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Dianne Kaufman
Ecrit par Milady Renoir, 02-11-2007 01:48


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Dianne Kaufman

Puisque la photographie floue semble être un désir de création depuis le Surréalisme, nous pourrions définir les toiles de Dianne Kaufman comme une grande toile floue, dégarnie de netteté, comme pour se rapprocher d’une nudité aussi crue que la vérité. Les influences évidentes sont Bacon, Soutine, de Koonig puis l’artiste mentionne aussi Lucian Freud et Frank Auerbach. (Comparaison personnelle faite à Paul Rebeyrolle)
L’attachement quasi morbide que Kaufman lie aux portraits de ceux qu’elle tire rappelle le lien à la chair, aux organes, aux intérieurs. On imagine le geste de Kaufman, fébrile mais décidé, presque désespéré en coupant la matière de la gouache, en rasant les évidences esthétiques, en écrasant les couleurs sur le support. La technique de « l’impasto », laquelle consiste à appliquer plusieurs couches d’huiles sur la toile, heurte avec une singulière violence les visages qui se retrouvent enfoncés dans le tableau, on retrace les marques du couteau, du pinceau, on croit facilement aux heures de travail, on se demande si la première couche est le dessin ou si c’est la dernière finalement qui « fait » le portrait. Tout fait ressortir l’angoisse de l’artiste/créateur qui cherche la vérité en ajoutant strate après strate et l’inquiétude attente du modèle/humain. L’artiste s’attelle à une sorte d’anti-idéal médical, elle opère ses modèles comme le médecin fait une biopsie à ses patients pour obtenir le diagnostic. La souffrance intime de l’être se fait parodier sur une toile emplie de couleurs vagabondes, rien n’est décidé, mais rien n’est lancé au hasard. Le portrait est un art vicié dans la figuration la plus sobre, alors, Dianne Kaufman, comme Bacon et de Koonig avant elle, accentue les particularités de l’individu jusqu’à en extraire un jus gluant, vigoureux. Ses personnages crient, s’essoufflent, crachent, chutent, se recroquevillent… le cadre devient l’espace et la peinture se transforme en sculpture.
Seulement exposée depuis deux ans dans de nombreuses foires de l’art anglo-saxonnes, l’œuvre de Kaufman visite un genre qui n’a que peu d’adeptes puisqu’il faut presque regarder ailleurs pour saisir l’importance du geste soi-disant imprécis. Dans le préau des hyperréalistes contemporains, les déviances du genre de Dianne Kaufman se savourent presque en cachette, elles délivrent alors un goût d’interdit et de lucidité dérangeante qui nous rend notre humanité.

Dianne Kaufman : Site Officel.




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