|
Placebo - Battle for the Sun Que reste-t-il de Placebo en 2009? Un peu largué musicalement par Radiohead, qui s'évertue à ne pondre que des chefs d'œuvre, la bande de Molko se situe un peu à part par rapport à ses camarades de génération. A part car Placebo a décidé de prendre son temps, du temps pour se sortir d'un Meds qui avait déçu certains, déçus de ne pas trouver autant de titres accrocheurs qu'auparavant. Placebo a été au bord du split, a perdu son batteur et a souffert d'un certain décalage parce que le groupe avait choisi d'être glam avant que Pete Doherty et consorts ne revoient leur manuel du parfait petit Bowie. Molko parlait des Cure à la fin des années 90 quand d'autres ne se souviennent de la bande à Smith que depuis peu. Alors oui, Molko a toujours été/voulu être en décalage, pour être un groupe qui fédère mais sans trop faire comme tout le monde. Aujourd'hui, la majorité des groupes font leur retour avec des albums pêchus, très rock, l'époque est au retour aux sources, au old school, on se remet à vouloir sonner comme dans les albums de début de carrière, comme pour se rassurer et montrer que l'on en est encore capable. Et voilà que Placebo se pointe avec un petit album tout en tendresse, lent, tout en balade, exit les gros riffs et les gros arrangements électro, Molko pose sa voix sublime et inimitable sur des mélodies et des tempos qui permettent de réveler un nouveau batteur au feeling acéré. Battle For the Sun est produit par David Botrill (Deus et... Tool) et le mixage a été confié à Alan Moulder ce qui confère au groupe une nouvelle dimension. Le disque sonne vraiment comme un album à écouter du début jusqu'à la fin et non plus comme un assemblage approximatif ou une succession de singles. Il y a une unité musicale, avec notamment certains morceaux plus longs. Battle for the sun est un album enjoué, sorte de némesis du très sombre Meds, album pessimiste et qui laissait entrevoir un futur sombre, voir pas de futur du tout, pour le groupe. A écouter en priorité Kitty Litter, The Never-ending why et Bright Lights.
|