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Seth's Pulp Fiction : Grave Digger |
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Écrit par Seth Gecko
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07-07-2008
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Seth's Pulp Fiction : Grave Digger - Qu'est-ce que tu fais? - Bin, ça se voit... Je me lustre la bite avec du dentifrice. - Nan, sans déconner, qu'est-ce que tu fais? - Je creuse une tombe. - Oh non... - Qu'est-ce qu'il y a? - Nan rien, mais ça va encore être un billet d'humeurs tout ce qu'il y a de plus morbide. Vous foutez le bourdon chez Eclipshead. - Mais non, t'inquiètes, on va déconner. Tu verras, ça sera pas chiant. - Promis? - Bah oui. - Bon, bah, vas-y mon gars! Creuses! - Merci. Pousses-toi. - Pour qui tu creuses cette tombe au fait? - Bah pour moi. T'as déja vu une pancarte Pompes Funèbres devant chez moi? Tu crois que je vais me fendre le cul à creuser pour d'autres? - Tu sais qu'ils font ça à la pelleteuse normalement? - Oui, mais moi, je suis old school. - Ok, à chacun sa mort. - Et Dieu pour tous. - Pourquoi tu creuses ta propre tombe? - Hé pourquoi pas? Y'en a qui achètent leur pâte feuilletée, d'autres qui la font. Bah moi, c'est pareil. - Oui, mais les tombes... - Qu'est-ce qu'il y a? T'as un problème avec les tombes? Quoi? T'es encore au stade "j'ai peur des cimetierres" et tout... - Non, mais de là à en faire une passion. J'ai une sorte de respect froid et distant. - Bah moi, le moins on en parle, mieux je parle, ça me fait chier. Je trouve pas ça tabou de creuser sa tombe. J'assume. - Oui mais pourquoi... - Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? T'as que ce mot-là à la bouche toi! C'est dingue ça. Pourquoi je creuse une tombe? Bah pour y être enterrer, pardi! Est-ce que ça t'emmerde? Si ça te gêne, passes ton chemin l'ami! - La plus grande folie que puisse commettre un homme, c'est de se laisser mourir. - J'ai pas dit que j'allais me laisser mourir non plus. Pas la peine de verser dans les citations littéraires digne d'éditos de journaux régionaux. - Oui mais admets que la situation est quelque peu incongrue... Creuser sa propre tombe. J'ai le droit de m'interroger. On a jamais vu ça. - Hé bin, je suis un pionnier. Prends le problème à l'envers et demandes toi donc pourquoi y'a pas plus de gens qui creusent. - Il y a ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent. - Waouh, monsieur je-fais-plus-de-citations-qu'un-almanach-d'étudiant. - Après tout, si tu veux t'en donner la peine. - Voilà, respectes l'art subtil de la dérision face à la mort et passes ton chemin jeune plébéien. - Et après tu vas toi-même choisir l'arbre dans lequel tu vas découper les planches de ton cercueil? - Ah non, ça c'est morbide. Et puis pas besoin de cercueil. - Pourquoi? - Parce que je me ferais incinérer. |
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Écrit par yln
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07-07-2008
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Le temps de la décision Le soleil commence, lentement, très lentement, à faire son apparition au loin. Je regarde son émergence du haut de l'immeuble, cela fait une éternité que je n'ai pas assisté à ce spectacle. Je serais d'ailleurs bien incapable de me rappeler de quand cela date, la dernière fois que j'ai regardé la naissance du jour, son retour. Je passe ma main gauche dans mes cheveux, les ébouriffants quelque peu au passage, puis je passe le bout de mes doigts sur mes yeux, les massant doucement. Je me sens fatigué, de la nuit passée dehors à réfléchir, mais pas seulement. Je m'y suis habitué à ses nuits passées à fumer cigarette sur cigarette tout en travaillant, à avoir les yeux rougis de toutes les heures passées devant l'ordinateur, à avoir l'esprit en bouillie au petit matin. Menant une rapide introspection personnelle je me demande si cela n'a pas perdu de son piquant, de son intérêt, si je ne suis pas passé en mode automatique. Et cette pensée me dérange, m'effraie même. Je sais que je fonctionne à l'adrénaline, à la pression. Je m'en suis rendu compte à l'époque du bac en fait, ce qui commence à dater. Quand devant le stress je m'étais senti en forme comme rarement, plus clairvoyant, plus motivé que jamais. Mais si ce sentiment de pression disparait dans les méandres d'une action devenue monotone je sais que je perdrais l'un des principaux attraits de mon métier à mes yeux. Et peu m'importe de toucher un salaire confortable si je m'ennuie, cela ne m'intéresse pas. L'ennui, mon ennemi depuis toujours, moi si sensible à mes émotions, incapable de travailler quand le spleen me rattrape, incapable d'efforts quand je me sens si vide que même les remontants habituels ne fonctionnent plus. Je reporte mon attention sur le lever du soleil et m'allume une nouvelle cigarette, je ne sais pas combien j'en ai fumé, beaucoup c'est sûr, mais combien? J'ai toujours vécu à deux cent à l'heure, vivant comme si aujourd'hui était le dernier jour, que demain je serais mort. J'aime être sur le fil, rester entier dans mon style de vie, quitte à ce que les choses s'arrêtent plus tôt que pour d'autres. Mais peu m'importe en vérité, une existence ouaté et toute tracée m'achèverait probablement encore plus vite, car cela n'aurait pas été vivre, en tout cas pas pour moi. Alors je laisse cela aux autres, et si cela leur faisait plaisir c'est parfait, ainsi tout le monde est content. Je ne peux m'empêcher de sourire, cette journée va être une belle journée, et c'est à ce moment-là que je sais ce que je vais faire. Que la réflexion de toute une nuit aboutie à un résultat et je ris de plaisir, de soulagement, d'envie. Je sors mon blackberry, calcule le décalage horaire et envoie un message. Je mets mes mains dans mes poches et regarde longuement Paris. Dans une semaine j'aurais changé de pays, d'entreprise, de responsabilités. Je repasse dans ma tête les informations sur ma prochaine destination, elle a tout pour me plaire, alors tant pis pour Paris et les fantômes de mon passé bientôt définitivement enterrés. |
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Écrit par yln
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07-07-2008
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La valeur des mots Ils sont toujours à la recherche de la bonne phrase, du bon terme, jouant avec les mots qui sont leur quotidien. Voici leur histoire. Damien Bradshaw - Journaliste - J'ai quarante-quatre ans et j'exerce mon métier depuis près de vingt ans. J'ai fait mes armes au service étranger du New-York Times, avant de me réorienter quelques années après pour devenir grand reporter. Depuis, j'ai travaillé pour MSNBC, le New-York Times de nouveau, Time Magazine, CNN et le Washington Post où je suis encore en poste aujourd'hui. Comme vous pouvez le voir, j'ai connu deux quotidiens, deux télévisions d'information continue et un hebdomadaire. Et ce par choix car j'ai eu la chance, je l'ai toujours, de choisir pour qui je souhaite travailler, de changer de patron quand j'en ai envie. J'ai pu connaître de nombreuses rédactions et propriétaires, avec leurs bons et mauvais côtés. J'ai pu fréquenter beaucoup de confrères, découvrir des hommes et des femmes passionnés et intéressants. J'ai expérimenté, connu différentes formes de médias et je ne le regrette pas. Selon les médias et les formats pour lesquels vous travaillez, les mots changent. Etant grand reporter, je ne m'inscris cependant pas dans le schéma classique d'un papier par événement. Quand je travaille pour un quotidien, on prévoit une série de papiers couvrant mon reportage. Ce qui m'amène a devoir adapter mon écriture. Je dois en effet faire en sorte que le lecteur ne soit pas perdu entre chaque « épisode » et qu'un lecteur prenant le reportage en cours puissent le comprendre. Bien sûr, par un bandeau au-dessus du papier on peut brièvement rappeler le sujet, mais quand même, il convient de toujours avoir en tête les contraintes d'une publication en plusieurs fois. Avec un hebdomadaire, la situation est différente. Votre papier est publié en une fois et doit être d'une taille oscillant entre quatre et huit pages selon la demande. Ce à quoi il faut ajouter les photos, quatre au minimum dont une d'ouverture. Votre écriture doit donner envie au lecteur de tourner la page, il faut le tenir éveillé sur la longueur. Une contrainte, qui si elle existe aussi chez les quotidiens, est ici poussé plus loin pour la simple raison que les articles sont plus longs. La télévision est un peu l'intrus par ici, car les mots y perdent de leur importance, de leur poids. L'image devient le chaînon conducteur, les mots n'étant plus là que pour l'accompagner, la porter. Il faut accepter la perte de contrôle, l'importance du caméraman, puis de la post-production, de la bande-son. J'ai toujours mal vécu le visionnage d'un reportage que j'avais fait, non pas par manque de qualité mais car j'avais l'impression qu'il ne m'appartenait plus, qu'on l'avait transformé, ce qui en un sens est vrai. J'ai un rapport étrange aux mots que je vais tenter de vous expliquer. Dans mon travail, j'ai toujours choisi des sujets lourds : La guerre de Somalie, le cartel de Medellin, les enfants-soldats au Libéria, les cartels mexicains, les bidonvilles brésiliens... Et je pourrais continuer encore longtemps. Ce que je veux dire, c'est que pour mon métier, j'ai décrit dans mes articles des situations où l'horreur n'était jamais loin. J'ai parlé de massacres et de viols commis par des enfants, j'en ai vu d'autres d'une maigreur à vous donner envie de vomir, j'ai vu des vies prises pour un paquet de cigarettes... J'ai plongé ma plume dans le sang et cela n'est pas sans conséquence. J'éprouve le plus grand mal à écrire, à utiliser les mots en dehors de mon travail. Ils y ont un tel poids, une telle histoire que je suis devenu incapable de les utiliser pour parler de sujets plus communs. Ecrire une carte de voeux, d'anniversaire, une lettre à mes parents m'est devenu impossible. Après avoir décrit l'horreur, je ne peux pas parler de mon fils faisant des trous partout dans le jardin. J'adore le voir creuser dans la pelouse, croyez-moi. Mais comment ne pas trouver ses mots futiles, empreint d'une innocence déplacée après avoir décrit les ravages du crack. Certains y arrivent parfaitement, pas moi. Mes mots seront à jamais marqué des spectacles qu'ils ont évoqués pour mon travail. Et les utiliser pour raconter la vie de tous les jours m'est insupportable, me rend malade. Je ne fais pas de cauchemar la nuit, je n'ai pas fait de dépression. Je continue d'assister à des scènes difficilement descriptibles sans leur faire perdre de leur force quand je les écrits. Certains de mes confrères noient ce que leurs yeux ont vu dans l'alcool, les médicaments ou la dépression, chez moi, seuls les mots sont marqués d'une trace indélébile. C'est peu cher payer me direz-vous, c'est vrai je le reconnais. Dans ma malchance je suis chanceux. Un effet secondaire aussi bénin est une chance que je saisis et pour laquelle je remercie Dieu chaque jour. J'aime mon métier et je compte bien continuer à l'exercer encore longtemps. Mais, mes mots resteront à jamais marqués par mon travail, c'est ainsi. |
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Seth's Pulp Fiction: Voyage |
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Écrit par Seth Gecko
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07-06-2008
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Seth's Pulp Fiction : Voyage On voyage. On accumule des miles. Des kilomètres de bouchons. Des litres de sueur à cause de climatisations foireuses. Des maux de tête et des crèves à n'en plus finir à cause de climatisations trop bien portantes. Les mômes braillent. On se perd. On cherche. On fait demi-tour. On s'engueule. Il fait chaud, ça pue la ville à heure de pointe. Oui mais on voyage. On subit les grèves de l'aéroportée. On est victime de retards. On s'entasse dans des gares pleines de courants d'air et de pigeons vicieux prèts à viser en plein dans le mille. On raye les pare-chocs. On écoule la petite monnaie pour des cafés sans goût dans des stations-services aux toilettes sans savon. Et tout ça pour aller où? Pour aller dans des parcs d'attraction. EuroDisney, DisneyWorld, Port Aventura, ... Voyager pour aller dans des endroits qui vous offrent des simulacres de voyage. Des heures de route, de vols, de trajets rocambolesques, tout ça pour voyager. Voyager pour voyager. Tout ça pour retrouver l'innocence de l'enfance, le goût pour le fantastique et tout un tas de choses que l'on aurait pas perdu si on était juste un peu moins con. Comble du pathétique que ces longues heures d'enfermements pour goûter à quelques heures d'évasion. Et tout ça pour du faux, de l'action de carton-pâte, un plaisir simulé. S'évader tout en étant parqué... et nous voilà à refaire la queue, à retrouver le connard que l'on a doublé, queue de poisson oblige, sur l'autoroute quelques mètres devant nous dans la file d'attente du snack à hot-dogs. Ah, triste humanité aux plaisirs virtuels. Une infinité d'êtres passant des heures et des heures à se masturber pour des coïts infiniment court. Vive le vent. Vive le néant. Tapes-en cinq, Bertrand! Comme tu le disais: "C'est Mickey qui a gagné, allez d'accord, n'en parlons plus..." |
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Écrit par Luphenz
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02-06-2008
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Moderato Cantabile Un esprit meurtri et une barque trouée voguent sur un embryon d'inceste. Les fleuves-palimpsestes parcourent les pages d'une antique contrée vinyle. Un bouquet de pleurs se livre sans retenue à une inconnue. Davre ou Absurdité ? Sans intérêt. Sans objet. Ils tournoient autour d'une rose- écheveau. Pièce maitresse sur un petit balcon. Pourtant, il s'opère dans les airs une polyphonie viciée. Là, un oeil sans arpège s'oublie. En arrière plan, les couleurs se noient dans le chagrin. Elles ont trop inspiré un arc en ciel daltonien. Je m'éveille et je ne suis pas gré aux vents des rêves d'avoir charrié tout ce verglas. Mon visage-clavecin sème de la buée sur une fenêtre suspendue. Au- delà, le jardin dispense ses mots aux arbres fanés. Les feuilles n'osent pas encore rougir en cette saison. En regardant le cendrier jonché de cadavres, je t'ai haïe, oui, je t'ai haïe. Haïe d'avoir vendu ton coeur aux faussaires. D'avoir rejoint les fantasmes en vers. De faire de nous de simples alexandrins. Nous étions trois à t'aimer, nous étions l'infini. Toujours à te combler. Comme une main borgne. Comme une étoile en quête. Souviens-toi de tes frères d'insomnie. De ta soeur au brin d'été. Et il a fallu que tu déposes sur mes pas le meurtre de l'ivraie. Que tu fasses de moi un assassin. Une éternité et un jour pour tout liquider. Pour allumer la plume- briquet. Mais cela ne t'a pas suffi. Tu as brûlé le préambule et la conclusion. Et comme je n'ai pas su obtempérer à tes désirs bruyants, tu m'as invité à revisiter notre ouvrage par le requiem. Sur ce, je n'ai fait qu'ouvrir des veines au sang blanc. Offrir un dernier chant aux artères débridées. Moderato cantabile intime alors le hautbois voluptueux. Et j'ai compris soudain la volonté des passages secrets. Prenons la contre- allée de tes pétales au lieu de nous entre-déchirer ? Remémore- toi les symphonies en catimini... Pourquoi noircir toutes nos circonvolutions épidermiques ? Les chemins serpentins sont les seuls à permettre l'évasion florale... Viens... |
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