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Battuta Tout de bois vétu, le théâtre Zingaro, à Aubervilliers (banlieue parisienne), nous plonge dans un ailleurs équestre. On y entre curieux de ce qu'on va bien pouvoir découvrir. C'est un lieu chaleureux, mystérieux, l'ambiance qui s'en dégage est intimiste. On a l'impression d'entrer dans le coeur de notre hôte ou dans son rêve. Bartabas est un centaure. Voilà plus de 20 ans qu'il nous fait galoper à travers le monde au fil de ses spectacles équestres. Chacune de ses mises en scène est accompagnée de couleurs et de musiques propres à une culture, à une ethnie, à un peuple. Avec Battuta, il a décidé de nous emporter dans l'univers tzigane, de ses fêtes, de sa fierté, de son mouvement perpétuel. Au centre du cirque, coule une chute d'eau circulaire perpétuelle. Les chevaux sont autour, calmes et élégants. Une roulotte attend l'heure du départ. Et tout se met en branle. Se faisant face, de part et d'autre du cercle de terre, deux formations musicales rythment les joutes cavalières : les fanfares Shukar de Moldavie et Taraf de Transylvanie. A gauche les cordes, à droite les cuivres et les percussions. Des cavaliers bruns, aux costumes élégants bien que légèrement élimés, vont de prouesses en voltiges incroyables. Dans leurs yeux, la force et la joie crient et leur dextérité éblouit. Plusieurs seynètes cocasses, enlevées et colorées ponctuent l'histoire d'un mariage, visiblement difficile à réaliser. Un dresseur d'ours tente de faire grimper son animal sur le dos d'un cheval, des jeunes hommes s'affrontent pour le regard d'une belle, tandis que la mariée continue sa marche pour retrouver celui qui l'attend. Elle traverse la piste en un galop cadencé, retenu, sa traine soulevée de terre par des grappes de balons gonflés à l'hélium. Le cheval est au centre de ce concentré de vie tzigane. Le dynamiste enjoué des cavaliers participe à la générosité qui transpire de cette fresque stupéfiante. Plein de sourire, de vitesse, de fraicheur, de poésie et d'exotisme, on sort de cette représentation unique comme si on rentrait de voyage. On était parti en roulotte vers une aventure inédite, comme seuls Bartabas et ses chevaux pouvaient nous en conter une.
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