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Jonah Matranga - There's A Lot In Here
Écrit par Shinji - 09-11-2007
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Jonah Matranga - There's A Lot In Here

L'aventure Far aura duré de 1992 à 1998. Originaires de Sacramento commes les Deftones, de qui Jonah Matranga est resté proche (comme en attestent ses participations à "Savory" et à la reprise du "No ordinary Love" de Sade présents sur B-Sides & Rarities), ils partageront un temps les mêmes scènes mais ne connaitront pas la même ascension. De plus, recueillis par Immortal Records comme Korn ou Incubus, ils ont été malheureusement associés à la vague néo métal alors émergeante ; à tort car la musique de Far correspondait plutôt à un autre genre qui fit alors son apparition : l'emo. Et malgré la certaine reconnaissance internationale apportée par Water & Solutions, ce sera leur chant du cygne. Trop de divergences d'opinion ont abouti à la fin du groupe, à la suite de quoi Jonah Matranga a eu plusieurs projets solo - Onelinedrawing - ou en groupe : New End Original (anagramme du précédent) ou Gratitude, groupes qui se sont aussi séparés depuis.

Après Water & Solutions ressorti en version remasterisée et avec un DVD bonus, voici donc There's a lot in here, rien de moins qu'une quarantaine de titres présents sous différentes formes, dans un simple boitier carton comportant un DVD accompagné d'un CD. Le DVD est intéressant, regroupant tout d'abord 2 concerts à l'opposé, bien représentatifs des deux côtés présents chez Jonah Matranga : le rock sur scène avec un groupe, et l'intime en solo, jouant dans le salon d'un particulier face à quelques fans ! Ce dernier est un concept des plus originaux, du fait de la proximité avec le public. L'enregistrement n'a pas disposé du meilleur matériel qui soit. Ca sent la réalisation modeste, mais cela reste agréable à visionner, du fait de la très bonne ambiance qui se dégage de ces shows. Mais ce n'est pas tout, il y a aussi sur ce DVD l'album The Volunteers (2004) de Onelinedrawing illustré par des vidéos de qualités inégales, une pour chacun des 11 titres. Il reste enfin en bonus une séance de questions/réponses avec des fans (sur un parking !), "Livin' small" joué en acoustique en leur compagnie, ainsi que divers commentaires audio. Le CD est par contre décevant, car ce n'est rien d'autre que la bande son d'une partie du DVD sur 12 titres, avec un son moyen.

Cette sorte de compilation rétrospective post-Far porte donc bien son nom, sans compter que son prix est très abordable. Ce n'est par contre évidemment pas le meilleur moyen pour découvrir ce personnage à la fois talentueux et accessible. Rien ne vaudra l'un de ses albums studio pour apprécier son timbre de voix si particulier qui sait se faire touchant sans tomber dans le larmoyant. Il s'agit simplement d'un autre exemple de sa vie consacrée à la musique et de son désir de la partager simplement.

Concert - Batofar (27/05/2006)

En dehors de la salle elle-même sur les bords de Seine, l'accès pour se rendre au Batofar est déjà original, car il faut traverser une zone en travaux. Mais rien de bien méchant, et même complètement oublié en arrivant dans la soute, puisque nous tombons nez à nez avec Jonah Matranga lui-même derrière un petit comptoir. Le capitaine de la soirée nous accueille comme s'il nous connaissait de longue date, au point que je me suis laissé aller à croire que c'était le cas pour un pote, alors qu'ils ne s'étaient jamais rencontrés avant... Jonah nous présente ses nouveaux EPs (qu'il vend à prix indicatif : on peut donner ce qu'on veut !), signe tout ce qu'on lui présente, pose en photo avec qui le veut, et tout ça avec le sourire. Comme le concert commencera très en retard par rapport à l'horaire qui était prévu (sans compter la première partie dispensable), nous avons largement le temps de découvrir les lieux, et depuis le temps que j'en entends parler, je ne suis pas déçu par le charme qui s'en dégage. Bon, on n'y caserait évidemment pas une horde de fans hystériques, mais ce n'est pas le but non plus.

Et enfin Jonah installe et teste lui-même son matériel. Et oui, alors qu'il devait être accompagné sur scène, il sera finalement seul avec sa guitare et sa boite à rythmes, ce qui n'est pas plus mal en fait puisqu'il ne cesse lui-même de répéter que le solo est ce qui lui correspond désormais le mieux. Et ceux qui peut-être appréhendaient un set acoustique ennuyeux ont dû bien vite être rassurés, car c'est un Jonah Matranga en parfaite harmonie avec le public et l'endroit qui jouera avec tout ce qu'il faut d'énergie et d'émotion des chansons de ses diverses formations. C'est flagrant, il savoure sa venue à Paris dont il est sous le charme, et le rend bien aux personnes qui ont fait le déplacement pour le voir. N'en déplaise aux non-anglophones, il s'exprimera régulièrement en Anglais entre chaque titre, et tentera même quelques mots en Français pour la forme, s'amusant à en ponctuer ses chansons. C'est qu'il est bavard le Jonah, avec sa tendresse et ses pointes d'humour, mais pas pour dire n'importe quoi ; des propos qui pourraient paraître opportunistes dans la bouche d'un autre, mais pas chez lui. Un vrai songwriter, humble et honnête, plein de talent et de gentillesse, qui aura mis du bonheur dans les oreilles et le coeur des bienheureux ayant assisté à une prestation comme on en fait pas souvent.

 
 


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