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Marilyn Manson - The High End of Low
Écrit par Seth Gecko - 02-07-2009

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Marilyn Manson - The High End of Low

Je ne sais pas si Manson laissera quoique ce soit à la postérité tant en matière de musique que d'entertainment. Je ne sais pas si on écoutera encore sa musique dans dix ou vingt ans, si l'on idolâtrera ad vidam eternam. Ce dont je suis sûr, c'est qu'il est l'artiste le plus animal depuis Iggy Pop et Bowie. Animal au sens de caméléon, de reptile, de singe et de fauve. Comme Bowie, il a décidé d'incarner à ses risques et périls tous les visages du rock, tenter toutes les expériences, oser le grotesque et le difforme pour accaparer acclamations mais aussi critiques et railleries. Manson, sous la couverture du show et du grand-guignol, est un personnage qui torture la sacro sainte Amérique, qui la regarde droit dans les yeux avant de lui jeter à la gueule tous les vices dont elle est la matrice. Que l'on aime ou pas le personnage et sa musique, il faut bien comprendre qu'un Manson est un mal nécessaire, surtout à l'heure du bien-pensant et du tout lisse. Manson n'est pas qu'un provocateur de super-marché. Il pousse l'ambiguïté suffisamment loin pour déranger, offusquer et troubler. Il n'est pas l'animal bestial d'Antichrist, il est davantage le clown malsain dont on ne sait s'il nous fait rire ou nous effraie.

Le nouvel album de Manson respire l'urgence. L'urgence de revenir à un son viscéral, simple et accrocheur car l'artiste s'est égaré par des associations douteuses, des mariages peoples et des tentatives de mise en scène et de peinture. Quoi de mieux qu'un retour aux sources pour purger son âme. Manson retrouve Jeordie, lui même redevenu Twiggy. Les deux hommes sont comme deux frères, comme deux amants qui se retrouveraient après différences expériences. Et Marilyn Manson, le groupe, de redevenir moins electro plus rock, moins trituré, plus épuré. L'opus 2009 est la première pierre d'un nouvel édifice. Un nouvel âge commence pour Manson. Manson réchauffe (Leave a scar), chevauche le grand Ouest (Four rusted horses), bascule dans les 80's (Arma-goddamn-motherfukin-geddon) et croone (Running To The Edge Of The World). On a l'impression de reprendre les choses là où on les avait laissé avec Mechanical Animals. Non, The High End of Low n'est pas le meilleur album de Manson. Mais il a déjà le mérite d'être du Manson. Et c'est déjà pas mal.

 
 


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