Écrit par Seth Gecko
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09-04-2008
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Crimes à Oxford Alex De La Iglesia est de retour, avec une deuxième incursion en langue anglaise après le très sous-estimé Perdita Durango. Il nous revient avec Crimes à Oxford au casting flamboyant (Elijah Wood et John Hurt) et une intrigue digne Danbrownesque. La méchante machine hollywoodienne a-t'elle eu une fois de plus le dessus sur le génie du Vieux Continent? Oui et non. Alex De La Iglesia est un peu comme Almodovar, c'est un auteur profondément espagnol dans les sujets qu'il aborde (l'Espagne du PP, la question basque, Madrid, la Guerre Civile) et donc, il perd un peu de lui-même au moment de raconter une histoire à un public plus large. C'est un peu le défaut du film: on ne retrouve pas la freak attitude, l'humour carnassier d'Alex. Le tout est plus propre, moins décapant. Le lissage affecte jusqu'à la mise en scène, moins osée et virtuose que dans les métrages made in Spain. Mais De La Iglesia ne s'est pas contenté de faire le faiseur de films sur Crimes à Oxford et on y trouve une noirceur dans le sujet, une complication scénaristique assez rare dans les thrillers d'Outre-Atlantique. Une touche vieille Europe quoi. En lâchant ses chevaux de bataille ibères, Alex a décidé de s'orienter cette fois-ci vers des inspirations anglo-saxonnes. Crimes à Oxford respire le Agatha Christie malsain, le Conan Doyle déviant. Le basque s'attaque pour la première fois à un genre ultracodifié et usé jusqu'à la moelle et tente tant bien que mal de lui ouvrir de nouveaux horizons mais si le film fonctionne, c'est en partie parce qu'Alex De La Iglesia la joue un peu old school avec des cartes maîtresses qui fonctionnent toujours: la dualité élève-maître, les intrigues mathématiques, etc. Eliajh Wood, au fil des films, fait oublier Frodon et John Elephant Man Hurt livre une prestation typique de l'acteur anglo-saxon au crépuscule de sa vie: cabotin, référencé, théâtral, Hurt évoque le Sean Connery d'Indiana Jones, le Ian McKellen du Da Vinci Code. Crimes à Oxford sent bon le manichéisme et Umberto Eco. Un film à voir absolument et qui conforte la thèse selon laquelle le cinéma espagnol est bien seul sur l'échiquier du fantastique et du thriller européen. Olé.
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