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Seth's Pulp Fiction 456489 |
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Écrit par Seth Gecko
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09-04-2008
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Seth's Pulp Fiction 456489 Aujourd'hui, au détour d'un Carrefour, j'ai subi une rencontre du troisième type. J'aurais préféré que l'on me fasse une pipe. Depuis, à tort et à travers, je ne parle qu'en vers. Je fais des rimes de toutes sortes, des rimes en cohortes. Tout ça, c'est la faute à la grosse Gisèle, une caissière qui m'a touché avec un cd de Cabrel. Putain, depuis je parle avec un pauv' accent et je joue de la gratte comme un gitan. Le pire, c'est cette moustache rousse qui frise et part en cambrousse. Je ne sais que faire mais ç'aurait pu être un skeud de Gotainer. Je suis devenu un dictionnaire vivant tout pourri, je peux faire rimer spaghetti avec Grand Pamini... Je me réveille en sueur... qu'est-ce qui m'arrive? Suis-je Patrick Sébastien ou bien Joseph Lubski? Suis-je un imitateur enfermé dans mes voix et mes personnages? Faut que j'arrête le coca avant de dormir... mais c'est le coca qui m'aide à écrire pour Eclipshead jusqu'à tard dans la nuit. Alors quoi? Dois-je passer au Canada Dry, cette infâme boisson tout droit sortie des années 80? Pour me calmer, j'allume la radio. Et là, boum! La grand-mère à moustache. IL est revenu. La malédiction du Sud de la France. Je convulse. Je me contorsionne pour glisser, tant bien que mal, ma tête au fond de mon cul, tiroir de droite. Quelque chose vient de tomber sur les lattes de mon plancher, c'est toujours le même film qui passe... Bordel, ça veut rien dire: on a l'impression de lire des divagations dignes de la section Humeurs du site... Je bazarde la radio par la fenêtre. Cabrel défenestré. Quelque chose vient de tomber sur ma Clio mal garée... putain, le con! Salaud de Cabrel! Font chier les Francis! Heaulme, Cabrel, Mer... Marre de ces plaies sonores. Allez tiens je me rendors... Et ça continue, encore et encore, c'est que le début, d'accord, d'accord... |
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Écrit par NoMorgan
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07-04-2008
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Un enregistrement holographique radio passe en boucle une femme chante et des mots en bas de l'écran pendant que le moteur ronronne légèrement perturbe les lieux le bar de seconde zone aux éclairages crus aux gueules des clients défaits rivés à la retransmission sautant aléatoirement des grains brouillent l'image mais les images datent d'un autre temps et les couleurs ternies s'incrustent sur toutes les moquettes murales beiges les rideaux dégarnis et les humeurs noires salies. Elle a les lèvres rouges et les goûts d’orangerai. La robe noire fendue et le sourire trompeur. C'est votre invité. Dites-lui de faire quelque chose. Stella a les peaux endiablées, les élans et les sauvages élégances. Un puits de lumière découpe sa silhouette. Votre attention s'il vous plait ; un moment d'atmosphère liquide. Stella a le regard rivé, les yeux en étoiles en fulgure perçant. Elle a les mouvements capricornes et les amours corsaires. Elle grave la pellicule au micro d'argent. Au passé, boucles brunes et cou satiné ou boucles d’or aux saveurs de terre espagne. Hey stella. Tu as les amants articulés, les mains sulfure et les clins d'oeil chasseur. Elle a la rage au ventre et la coupe mutine. La robe longue noire paillette tombe droit. Elle s’expose dans un bar aux allures de café-résistant. Elle a les poumons libérés, les soupirs à ses pieds et les pensées militantes. Votre attention s'il vous plait ; Mind the gap to Alt-Paris-Berlin-Madrid. Don't walk the line. Stella meurtrière chaque jour marche sur la ligne. Au passé elle s'enregistre ; les pas marqués des caresses des visages, le regard balayant la scène. Au futur Stella a l'estrade à ses pieds, les mouvements de langue assassins et les envies passagères. Elle a le goût des rouges-dangers, ou ces épices les jours d'orage. Mesdames et messieurs, Stella a toute conscience, elle diffuse les photons électriques, irise vos rétines et vos tensions sous jacentes. Elle a les gestes et les lèvres d'un drapeau noir. Le velours d'un frisson, et la beauté rebelle. Un enregistrement holographique radio passait en boucle une femme en train de chanter, et des mots en bas de l'écran. La retransmission sautait aléatoirement, des grains brouillaient l'image à la manière d'un vieux film du 20ieme siècle. Une femme qui ressemblait trait pour trait à celle de l’image discutait avec un homme. Visiblement en surpoids, épongeant méthodiquement la sueur de son front dégarni et arborant un sourire plus que satisfait. - C'est en boite. Maintenant tu vas pouvoir vivre. - J'espère bien crevure, avec tout ce que j'ai subi - Allons, allons, nous avons un contrat. A moi le produit et tes fesses, et à toi une protection assidue. - Au corps à corps, c'est ça. Tout ce que je veux, c'est ma fille. - Cassie est entre de bonnes mains, rentre chez toi, on te contacte. - Salopard ! |
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Écrit par yln
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04-04-2008
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La valeur des mots Ils sont toujours à la recherche de la bonne phrase, du bon terme, jouant avec les mots qui sont leur quotidien. Voici leur histoire. I. - Samuel N. Lowe : directeur de campagne adjoint, directeur de la communication et conseiller spécial en charge des discours du gouverneur Hartlett, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle. - Je me couche, ou plutôt je m'écroule sur mon lit à trois heures du matin avant de m'endormir comme une masse. Le téléphone sonne, je décroche, me passe la main dans les cheveux comme si ce geste allait conjurer ma fatigue. Je jette un coup d'œil rapide à l'heure, il est trois heures trente. Une fois raccroché je vais dans la salle de bain me passer de l'eau sur le visage. Je suis cerné et j'ai une tête de zombie. Je mets une chemise, prends mon Mac et sors de ma chambre. La nuit sera longue, mais cela ne me surprends plus. J'ai suivi un parcours sommes toute classique, même si dans mon domaine, il n'y a pas vraiment de voie unique. J'ai effectué mes études à Cambridge au sein du département SIPA (School of International and Public Affairs) où j'ai obtenu un diplôme en sciences politiques. Parallèlement à mes études je servais de nègre pour un certain nombre de discours de responsables politiques locaux. A ma sortie de Cambridge, je suis embauché par le Secrétaire d'Etat aux transports en tant que directeur adjoint de la communication. J'y reste trois ans, jusqu'au départ de la Maison Blanche de Bill Clinton. Je pars ensuite travailler pour le maire de Boston, ma ville natale, en tant que directeur de cabinet adjoint et conseiller spécial en charge de la communication. Après la réélection de G.W. Bush, j'accepte un poste auprès de gouverneur Hartlett, considéré à l'époque comme l'un des favoris de 2008 et que j'apprécie beaucoup, politiquement et humainement. Je suis d'abord nommé directeur de la communication du gouverneur, puis, avec le lancement des primaires je deviens également directeur de campagne adjoint. J'arrive au Q.G. de campagne, en l'occurrence une chambre d'hôtel, celle du gouverneur. Il a l'air en grande forme, pas moi, avec une heure de plus de sommeil, peut être aurais je pu avoir l'air un peu plus fréquentable, mais je ne l'ai pas eu. Je m'assois à côté de lui et nous sommes rejoints par le directeur de campagne. Le gouverneur m'informe qu'il souhaite changer l'orientation du discours du lendemain. Je soupire discrètement et je l'écoute docilement m'expliquer les raisons de ce changement et les thèmes qu'il souhaite désormais aborder. La discussion dure près de dix minutes, il est important que je nous nous comprenions parfaitement, sans quoi je risque de devoir retravailler à la hache de nouveau le discours. Une fois que nous sommes en accord je me prépare à commencer, j'ai treize heures devant moi. Le délai peut sembler court, il ne l'est pas tant que cela, il n'est pas rare que des discours qualifiés de brillants soit achevés pendant le trajet en voiture, quinze minutes avant l'échéance. Dans la pièce qui était jusque là relativement calme on s'agite désormais dans tous les sens. On envoie quelqu'un préparé du café, on appelle mon adjoint qui va travailler sur le discours avec moi, quelqu'un ramène des copies du discours initial, les ordinateurs sont allumés. Pendant que les assistants font tout cela je m'installe sur le balcon. Je fume une cigarette, je mets mes idées en place, et le froid revigorant achève de me réveiller. Quand j'écrase le mégot je suis prêt à écrire, à ré-écrire les huit pages du discours. Le dircom adj.* arrive alors que je retourne à l'intérieur. Nous discutons plusieurs minutes, je veille à ce qu'il comprenne bien à son tour ce qu'il faut faire, puis je répartis les tâches. Bientôt, dans la pièce ne résonne plus que le bruit régulier, et qui pourrait faire penser à celui d'une mitraillette, des touches de clavier de nos ordinateurs que nous martyrisons. De temps à autre, on relève la tête, on demande quelque chose, on se replonge dans l'écriture. Cela durera jusqu'à sept-huit heures du matin, nous aurons alors un premier jet. Normalement, si tout va bien, nous aurons la version définitive une fois atteint le troisième jet, il ne restera alors plus qu'à effectuer les changements mineurs. On nous prend souvent pour des fous dans ma branche, c'est probablement vrai. Mais pensez un instant à ce que signifie mon travail. Je suis l'homme chargé de faire passer le message, je suis l'homme qui écrit ce que mon patron lira devant des dizaines de journalistes. Ce message, dont certaine partie tourneront en boucle sur les grandes chaînes de télé, ce message qui sera décortiqué par l'ensemble de la presse politique. Ce que j'écris, ce sont trois cent millions d'américains qui y ont accès. Si je fais de mauvais choix, il peut en ressortir des polémiques nuisibles à mon patron, des évènements dont nous nous passerions bien. Alors j'en fais peut-être beaucoup, mais sûrement pas trop. Je suis dans une recherche constante de perfection, je peux passer des heures sur des détails, sur une virgule, sur l'intonation, et bien sûr le sens. Mais en définitive, seul deux choses comptent. La première, c'est que le texte soit conforme aux attentes de mon patron, que son message soit parfaitement restitué. La seconde, c'est la réaction du public. Il doit, vous devez, aimer, pas simplement applaudir en étant content, je laisse cela à mes confrères moins doués. Non, vous devez vous lever, vous devez vous sentir poussez pour une force sans pareille, vous devez ressentir l'espoir, la possibilité future, l'envie de vous battre, de croire. Et c'est seulement là que j'estime avoir rempli mon rôle, que je pense mériter mon poste. Vous n'entendrez pas beaucoup parler de moi, je suis un homme de l'ombre. Mais mon patron, le candidat à l'élection présidentielle, vous en entendrez encore beaucoup parler. Et je peux vous promettre que je serais celui qui écrira le discours du 43ème Président des Etats-Unis d'Amérique, car il se nommera Leo Hartlett. * : directeur de la communication adjoint |
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Écrit par Seth Gecko
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01-04-2008
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Enième 7 Pulp Fiction Mes amis, qu'on se le dise: il n'y a plus de grands poètes. La race s'est éteinte, en allée, partie, pfffftt. Ces gens-là ont vainement tenté de planter leurs graines, en espérant que les générations qui leur survivraient reprendraient le flambeau. Que dalle. Il n'y a plus de grandes poètes. De la poésie, il y a encore par-ci, par là. De la petite poésie surtout. Il n'y a plus de belles descriptions des fins fonds de l'âme, plus de spleen, plus de volonté de raconter son exil, ses maux, ses amours. Maintenant les bons mots sont cantonnés dans les brèves de comptoir, les battles de cour de récré. Ah ça, j'en ai un rayon de poètes en puissance dans ma cour de récré: - Il est dégueu ce fromage! - C'est normal, il a été fait avec le lait des seins de ta mère. Boom: Malraux 0- Les Djeuns 1. - Hé le paysan lui, va labourer ton champ! - C'est ta mère que je vais labourer! Bam: Baudelaire 0- Les Djeuns 2. J'ai voulu ouvrir un club de lecture dans cette cour de récré. Pour leur mettre autre chose que des Titeufs dans les mains. Z'en ont pas voulu mes amis poètes. Ils veulent que j'ouvre un club Tektonik par contre. On ne rit pas svp, les temps sont durs, très durs. Et je ne parle même pas des "poètesses" qui font circuler une pétition pour faire venir Tokyo Hotel au Printemps de Bourges. La langue, l'écriture, l'odeur de l'encre. Vaste souvenir. On textote, on smsise. C'est le requiem des mots, du texte, du verbe. Nouvelle échelle de valeur, nouveau signifiant et signifié. La sous-culture vers l'inculture. Il n'y a plus de grands poètes. Que ça va être triste un monde sans poésie. Alors j'espère me tromper, j'espère juste être simplement en train de devenir, déja, un vieux con qui voit le mal partout. Peut-être que parmi cette foule inculte qui m'entoure, qui se désintéresse de tout ce qui est artistique, un tant soit peu, peut-être que se cache un futur académicien, un Nobel de littérature ou encore mieux un futur rédac chef d'Okapi! Oui, voilà, elle, là-bas, dans la rangée du fond! Oui, elle compose, dictionnaire de rimes sur les genoux!!! On est sauvé!! - Je peux vous montrer mon poème, monsieur? - Mais bien sûr!!! - Je suis embêtée, j'arrive pas à trouver une rime pour "aime" - (long soupir)... (pause)...(re-long soupir)... essaie "requiem" ou "chrysanthème"... |
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Écrit par oR.hal
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31-03-2008
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Tant de Nuits "Mon ange je t'ai haï Je t'ai laissé aimer D'autres que moi Un peu plus loin qu'ici Mon ange Je t'ai haï Tant de nuits, alité Que mon coeur a cessé De me donner la vie Si loin de moi Si loin de moi Si loin de moi Des armées insolites Et des ombres équivoques Des fils dont on se moque Et des femmes que l'on quitte Des tristesses surannées Des malheurs qu'on oublie Des ongles un peu noircis Des ongles un peu noircis Mon ange je t'ai puni A tant me sacrifier Icône idolâtrée Immondice à la nuit Mon ange je t'ai haï Je t'ai laissé tuer Nos jeunesses débauchées Le reste de os vies Si loin de moi Si loin de moi Si loin de moi Si loin de moi Des armées insolites Et des ombres équivoques Des fils dont on se moque Et des femmes que l'on quitte Des tristesses surannées Des malheurs qu'on oublie Des ongles un peu noircis Des ongles un peu noircis Mon ange je t'ai haï Mon ange je t'ai haï" (© Joseph d'Anvers / Arman Méliès - Alain Bashung) |
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