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Écrit par Winter
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18-03-2008
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Un Chapeau de Ciel Par Terry Pratchett Enième opus de Terry Pratchett consacré au Disque Monde. Vu la teneur des dernières productions, il était légitime de se demander si Pratchett n’avait pas épuisé le filon. Procrastination ou Ronde de nuit m’avaient laissé un arrière-goût de revenez-y-pas. C’est que je suis un fan des mages, des sorcières, de Mémé, Nounou, la Mort. Même Rincevent, allez, je suis bon prince. Mais le guet, bon, ben, voilà, quoi, pas mon truc quoi. Heureusement, il y a cette collection parallèle, les romans du Disque Monde (notez la différence avec la collection principale : les annales du Disque Monde, les romans sont une collection destinée à la jeunesse initialement), des récits se déroulant dans le même cadre (le Disque Monde, vous l’aurez compris, j’en suis sûr) mais avec un je-ne-sais-quoi de différent, de plus frais, de pas pareil quoi. Après Le Fabuleux Maurice et Les Ch’Tits Homme Libres, voici donc Un Chapeau de Ciel qui constitue une sorte de suite du précédent (vous suivez ? parce que Maurice n’avait aucun rapport sauf que ça se passait aussi sur le Disque Monde) avec en premier rôle la toujours jeune (11 ans désormais) Tiphaine Patraque et en guest les inénarrables, ineffables, hilarants, désopilants, horripilants, attrendissants, attendrisseurs (à force de taper), chtits hommes libres aka les pictsies aka les Nac Mac Feegles, merci pour eux. Or, donc, Tiphaine commence son apprentissage de sorcière auprès de maîtresse Niveau, toujours surveillée de près par les Nac Mac Feegles, (sorte de croisement entre un schtroumpf et un lutin, particulièrement agressif, rigolard et portés sur la bouteille) qui se sont entichés de Tiphaine depuis le tome précédent. Si Tiphaine se demande s’il est bien sage que des petits hommes bleus passent leur temps à l’épier en permanence, on peut compter sur eux pour la sortir des mauvais pas. Car une étrange créature, un ruqueux, est sur les traces de Tiphaine. Un ruqueux, c’est un peu comme un babar-l’hermite (rien à voir avec Bernard ; enfin si pour la coquille mais c’est un éléphant à la peau fragile…euh, le babar je veux dire pas le ruqueux, bref …) mais plus méchant et invisible et on peut pas le tuer. Un ruqueux, c’est un esprit errant qui cherche un corps où s’incarner et celui de Tiphaine avec son énorme potentiel de sorcière ferait bien l’affaire. Drôle, frais, hilarant, ce roman est un bonheur. J’y ai retrouvé tout l’esprit des volumes consacrés aux sorcières (Trois soeurcières, Mécomptes de fées, Nobliaux et sorcières). Le récit abonde de petites trouvailles succulentes, comme Oswald, les jeunes sorcières, les fourbis. Mais surtout, surtout, il y a Mémé Ciredutemps (je ne vous spoile pas, c’est indiqué en quatrième de couverture), toujours un plaisir et les Nac Mac Feegles. Ces ch’tits hommes et leur langage à mi-chemin entre le ch’ti (c’est la mode) et le gallo sont absolument impayables. A tous ceux qui comme moi, commençaient à douter de Pratchett, jetez-vous sur ce bouquin, vous ne le regretterez pas. Au passage, félicitations d’usage aux éditions L’Atalante pour la qualité de l’objet et à Patrice Couton pour l’impeccable traduction (pléonasme). Se coltiner le parler pictsie en vo, faut le faire. |
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Écrit par oR.hal
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17-03-2008
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Le Combat Ordinaire 4 de Manu Larcenet Voilà la suite et fin tant attendue du Combat Ordinaire. Pour ce quatrième tome, Larcenet poursuit la vie de son photographe trentenaire, happé par la vie. Sa fille Maude a grandi, elle parle, découvre le monde, s'émerveille, tandis que lui semble toujours suspendu à ses réflexions et à ses doutes. Ponctuée de petits moments de grâce et de joies simples, l'existence de Marco butte à chaque palier, polluée des emmerdements quotidiens que nous connaissons tous. Tout en finesse, extrêmement bien senti, ce combat est le témoin de notre temps : les incertitudes et les angoisses qui emplissent nos journées, la fragilité et le chaos qui accompagnent nos choix. Marco oscille entre sa vie de famille à la campagne et les soucis de son beau-père, dont le chantier va être fermé, mettant au chômage tout un village du Nord de la France. Ce volume 4 se déroule durant les élections présidentielles 2007 et offre au lecteur une vision particulière de ce moment précis. Le désenchantement, l'abandon. Larcenet ouvre ainsi une fenêtre sur une certaine France de cette époque précise. Il aborde les thèmes de l'exclusion, du militantisme, du travail, de la famille, de la mort, avec une justesse vraiment touchante. Le regard de Manu Larcenet à travers Marco se fait très sensible, émouvant et vrai. Les quelques planches de pensées, d'introspection, rythment agréablement les tranches de réalité et sortent le personnage de son contexte matériel pour le perdre dans sa nostalgie ou dans ce qu'il sait être ses utopies. Le dessin est simple, accessible et pourtant totalement en adéquation avec le propos. Le Combat Ordinaire est d'une cohésion parfaite. "Planter des clous", le titre de cet album, résume la lutte de toute une vie : construire en regardant les pas de son père, en essayant de s'en sortir, en composant, en se trompant, en s'extasiant aussi, quand c'est possible. La poésie, le sourire et la compassion accompagnent la lecture de ce quadriptyque indispensable de la BD française. |
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Écrit par Winter
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14-03-2008
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La Voix du Feu Voices of the Fire Par Alan Moore S’il est un ouvrage que je désespérais de voir traduit en vf, c’était bien celui-là. La Voix du feu, premier roman d’Alan Moore, est sorti en 1996 en vo ! Je ne vais pas ici commencer à discourir sur la verve et la virtuosité de Moore. Ses œuvres l’expriment mieux que n’importe quel chroniqueur pourrait le faire. N’empêche, aussi brillants que furent les résultats, ses différentes interviews ont souvent montré une certaine amertume chez Moore. Trop de contraintes (support, problèmes financiers et de copyright, éditeurs tout particulièrement) lui ont laissé un goût d’inachevé et d’insatisfaction. D’où la question : à quel niveau peut-il s’élever dans un cadre libre avec le minimum de contraintes extérieures comme pour un roman ? Haut, très haut. La Voix du Feu parle de Northampton. De feu. De Mort. De pied. De naissance. De poulains pelus. De têtes décapitées. De magie. De foi. De folie. 12 textes, 12 tranches de vies à Northampton à travers les âges, de 4000 avant JC à 1995. Il n’y a pas vraiment de liens entre les textes ou si peu. Neil Gaiman le dit très bien dans son introduction : « Si vous espérez une récompense pour avoir atteint la fin, vous avez déjà perdu. ». Un seul texte, le dernier, est à sa place. A la fois, conclusion et commencement intertextuels. Pour le reste, vous pouvez commencer où bon vous semble. Le macabre et drôle Confessions d’un masque et son cadavre empalé parlant fera aussi bien l’affaire que l’halluciné En boitant vers Jérusalem et son chevalier fou revenu de Terre Sainte porteur du secret des Templiers, à moins que vous ne soyez vraiment courageux et que vous vous lanciez par le premier texte, l’exceptionnel mais ô combien terrible et éprouvant Le cochon de Hobb. Imaginez : un récit à la première personne par un attardé mental du néolithique, intégralement au présent, sans distinction du rêve et de la réalité. Un tour de force d’écriture, de traduction, et de lecture. Tous les textes ne sont pas si difficiles. Complices es tricots et ses sorcières amoureuses brille d’amour et de malice. Ces récits foisonnent, à tous les niveaux. Moore, l’alchimiste, façonne ses récits en liant mythe et réalité historique de Northampton : les champs de crémations, l’église ronde existent vraiment. Bien sûr, on retrouve certains détails récurrents dans l’œuvre de Moore : les masques, Guy Fawkes entre autres. Tout comme From Hell donnait à voir un Londres tout autre que celui qu’on croyait connaître, plus mystique, plus fou, plus profond, ces 12 textes exhument la Northampton des siècles passées, creuset de mystères et de magie via la voix des morts. Et celle du feu. |
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Écrit par Winter
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12-03-2008
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Faeries 24 - Spécial Guy Gavriel Kay Alléché par la chronique des Lions d’Al-Rassan par votre serviteur, vous vous êtes précipité dessus (ou sur un autre roman de Guy Gavriel Kay comme Tigane par exemple qui mérite tout autant votre attention que les Lions d’Al-Rassan, si je puis me permettre) et vous voudriez désormais en savoir plus sur cet auteur canadien dont vous avez appris par les quatrièmes de couverture des ouvrages susmentionnées qu’il est un ancien collaborateur de Christopher Tolkien et qu’il a travaillé sur le Silmarillion avec ce dernier. Laissez donc Wikipedia et courrez vous procurer le numéro 24 de cette excellente revue thématique et anthologique qu’est Faeries. Au programme de ce spécial Kay : - biographie et bibliographie de l’auteur. - quelques études courtes mais très intéressantes sur les univers de Kay et ses composantes (la place de la musique, l’uchronie, les femmes, les non-dits… - une interview du monsieur. Comme à l’habitude chez Faerie, les articles sont remarquablement écrits et documentés. L’ensemble représente une somme d’informations et d’analyse non négligeable si vous désirez aller plus avant dans la découverte des univers d’un auteur majeur, n’ayons pas peur de le dire. Ce numéro est complété par plusieurs nouvelles d’auteurs français et étrangers dont quelques unes méritent le détour. J’en retiens particulièrement deux : La Femme de l’Ogre de Richard Parks et surtout De La Luna de Nicolas Cluzeau (Chroniques Illiatiques, Le Dit de Cythèle, L’Arche des Tempêtes notamment), truculente nouvelle mêlant récit de corsaires et sorcellerie. |
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Écrit par Winter
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06-03-2008
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Les Lions d'Al-Rassan Par Guy Gavriel Kay Retour en mars 2006. J’interview l’auteur Thomas Geha pour le compte d’Eclipshead. Au fil de la discussion, des noms d’auteurs qu’il apprécie ressortent : Card (ça va, connais), Verlanger (itou), Sean Russel (encore bon, ouf), Guy Gavriel Kay (et merde, c’est qui lui ? faisons comme si je savais, ma crédibilité d’intervieweur littéraire est en jeu, c’est bon y passe à autre chose). M’étant brillamment sortit de ce guêpier, ce nom me trottait dans la tête. Note pour plus tard : trouver qui est ce GGK, histoire de pas passer pour un con la prochaine fois (je suis sûr qu’il s’est aperçu d’un truc). Alors donc qui est Guy Gavriel Kay ? Pour le détail, je vous renvoie vers l’article consacré au numéro 24 de Faeries, tout entier dédié à l’auteur. Pour faire concis, Kay est un auteur canadien qui a accouché, entre autres, d’une œuvre incontournable dans le paysage de la fantasy moderne : les Lions d’Al-Rassan. Quinze années plus tôt, le dernier calife d’Al-Rassan a été assassiné par Amar ibn Khairan, poète, diplomate et maintenant meurtrier légendaire. Sans autorité centrale, les cités asharites d’Al-Rassan ont pris leur autonomie et se sont constituées en états indépendants et rivaux. Au nord de la péninsule d’Esperagne, les roitelets indigènes jaddites sentent que le temps de la reconquête de leurs terres ancestrales approche. Au sud, par delà le détroit, les tribus asharites du désert, les sauvages Muwardis entendent bien matter les infidèles jaddites et remettrent au pas les asharites d’Al-Rassan dont la foi leur semble un peu relâchée. Aux confluent de l’Histoire, les destins de l’asharite Ibn Khairan, du capitaine jaddite Rodrigue Belmonte et de la femme médecin kindath, Jehane bet Ishak vont se croiser, se heurter et inexorablement se mêler aux transformations inévitables de la superbe Al-Rassan. Al-Rassan est bien Cordoue, l’Esperagne est bien la péninsule ibérique, les allusions de Kay sont, à dessein, transparentes. Pourquoi se parer du voile de la fiction me direz-vous ? Pour pouvoir jouer à sa guise avec l’Histoire, bien sûr et dixit l’auteur rendre « un récit « universel » en l'arrachant de sa gangue spatio-temporel, ce qui permet au lecteur de replacer les éléments dans un cadre plus vaste ». D’ailleurs, hormis ce léger écart avec notre réalité, quasiment aucun élément fantastique ou de fantasy classique n’est présent dans le récit. Un récit particulièrement riche et foisonnant, faisant la part belle aux intrigues et à l’aventure, à la politique et aux batailles. Remarquablement documenté, superbement écrit, les Lions d’Al-Rassan se raconte un peu mais se vit intensément. Première édition : L’Atalante, 1999. Disponible en poche chez J’ai Lu. |
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