| Ecrit par ocinatas, 03-11-2007 00:30 |
Bunny Suicides « Awww, bunnies are sooooo cute »... bon, toi déjà tu te tais... les lapinous ne sont pas que « mimis », d’ailleurs ils détestent ça qu’on les trouve « mimis » ! J’irais même plus loin en disant qu’ils te détestent, toi, la greluche décérébrée qui ne voit rien d’autres en eux que de mignonnes boules de poil… mais rassure toi, tu n’es pas la seule chose qu’ils détestent, car les lapinous n’ont rien contre toi en particulier… en fait c’est le grand ras-le-bol, ils en ont marre…marre de ce monde et de cette existence. Andy Riley a bien compris le mal de vivre qui hante cette espèce animale à la dérive dans notre société pourrie jusqu’à la moelle, et il rend un sublime hommage à leur inventivité suicidaire dans deux ouvrages de bande dessinée, témoignages poignants de cette tragédie contemporaine dont tout le monde se fiche. Le lapin, sous ses airs placides de mammifère lagomorphe à grandes oreilles, se montre en effet très inventif lorsqu’il s’agit de mettre fin à ses jours. Il me paraît d’ailleurs important de signaler que le lapin n’est PAS un rongeur, car il possède DEUX paires d’incisives sur sa mâchoire supérieure… on peut aisément comprendre qu’à force d’être pris pour un autre, il adopte un comportement suicidaire. En deux volumes donc, « The Book Of Bunny Suicides » et « Return Of The Bunny Suicides », pour un total d’à peu prêt 200 pages et autant de techniques de suicide, Andy Riley nous dévoile les moyens les plus sûrs (ou pas) pour un lapin dépressif de quitter ce monde cruel : appareils électroménagers ou électroniques, ustensiles de cuisine, mise à contribution de l’être humain ou d’autres animaux, camouflages et déguisements, voire même intrusion dans certains succès cinématographiques (en vrac : Terminator, Le Seigneur Des Anneaux, Alien, Liaisons Dangereuses, Star Wars…)… vous serez surpris de constater que rien n’arrête un lapin qui a décidé de quitter ce monde cruel. On imagine le travail de recherche et de documentation de Riley titanesque, et on ne peut que saluer son témoignage et le talent dont il fait preuve dans la retranscription du désespoir léporidé. Hugh Grant et Elton John, entre autres, ne s’y sont pas trompés et rendent d’ailleurs hommage au professionnalisme de l’auteur. Pour finir : mon lapin, sois malin, lis ces bouquins, et offre toi une belle fin.
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