|
Karma to Burn - Interview Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de voir sur scène une légende du stoner, j'ai nommé Karma to Burn. Après une reformation surprise (en même temps, en ce moment on a l'impression que tous les groupes anciennement splittés se reforment), une série de concerts s'est mise en place en Europe, la France n'ayant pour une fois pas été ignorée. C'est à cette occasion que le très sympathique bassiste Rich Mullins a volontiers accepté de répondre à quelques questions. Alors, comment s'est déroulée cette tournée de retrouvailles ? Cela s'est bien passé. L'accueil a été très chaleureux, au-delà de nos espérances, ce qui est toujours agréable. Karma to Burn a commencé comme groupe instrumental et en est toujours un, mais Jason Jarosz a fait partie du groupe pendant un moment à cause d'un contrat à vos débuts ; peux-tu nous dire quelques mots sur cette période ? Nous sommes passés par pas mal de trucs quand nous étions un jeune groupe. Nous pensions que nous étions vraiment intéressants et attirants au niveau instrumental, mais beaucoup de personnes autour de nous continuaient à nous sortir qu'il nous manquait un chanteur. Et Roadrunner a bloqué notre album jusqu'à ce que nous ayions ajouté du chant ; nous avions le choix entre ça ou ne jamais le sortir, donc nous avons dû obéir. Jason était et est toujours un grand artiste et ami. Il n'avait jamais chanté auparavant, et il s'est lancé à fond dans l'expérience. C'était vraiment un truc du genre "On verra bien ce que ça donnera." Les années Roadrunner ont-elles été si négatives pour vous qu'on l'a dit ? Là encore, c'était très déroutant de sans arrêt recevoir des signaux très différents. A un moment tu es un super groupe de scène, et à l'instant d'après tu ne réussiras jamais sans chant. Nous avions juste besoin de prendre du recul, et de comprendre que le succès n'est pas matériel. La vraie réussite s'obtient par-delà le temps et spirituellement. Que s'est-il passé quelques années plus tard pour que le groupe s'arrête après deux albums supplémentaires ? Les drogues ; beaucoup de drogues, et de problèmes liés à celles-ci. Vous n'avez jamais nié cet aspect dans le groupe. Quelle aide et/ou obstacle cela vous a-t-il apporté ? Est-ce toujours le cas ? C'était un très gros obstacle, de la taille d'un gorille. Nous l'avons surmonté au point d'être à nouveau un groupe en état de marche, et nous avons un exemple concret de ce que nous ne voulons plus être. En conséquence, mais aussi par votre son et les personnes que vous avez connues, vous êtes considérés en général comme un groupe stoner. On peut même dire que vous avez acquis depuis un statut culte. Quel est votre avis sur le sujet, et comment considérez-vous ce style de musique ? Nous composons à notre façon, et nous trouvons que personne ne sonne vraiment comme nous. J'entends beaucoup plus chez nous d'influences provenant d'AC/DC, de Soundgarden, des Butthole Surfers ou de Black Flag que de la droite lignée de Black Sabbath à laquelle nos contemporains sont si souvent rapprochés. Et qu'est-ce qui vous a décidé à relancer Karma to Burn ? Quand et comment cela est-ce arrivé ? Will et moi-même, nous nous sommes enfin reparlés au bout de sept années. Nos amis en commun y sont pour beaucoup. Qu'avez-vous tous fait entre deux ? Nous étions dans d'autres groupes. Vous avez de nouveaux morceaux, et un nouvel album serait en bonne voie ; peux-tu nous en dire plus sur le futur du groupe maintenant qu'il revit ? Avant tout, faire un nouvel album ; nous espérons une sortie pour avril 2010. Et nous allons faire un vrai clip, le premier de notre carrière, avec à la réalisation Matt Maiellaro de la série animée "Aqua Teen Hunger Force". Toujours pas de chanteur en vue après avoir joué dans d'autres groupes où il y en a un ? Vous avez essayé mais cela a échoué (comme avec John Garcia de feu Kyuss, maintenant dans Hermano) ; avez-vous définitivement laissé tomber cette éventualité ? Je ne dirais pas que nous avons échoué, car nous sommes plus forts musicalement. Nous pourrions être un groupe avec un chanteur, il nous faudrait juste composer différemment. Mais il y a moins de liberté musicale quand un chant interfère, et celui-ci ne fait pas le poids face à la puissance de la musique, car la voix humaine trahira toujours les émotions intérieures des chanteurs, ce qui est une faiblesse. La musique instrumentale est plus proche des yeux d'un requin, là ça ne plaisante plus. Quand j'entends un chanteur, j'entends souvent les aspects psychologiques qui trahissent ce qu'il cherche à véhiculer ; nous ne rencontrons pas ce problème en tant que trio instrumental. Actuellement, il y a beaucoup de groupes instrumentaux dans le rock et le métal. Que pensez-vous de cela ? Est-ce que vous en aimez certains en particulier ? J'aime bien Oxes ; ils ont tout compris. Merci ; un dernier mot ? "Static focal point, project strength." (là, j'ai pas compris)
|