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Seth's Pulp Fiction : Grave Digger - Qu'est-ce que tu fais? - Bin, ça se voit... Je me lustre la bite avec du dentifrice. - Nan, sans déconner, qu'est-ce que tu fais? - Je creuse une tombe. - Oh non... - Qu'est-ce qu'il y a? - Nan rien, mais ça va encore être un billet d'humeurs tout ce qu'il y a de plus morbide. Vous foutez le bourdon chez Eclipshead. - Mais non, t'inquiètes, on va déconner. Tu verras, ça sera pas chiant. - Promis? - Bah oui. - Bon, bah, vas-y mon gars! Creuses! - Merci. Pousses-toi. - Pour qui tu creuses cette tombe au fait? - Bah pour moi. T'as déja vu une pancarte Pompes Funèbres devant chez moi? Tu crois que je vais me fendre le cul à creuser pour d'autres? - Tu sais qu'ils font ça à la pelleteuse normalement? - Oui, mais moi, je suis old school. - Ok, à chacun sa mort. - Et Dieu pour tous. - Pourquoi tu creuses ta propre tombe? - Hé pourquoi pas? Y'en a qui achètent leur pâte feuilletée, d'autres qui la font. Bah moi, c'est pareil. - Oui, mais les tombes... - Qu'est-ce qu'il y a? T'as un problème avec les tombes? Quoi? T'es encore au stade "j'ai peur des cimetierres" et tout... - Non, mais de là à en faire une passion. J'ai une sorte de respect froid et distant. - Bah moi, le moins on en parle, mieux je parle, ça me fait chier. Je trouve pas ça tabou de creuser sa tombe. J'assume. - Oui mais pourquoi... - Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? T'as que ce mot-là à la bouche toi! C'est dingue ça. Pourquoi je creuse une tombe? Bah pour y être enterrer, pardi! Est-ce que ça t'emmerde? Si ça te gêne, passes ton chemin l'ami! - La plus grande folie que puisse commettre un homme, c'est de se laisser mourir. - J'ai pas dit que j'allais me laisser mourir non plus. Pas la peine de verser dans les citations littéraires digne d'éditos de journaux régionaux. - Oui mais admets que la situation est quelque peu incongrue... Creuser sa propre tombe. J'ai le droit de m'interroger. On a jamais vu ça. - Hé bin, je suis un pionnier. Prends le problème à l'envers et demandes toi donc pourquoi y'a pas plus de gens qui creusent. - Il y a ceux qui ont un revolver chargé et ceux qui creusent. - Waouh, monsieur je-fais-plus-de-citations-qu'un-almanach-d'étudiant. - Après tout, si tu veux t'en donner la peine. - Voilà, respectes l'art subtil de la dérision face à la mort et passes ton chemin jeune plébéien. - Et après tu vas toi-même choisir l'arbre dans lequel tu vas découper les planches de ton cercueil? - Ah non, ça c'est morbide. Et puis pas besoin de cercueil. - Pourquoi? - Parce que je me ferais incinérer.
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