peut en parler de façon chauvin et attardée intellectuellement en disant que les créatures de Cameron sont pompées sur la Cantatrice de Besson dans le Cinquième Élément. Le fait est qu'il y aura tout simplement un après et un avant Avatar, qu'on le veuille ou non. Pour le meilleur et pour le pire, la 3D va infester nos écrans. Pour le meilleur, parce que les visionnaires de tout poil vont pouvoir donner libre cours à tous leurs délires les plus fous car Cameron leur aura montré la voie. Pour le pire, parce qu'il n'est pas nécessaire de généraliser un procédé qui n'a de lieu d'être que pour certains films post-années 2000. Shrek en 3D oui. Pulp Fiction en 3D non. Avec Avatar, Cameron recycle le langage du western dans un univers SF foisonnant. Dans l'esprit de Cameron a germé toute la culture d'une race alien, ses croyances, une faune et une flore délirantes mais présentées avec justesse, en harmonie dans leur univers. Avec une minutie qui n'appartient qu'à lui, Cameron s'est investi pendant plus d'une décennie pour peaufiner, rendre crédible... un nouveau monde. C'est hallucinant de beauté, de vie. Alors certes, on a de la grosse ficelle scénaristique et quelques raccourcis faciles qui seront sans doute atténués par une version longue en dvd ou un director's cut mais là n'est vraiment pas le propos. Le plaisir de l'oeil avant tout. L'exploit technologique en premier. Sam Worthington, cannibale du blockbuster, donne une fougue et une vitalité féroce au projet, au delà des effets spéciaux et contribue à humaniser l'ensemble. On perçoit en lui la fougue d'un Mel Gibson ou d'un Bruce Willis de début de carrière. Terminator Renaissance, Le Choc des Titans, Avatar. Belle liste. Ne bouder pas votre plaisir et allez-y, retournez-y. Avatar est un film pilier... et qui parle d'écologie et de l'avidité des hommes sans pour autant que l'on se farcisse Kevin Costner. |
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L'imaginarium du Dr Parnassus |
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Écrit par Seth Gecko
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01-12-2009
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L'imaginarium du Dr Parnassus Je sors d'une période de ma vie onirique, guillerette et décalée. D'un hymne au sperme en passant par un lapin féroce, j'ai passé en revue l'œuvre des Monty Pythons. Cela faisait bien longtemps que j'avais pas vu un pareil mélange d'inventivité, d'humour, de créativité tant sur le plan de la langue (jeux de mots, rimes...) que sur la forme (décors, effets visuels...). Et de cette période guillerette, onirique et décalée, j'ai basculé dans un semblant de période désabusée, un peu blasé le Seth quoi. Cherchant, fouillant dans l'actualité la plus récente pour trouver un semblant de référence, une inspiration, quelque chose qui fasse écho, évoque ou suggère les Monty Pythons. Mais que dalle. La tête a été tranchée à la base du cou. Il a fallu que l'un d'eux, le seul à vraiment rester actif, sorte de sa léthargie. Mes amis, et je pèse mes mots, Sir Terry Gilliam est de retour. Pas un petit retour hein. Un bon gros retour des familles. Avec L'Imaginarium du Docteur Parnassus, Gilliam atteint la démesure, la folie et le grandiose des Aventures du Baron de Munchausen et de Brazil. Il revient à la plus pure veine pythonnienne avec galeries de persos freaks, comédies musicales loufoques, scénario nawak. Ce film est un hommage à la fantaisie, à l'imaginaire, un hymne à la création en cette période triste et désespérée du remake et de la suite à outrance, du réchauffé et du librement adapté. Gilliam peint un monde poétique et trash et fait se côtoyer top model rosbeef au physique quasi extra-terrestre et décors sous LSD. C'est coloré, gai, inventif, on en prend pleins les yeux pendant deux heures pris par la main par des acteurs en état de grâce de Plummer à Tom Waits (génial monsieur 666 à la voix de fin des temps) en passant par un Heath Ledger dans un rôle décalé et sur le fil du rasoir pas si éloigné que ça de son admirable Joker. Ledger donc, parti trop tôt et au beau milieu du projet comme chacun sait, mais cette fois, Gilliam ne s'est pas laissé submergé par l'adversité et la fatalité. A l'image de Parnassus, il avait un pari à gagner. Un pari à gagner contre la vie et la mort: finir la film sans Heath et surtout pour Heath. Jude Law, Johnny Depp et Colin Farrell reprennent les rênes pendant trois tableaux différents, avec poésie pour Depp, décalage pour Law et frénésie pour Farrell. Sonnez trompettes, hauts les coeurs, sir Gilliam est de retour et tellement de bonne humeur que le projet Quichotte est de nouveau sur les rails. Hâte j'ai! |
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Écrit par Seth Gecko
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21-08-2009
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Inglourious Basterds Dur, dur d'écrire cette chronique tant tout a été dit sur Tarantino, dans ce webzine, dans la presse depuis Cannes. Le buzz autour des bâtards est assez gigantesque, Tarantino étant le seul metteur en scène "star". On a parlé de la genèse du film, de son contenu, on a même, avant-première cannoise oblige, largement spoilé, ici et là, la fin du film et son contenu irrévérencieux. C'est la dure loi du buzz, de la rumeur, des infos qui circulent à la vitesse de la lumière sur la toile puis dans la presse. Le film a été acclamé 11 minutes lors de la projection cannoise. La presse glorifie QT, ses acteurs, son audace, sa mise en scène, son script, son amour du cinéma et de la France. Femme actuelle, Paris Match, Les Inrocks et les Cahiers sur la même longueur d'ondes. Les bobos et les geeks se donnent la main grâce à Tarantino, lui dont l'un des points forts et de savoir obtenir l'alliage parfait des extrêmes. Que dire, donc, après tout ça? Que le cinéma n'est pas le 7ème art, mais bel et bien le premier quand on voit des œuvres de cette richesse. Tarantino énerve certains, agace d'autres parce qu'il parle tout le temps et sans doute trop, parce qu'il s'inspire d'ici et là, parce qu'il en fait des caisses. Oui mais voilà, avec ses films, vous avez le beurre et l'argent du beurre. Tarantino, c'est Usain Bolt, le show avant, pendant et après. Alors oui, ça détonne mais ça fait un bien fou de voir que dans un zoo où tous les animaux sont amorphes, il y en a encore quelques-uns qui secouent les cocotiers. Certains films parlent au coeur, d'autres à l'esprit. Chez Tarantino, le plaisir se déguste au sens premier. C'est l'oeil qui est la première zone érogène. Voir un film de Tarantino se vit comme une attraction. Il faut voir la réaction des gens dans la salle... On rit et on s'esclaffe... comme les nazis devant L'honneur de la Nation ou les bâtards devant les exploits de l'Ours Juif... Tarantino fait dans la démesure, dans la rupture de ton, dans le copier-coller décalé. Tout est possible, rien n'est interdit. Il lâche à Cannes 2008, en mode "que-d'la-gueule", qu'il reviendra l'année suivante avec son Inglourious Basterds, il s'acoquine avec Brad Pitt, tourne le film en quatre langues différentes et le présente en compétition officielle, ni plus ni moins. Le film, à peine monté et mixé, s'offre le luxe de rafler le Prix d'interprétation masculine (Waltz génial! J'y reviens après) à défaut de la Palme (impossible avec un jury trop cérébral et provoc'... et convenu (Haneke). Inglourious Basterds, découpé en cinq parties, est l'histoire d'un sauvage massacre, d'un groupe d'élite spécialiste dans les exactions et d'un complot d'espionnage terroriste. Comme toujours, les histoires se regroupent, s'imbriquent, se croisent... et la petite histoire de rencontrer la grande. La première demi-heure, dans la ferme des Lapaditte puis avec la présentation des Basterds, est un pur moment de grâce. Christoph Waltz incarne un nazi tortionnaire, oui mais dont les armes sont les mots. Il torture ses proies linguistiquement avec un génie du verbe inouï. Quand la scène d'ouverture d'Il était une fois dans l'Ouest rencontre la scène du contrat de Sentenza dans le Bon, la Brute et le Truand... je finis toujours la travail pour lequel on me paie . Sublime crescendo crépusculaire, un face à face tendu et courtois entre le prédateur et sa proie, Denis Menochet au regard rappelant Robert Mitchum jeune. Puis le rythme se relâche pour un hymne à la Nouvelle Vague. Dans un Paris de carte postale, un jeune soldat allemand flirte avec une jeune directrice de cinéma. Le quatrième chapitre offre un grand moment: une scène de bar façon Reservoir Dogs ou final de Pulp Fiction. Comme dans la scène d'ouverture, les mots parlent avant les armes. Parce que l'action chez Tarantino se conçoit plus comme celle de Woody Allen que comme celle de Zack Snyder. Le verbe condamne à mort presque plus dangereusement qu'un revolver. Vient le final et son feu d'artifice. Pas de spoiler ici, par respect pour le spectateur. Mais bien sûr, il fait et fera parler. Alors non, Tarantino n'est pas un activiste du Mossad, il est un amoureux du cinéma et, chez lui, l'image triomphe toujours. Mention spéciale : A Til Schweiger pour son attitude badass et ses airs bronsoniens, au plan de Christoph Waltz qui d'un coup se tend et demande "hébergez-vous des ennemis de l'Etat?", à la musique de Morricone lorsque l'Ours Juif sort de sa grotte, à l'hilarante scène en italien et à la jeune fille qui était à ma séance et qui arborait un t-shirt vert sur lequel figurait Quentin Tarantino is a genius. |
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Écrit par Seth Gecko
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09-07-2009
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Public Enemies Le dyptique consacré à Mesrine avait des allures de film labellisé Michael Mann par instant. Avec Public Enemies, Mann en personne s'attaque au film de gangster estampillé de façon criarde par la presse à sensation du moment "ennemi public numéro 1". Et Mann de revenir au biopic donc, genre dans lequel il avait excellé avec Ali. John Dillinger est né le 22 juin 1903 et fut abattu en pleine rue, à la sortie d'un cinéma, le 22 juillet 1934. Il venait de voir la dernière séance du film... "L'ennemi public n°1" (Manhattan Melodrama, avec Clark Gable). Enième ironie du sort pour Dillinger, fils de propriétaire terrien, à l'abri du besoin, qui se met pourtant à braquer des banques. Il refuse de prendre l'argent des clients et ne se sert que dans les coffres et le voilà devenu Robin des bois pour les médias qui s'empare du phénomène et en profite pour railler la Police et le naissant FBI. Dillinger, comme Mesrine, comme Jesse James, comme Bonnie et Clyde, répugne, fascine, subjugue. Il est un héros de roman feuilleton lâché dans le décor, un électron libre dans l'Amérique qui se gigantise et se normalise et se codifie de façon stricte pour ne pas retomber dans la Grande Dépression. Qui pouvait incarner avec autant de charisme Dillinger? Qui d'autre que Johnny Depp? Pas mécontent de revoir Depp ailleurs que chez Burton ou Pirates des Caraïbes. L'ami Depp revient enfin vers ce terrain qu'il avait arpenté dans Donnie Brasco: des gangsters, des codes d'honneur, des chasses à l'homme. Pirates des Carabines. La nuque et les tempes coupées à ras, la balafre fendant la joue droite, Depp est un Dillinger déterminé, éternel joueur, en mouvement perpétuel, conscient de jouer à un jeu dont les règles lui échappent: la Pègre se met à gagner avec des paris clandestins, quotidiennement, plus d'argent que lui en un braquage et cela sans risque. Le FBI s'équipe, monte des écoutes d'envergure, piste et traque le moindre détail. Depp/Dillinger perd peu à peu pied dans cette nouvelle escalade. Le héros à l'ancienne est désarçonné. Le côté face du duo, c'est Christian Bale qui l'incarne, décidément omniprésent à Hollywood, plus bankable que jamais. Lorsque le héros est un gangster, la figure antagoniste devient toujours le flic déterminé, la hyène qui traque sans répits. L'ambiguïté du concept, c'est de faire endosser au bras armé de la Loi la figure du méchant. D'autant que dans l'administration d'Hoover, on se s'embarrasse pas avec la paperasse: on torture pour renseigner et on abat de sans froid, sans sommation. Melvin Purvis (Bale) est le premier de la classe, l'agent parfait mais aussi le plus pur, celui qui sert la mâchoire à chaque écartade, piqué par la petite voix de la conscience qui sommeille au fin fond de son esprit. Cette voix ne cessera de grandir et poussera Purvis au suicide, quelques temps après la mort de Dillinger. Mann signe un grand film, sans caricaturer une époque, la Prohibition, et une ville, Chicago, vues et revues à l'écran. Au contraire, il y apporte son style bien à lui et ses figures de style: les gunfights nocturnes filmés en HD, les effets sonores ahurissants - une fusillade ne crépite comme ça que chez Mann - les plans rapprochés au plus près des visages et de préférence derrière les têtes. Public Enemies est peut-être le film qui le consacrera, celui qui unira les admirateurs et les détracteurs. La série en cours de Monsieur Michael Mann commence à être sacrément impressionnante: Le Dernier des Mohicans, Heat, Révélations, Ali, Collateral, Miami Vice, Public Enemies. Qui, à part Scorsese, Tarantino ou les Coen, peut se targuer d'une pareille série? Mann is the Man. |
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