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Troie
Écrit par Seth Gecko - 19-04-2008

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Troie
David Gemmell 

Difficile de parler d'une oeuvre dont je n'ai lu que le premier des trois tomes mais difficile également de se retenir. Parce que c'est un roman fantastique dans tous les sens du terme, parce que Gemmell n'est plus et que ça, ça craint vraiment, parce que la mythologie et les uchronies sont à tout point de vue des grands moments de lecture.

Les hommes font l'Histoire mais parfois l'Histoire dévore les hommes et les entraîne dans des spirales effrayantes et incontrôlables, surtout lorsque les dieux s'en mêlent (s'emmêlent?). De la guerre de Troie mythologique, on sait tout et l'on a tout dit: Hector, Achille, etc... Mais Gemmell, comme pour sa tetralogie Le lion de Macédoine, décide de poursuivre son exploration de la Grèce Antique et de faire parler la magie mêlée aux bruits des armes. De la mythologie, Gemmell retient le souffle épique, les intrigues amoureuses qui se se font et se défont, les passions incontrôlables. Gemmell est comme Peneloppe: il tisse et défait son tissage, rendant son oeuvre invraisemblable, annulant dès lors toute sensation de déja-vu, risque encouru à traiter d'un sujet autant abordé en littérature. Troie est une oeuvre riche car universelle dans les thèmes abordés. Bien plus que de l'heroic-fantasy ou du roman historique, Gemmell impose son oeuvre dans la littérature contemporaine, dans la grande littérature, loin des poncifs et des références geeks. On est loin de la facilité de Legende, Gemmell a depuis longtemps changé de catégorie: il ne se contente plus de revisiter les classiques à sa sauce. Bon, on n'est pas non plus devant Le Nom de la Rose, soyons clair, mais Gemmell a trouvé au fil du temps un style, moins violent, plus historien, reporter de guerre de l'Antiquité.

On attend la suite avec impatience. Une suite qui ne pourra être que mouvementée, torturée, sinueuse car Troie et la tragédie qui entoure la ville ne sont que synonyme de long via crucis pour des personnages en passe de devenir des héros. Signalons pour conclure que les éditions Bragelonne déboulent prochainement sur le marché des livres de poche avec notamment le fameux Légende de Gemmell dans un format plus approprié pour ceux qui, comme moi, déménage souvent. Les arbres disent merci aussi.

 
DMZ : Volume 2
Écrit par Winter - 15-04-2008

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DMZ : Volume 2

Scénario & Couvertures : Brian Wood
Dessin : Ricardo Burchielli (#6-10), Kristian Donaldson (#11], Brian Wood (#12)
Edition US : Vertigo/DC
Edition VF : Panini Comics

Deuxième volet VF des aventures de Matty Roth au cœur de la DMZ Manhattan.
Après les évènements du volume 1, Matty est devenu une célébrité : ses reportages diffusés par Liberty News sont vus sur tout le continent, dans tout les camps. Seul reporter au sein de la zone démilitarisée, son témoignage est une source précieuse d’information mais aussi un moyen d’expression envié par beaucoup. Alors que la violence entre les tribus de la DMZ monte avec la chaleur de l’été new-yorkais et vire à la guerre de territoire, Matty est contacté par les forces rebelles de l’Amérique Libre pour une interview exclusive. Bien sûr, rien ne va se passer comme prévu voire même tout va se casser la gueule.

La story-arc Body of a Journalist qui constitue l’essentiel de ce volume 2 (5 numéros US) voit Matty perdre les derniers lambeaux de sa naïveté. Balloté comme jamais entre les protagonistes, il va devoir jouer très serré pour éviter le désastre. Toutes les qualités du premier arc sont là : intrigue bien menée, action, ambiance bien oppressante du no man’s land sous les bombes. On en apprends un peu plus sur les dessous du conflit ainsi que sur la collusion entre l’armée et les médias mais il y un gros mais. Alors qu’on se demande comment Wood va sortir Matty du merdier où il l’a plongé et qui prends des dimensions pharamineuses, voilà que l’auteur nous plante avec un très peu subtil deus ex machina qui résous la crise en deux temps-trois mouvements. Je parle bien sûr de l’arrivée ô combien commode de Kelly Conolly. Je n’irais pas plus dans le détail pour ne pas en dévoiler trop mais c’est tout de même dommage. La seule fausse note à ce stade. A moins que je n’aie été totalement manipulé n’ayant pas encore lu le troisième TPB de la vo mais je n’y crois guère.

Les deux épisodes qui complètent ce volume ne font pas partie d’un story-arc mais sont des compléments à l’histoire. Pas indispensable donc mais une façon intelligente pour les auteurs d’enrichir encore le background de DMZ. Une sorte de pause avant la prochaine saga Public Works (partiellement annoncée en conclusion de Body of a journalist).

Le premier récit est consacré à Zee, l’amie de Matty. L’épisode est un préquel à DMZ ou comment Zee s’est retrouvé dans ce pétrin et comment était sa vie avant le conflit. A noter que c’est Kristian Donaldson (collaborateur de Brian Wood sur la série Supermarket) qui officie aux crayons et non pas Burchielli ici.
Le deuxième récit intitulé « New York Times » est en fait une visite guidée du New York de la DMZ par Matty, mélange entre guide du routard en temps de guerre et interview des habitants. Absolument génial et totalement immersif. DMZ, quoi.

 
La Tour Sombre
Écrit par Seth Gecko - 10-04-2008

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La Tour Sombre
Version Comics 

Stephen King en bd? Pourquoi pas. Alors voyons voir. Carrie en bd, ça le ferait bien, Shining aussi. Quoi? La Tour Sombre?!! Ah ouais, carrément. Direct on s'envoie la "Jupiter" du monsieur. Et bin, bon courage les gars, 7 tomes épais comme des Codex, allons-y gaiement. Le premier tome s'attache à retranscrire la majorité des souvenirs de Roland du premier volume, à savoir son éducation de pistolero, son rite d'initiation et les troubles que traversent son époque et ses parents.

Les couleurs sont ocres, fumées, chaudes, adéquat pour évoquer la veine western de la Tour Sombre. Alors bien entendu, on saborde un peu de ci, de là, mais la tâche s'avérait tentaculaire. On prend des libertés aussi concernant la trame globale du cycle de King, si vous lisez la bd sans avoir lu les romans, c'est à vos risques et périls car ce premier tome révèle des aspects de certains personnages qui n'apparaitront que plusieurs tomes plus loin dans le roman. Visuellement, on respecte en tout cas de manière très détaillée la cruauté froide des pages de King. Les affrontements sont bibliques et poisseux car le monde de Roland est un monde à la fois codifié et gangréné. On attend la suite avec impatience et fébrilité car le tome 2, qui part dans plusieurs directions et bascule parfois dans la schizophrénie ne sera pas des plus simples à mettre en images. L'adaptation bd prolonge l'expérience en tout cas et de bien belle manière alors peut-être, un jour, aurons-nous la chance de voir un producteur avec des big balls mettre sur rail (sur monorail même) une adaptation live en série tv ou en films. Quand on voit que toutes les sagas héroico-magiques pour 5-12 ans, publiées en 7 à 8 tomes, sont tournées les unes après les autres (Narnia, Ragnagna et autres), on est en droit d'espérer.

A cette bd de bonne facture s'ajoute le détail qui tue puisqu'à la fin du tome, des pages encyclopédiques détaillent la géographie de l'entre-deux monde et les caractéristiques des personnages. Il s'agit là d'annexes qui permettent de prolonger l'aventure et de voir le cycle de la Tour Sombre de façon plus globale, comme un univers à part entière.

 
Ronin
Écrit par Seth Gecko - 07-04-2008

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Ronin
Par Frank Miller 

De Miller, on peut se cantonner à ne découvrir que ce qui est jeté sur la place publique, à savoir Sin City et 300. Pour tout vous dire, ça me chagrine un peu que ces comics ne soient lus qu'après les succès des films. Bien sûr, ces œuvres n'ont pas attendu d'être adaptées pour être cultes mais quand même. Il reste tout de même un pan de l'univers Miller que vous pouvez découvrir sans avoir en tête des aprioris ou des visuels déjà existants et métagenres. Ronin par exemple. Il serait difficilement adaptable celui-là de toute façon car bien trop foisonnant, bien trop référencé par rapport à un 300 qui va droit au but ou à une saga Sin City qui traite de thèmes et d'un genre populaire.

Ronin commence dans le Japon médiéval et se termine dans un New-York cyber-punk utopiste. Même Zack Snyder se passerait les couilles dans un étau pour adapter un pareil truc. On commence chez Kurosawa et l'on plonge dans Jodorowski et Bilal. Ronin sent bon les nouvelles de Kawabata et les glorieuses bds des Humanoïdes. On retrouve des constantes de Miller dans Ronin: le goût pour les belles lames et le Hagakure, les femmes castratrices, les sociétés néo-fascisantes à la dérive. Dans Ronin, on retrouve tout ce qui fait la légende du boss: encrage sombre, visages durs et anguleux, combats décortiqués en instantanés. Le Ronin est un samouraï sans maître qui lutte dans un futur qu'on espère lointain contre une créature qui a jadis tué son maître. L'esprit du Ronin s'est réincarné dans un être... comment dire sans éventer l'histoire... qui est une sorte de clé de voûte organique et spirituelle... un peu comme les gosses qui voient le futur dans le Minority Report de K. Dick. C'est de la SF quoi, ça s'explique pas avec des mots, ça vous gâcherait l'expérience... putain, mais vous êtes encore là?! Cassez-vous!! Vous allez aller me le lire ce comic!!

 
Alone contre Alone
Écrit par Winter - 19-03-2008

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Alone contre Alone
Par Thomas Geha 

Après ses péripéties relatées dans A comme Alone, Peter-Percival se la coule douce avec sa chère et tendre Grise et ses potes Gaby et Flo sur une petite île du littoral atlantique.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin et un Alone qui glande, ce n’est vraiment pas drôle.
Leur vieil ami Argento les a débusqué et a décidé de régler les comptes restés en suspens genre faire passer le goût du pain aux uns et proposer un petit séjour torture-geole-pension complète dans ses cachots pour les autres. Argento ? L’avait pas fini avec un sourire kabyle à l’issue du précédent opus lui ? Revoilà donc nos Alone sur les routes de France près à en découdre.
Mais pendant leur réclusion insulaire, il s’en est passé de belles sur le continent, va falloir se mettre au parfum et fissa. L’équilibre des forces semble avoir pas mal évolué et qu’est-ce que c’est que ces étranges et impénétrables dômes végétaux qui recouvrent de plus en plus de villes ? La réponse risque de pas être agréable et Pepe va peut-être bien devoir ravaler sa fierté et contracter d’étranges alliances pour voir le bout de cette histoire.

Suite directe d’A comme Alone, Alone contre Alone poursuit dans la veine old-school Fleuve Noir et ce style action/aventure sorte de Mad Max frenchie désormais mâtiné de Matrix (vous verrez à la lecture). L’auteur nous prévient dans le préambule que le récit n’a d’autre ambition que de nous faire passer un bon moment. Et bien, mission réussie. On retrouve toute les point positifs du premier (style clair, direct, parfois drôle) avec en supplément une qualité d’écriture supérieure et une plus grande densité dans le récit. Pour être franc, certains passages sont un peu too much (comme dans le premier d’ailleurs, Thabor-Wonderland huhu), les batailles finales auraient peut-être gagnées à être plus détaillées et l’ensemble du propos reste léger (c’est le style qui veut ça je dirais) mais globalement ça reste très bien foutu et très agréable. Et bien sûr, les lieux évoqués existant réellement, quand on les connaît, on apprécie encore plus le récit.
En tout cas, certains de mes souhaits après la lecture du premier tome sont comblés, comme voir d’autres Alones, mieux connaître ce monde post-apocalyptique et comprendre enfin ce qu’est ce mutant que l’auteur avait évoqué lors de notre entrevue pour la sortie du premier tome.
Conclusion : si vous avez apprécié A comme Alone, jetez vous dessus, c’est indispensable.
Si vous ne connaissez pas, lancez-vous, vous allez découvrir un auteur français sympathique et je vous promet un moment de lecture savoureux.

Par ailleurs, en complément à la lecture d'Alone contre Alone, allez jeter un oeil à la nouvelle de Thomas Geha se déroulant dans ce même univers post-apocalyptique disponible sur le site de l'éditeur Rivière blanche et intitulé L'ère du Tambalacoque.

 
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