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The Brian Jonestown Massacre - Keep Music Evil Line-up actuel: Anton Newcombe - guitare/chant Collin Hegna - basse Daniel Allaire - batterie Frankie Teardrop - guitare Ricky Rene Maymi - guitare Rob Campanella – claviers/guitare Joel Gion – tambourin/maracas/grimaces Ami(e)s fans de tambourin, de pattes d’eph’, de rouflaquettes et des Who, bien le bonjour (et bonjour aux autres également…). Voici venu le temps de vous conter les aventures et mésaventures d’un des plus grands groupes rock&folk des années 90 (c’est mon avis et je le partage) : The Brian Jonestown Massacre. Mon propos n’est pas de vous convaincre d’adhérer aux théories d’Anton sur la musique la vie ou les drogues, il s’agit tout modestement de faire un peu la lumière sur un groupe qui a fait le choix de rester dans l’ombre. Bienvenue donc dans le monde du revival, du neuf fait avec du vieux, bienvenue dans un monde bourré de références aux années 70’s…et bourré tout court… Abordons le groupe par quelques chiffres et dates : quelqu’un peut-il me citer un groupe ayant joué en live 10 heures d’affilées ? The Brian Jonestown Massacre l’a fait. C’était lors d’une réunion d’une antenne du Parti Communiste américain. Le groupe a joué 10 heures devant un nombre de personnes presque constant. Cette anecdote devrait remplacer la définition du mot rock’n’roll dans tout bon dictionnaire… Classé en rock, folk ou indépendant, le groupe est né aux alentours de 1990 à San Francisco et s’est construit autour de la figure quasi chamanique d’Anton Newcombe, génie écorché jouant près de 80 instruments, une sorte de shaker à karma, réincarnation tout à la fois de John Lennon, Keith Moon, Brian Jones et Jim Morrison. De 1990 à nos jours, le groupe connaîtra une soixantaine de membres différents. Connu et caricaturé à travers le docu-rock d’Ondi Timoner « Dig ! » (Sur lequel je reviendrai), le Brian Jonestown Massacre s’est fait un nom par son désir constant de rester indépendant vis-à-vis des grands labels et ceci malgré les chants des sirènes. La vocation musicale d’Anton est de « garder la musique en enfer » (« Keep music evil » est le grand leitmotiv du groupe). Tenté de mettre sa musique à disposition de l’industrie pour pouvoir toucher le plus grand nombre, Anton a renoncé à un certain succès pour opérer une sorte de révolution clandestine, alternant les dates dans les clubs, les festivals et les grandes salles tant aux USA qu’au Japon ou en Europe. Les frasques de ses membres accentuent la légende du groupe : les musiciens partent, reviennent, se battent sur scène à des moments clés de la carrière du groupe, se droguent et boivent avant, pendant et/ou après les concerts nourrissant aussi bien les critiques rock que les pages de faits-divers. Parmi les line-ups incessants se détachent quelques figures : Joel Gion notamment, joueur de tambourin et maracas, qui prend la place de frontman pendant les concerts, Anton préférant se positionner en retrait. Joel est une sorte de mascotte hilarante, grimaçant sans cesse et responsable de 90% des ressorts humoristiques de « Dig ! ». Il fait toujours partie du groupe mais s’occupe aussi désormais de « son » groupe, The Diletantes. Matt Hollywood est un autre membre originel, présenté comme le « petit frère grincheux d’Anton ». Il est le bassiste compositeur jusqu’en 1998, date du plus gros split du groupe. Il a le mérite d’avoir tenu le groupe à bout de bras dans des périodes troubles d’Anton, lorsque ce dernier ne contrôlait plus la dangereuse alchimie de l’héroïne et de l’alcool. Les fans du groupe apprécient énormément Matt car il appartient à l’âge d’or du groupe. A noter également que de futurs illustres musiciens se sont fait les médiators dans le BJM : Peter Hayes a été guitariste du groupe avant de s’en aller fonder le Black Rebel Motorcycle Club et des membres fondateurs des Warlocks ont aussi gravité dans l’univers d’Anton. Ouvrons la parenthèse « Dig ! ». Le rockumentaire d’Ondi Timoner suit les tribulations du BJM pendant 7 ans, en parallèle avec celles des Dandy Warhols. Le film montre les parcours distincts des deux groupes en insistant sur les leaders Anton Newcombe et Courtney Taylor-Taylor. Anton est un génie écorché, brut de décoffrage, tandis que Courtney est un artiste talentueux mais qui gère son petit monde comme un homme d’affaires. Chacun jalouse plus ou moins l’univers de l’autre mais avec un profond respect. Lorsqu’ils se rencontrent, les groupes de San Francisco et Portland se sentent investis de la mission de révolutionner le monde de la musique et de mettre fin au règne des groupes grunge de Seattle. Les voies divergent rapidement puisque tandis que les Dandy Warhols signent avec Capitol Records, les BJM décident de rester indépendants pour pouvoir faire ce qui leur plaît (il faut dire que si tout le monde veut signer le BJM dans un premier temps, les majors renoncent les unes après les autres à assumer pareille bande de loufoques). Les Dandy Warhols se lancent à la conquête du monde à grands coups de single (Not if you were the last junkie on earth et Bohemian like you) et de vidéo-clips, qui provoquent l’hilarité du BJM, et font les couvertures des magazines. Le principal reproche que l’on peut faire à ce néanmoins excellent film, est d’accentuer sans retenue les vices et défauts de chacun. Celui qui s’en sort le plus mal est Anton. La part belle est faite à un être drogué, paranoïaque, sabotant les concerts, violent… On ne peut pas reprocher à Ondi Timoner d’avoir joué à fond sur la gamme sex, drugs et rock’n’roll car ce procédé est pour beaucoup dans le succès du documentaire, mais on a l’impression, lorsque l’on connaît davantage le groupe, de passer à côté du talent d’Anton. Certaines scènes sont toutefois extraordinaires, notamment lorsque l’on voit naître les chansons : Newcombe écrit, produit tout seul, joue de tous les instruments et livrent trois albums en trois ans. Dès lors que le virage succès-indépendance s’opère dans le film, le traitement réservé aux deux groupes n’est plus le même. Les anachronismes déservent les BJM et on ne s’arrête plus que sur les crises existencielles de ses membres. Le film se termine sur un Anton au bord de l’overdose et sur un split qui n’a jamais vraiment eu lieu puisque le groupe arpente actuellement nos contrées. L’esprit d’Anton étant plus clair maintenant, il s’est désolidarisé du projet d’Ondi Timoner, se sentant trahi de n’être devenu à l’écran qu’un musicien tyran et drogué dans une sorte de footage de groupe rebel et il n’a de cesse de répéter à longueur de concerts à ses nouveaux fans « Anton Newcombe is not a movie », les invitant par la même occasion à se replonger dans la discographie du groupe. Il est évident que nous sommes nombreux à les avoir découverts à travers « Dig ! », mais il ne faut pas se cantonner à leurs allures de freaks et les découvertes de pépites tels que Thank God for mental illness ou Give it back ! sont fortement conseillées. Le film se termine sur un Anton un peu plus clean mais amer. Le message est clair : ce qui tue la musique, c’est sa face industrielle, pas les gens qui téléchargent, mais bel et bien les majors qui dépensent sans compter pour vendre et faire du profit, loin de toute considération artistique. Et Newcombe de mettre les choses au point : « Ils sont les facteurs, mais c’est moi qui écrit les lettres, sans moi, ils ne sont rien ». Reprenons nos chiffres. Le BJM, ce sont 11 albums en 11 ans, tous autoproduits, plus quelques EP et des singles. Un rock « revival » à la frontière de toutes les déclinaisons 60’s et 70’s, comme si Anton et les siens avaient ingurgité et digéré 20 ans de musique pour pousser les sonorités et les ambiances encore plus loin. Le blues, la country, la folk, le rock psychédélique sont revisités et sublimés. Anton Newcombe aurait ébloui des milliers de personnes à Woodstock ou sur l’île de Wight. Cet homme est un fou furieux, un cerveau en perpétuelle ébullition, passionné et passionant, aimé et détesté, un singe qui n’a de cesse de secouer violemment sa cage. Un des artistes les plus productifs et inventifs des 20 dernières années, dévoué au old school, mais qui, à la façon d’un Tarantino, reprend clichés et références pour créer des images, des musiques neuves et perdurables. Discographie : Albums : Methodrone (1995), Spacegirl & Other Favorites (1995/2003), Their Satanic Majesties' Second Request (1996), Take It From The Man (1996), Thank God For Mental Illness (1996), Give It Back (1997), Strung Out In Heaven (1998), Bravery, Repetition and Noise (2001), ...And This Is Our Music (2003), Tepid Peppermint Wonderland (2004) EPS : Bringing It All Back Home Again (1999), Zero (2000), If I Love You? (2001), We Are The Radio (2005) 45 tours Singles : She Made Me (1992), Convertible (1993), Hide and Seek (1994), Cold To The Touch (1995), Never Ever (1996), If Love Is A Drug, Then I Want To OD (2003), Prozac vs. Heroin (2003) 33 tours Singles : Not If You Were The Last Dandy On Earth (1997), This Is Why You Love Me (1997), Love (1997) CD Singles : This Is Why You Love Me (1998), Love (1998), If Love Is A Drug, Then I Want To OD (2003) COMPILATIONS : Pure Spun Sugar (1998), Delphonic Sounds Today! (1999) Si j’ai un tant soit peu attisé votre curiosité, ruez-vous sur www.brianjonestownmassacre.com , vous pouvez trouver dans la section « music » l’intégrale de l’œuvre du groupe en téléchargement gratuit ainsi que de nombreux lives et vidéos. Enjoy ! Si vous voulez avoir du succès cet été, adoptez la « Joel Gion Touch » : Rouflaquettes de sortie !
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