| Ecrit par ocinatas, 03-11-2007 00:37 |
Lenore, The Cute Little Dead Girl Roman Dirge A l’heure où Emily The Strange (aka Etrange Emilie) envahit les Galeries Lafayette, organise des soirées hype, et inonde les strings de mesdemoiselles les pseudo gothiques biberonnées à l’emo-fashion, on ne peut qu’espérer que Lenore ne soit jamais victime de ce type de récupération. La pauvre et innocente enfant morte n’y verrait rien de mal, naïve et bercée d’illusions enfantines qu’elle est… car Lenore est une petite fille avant d’être un cadavre embaumé… une jeune demoiselle aux préoccupations probablement en phase avec celles des camarades qu’elle aurait eu si elle était restée en vie, quoique de toute évidence infiniment plus morbides (les préoccupations). Le propos de Roman Dirge, génial papa de la petite Lenore (qui fût ainsi prénommée en hommage à Edgar Allan Poe), est en effet d’associer un univers enfantin à une imagerie horrifique, ce qui se traduit par des visuels et des scénarios que je qualifierais de « mimi-gores ». La galerie de personnages qui peuple les trois volumes des aventures de notre mignonne petite embaumée est riche: gibier empaillé, vampire, boule de cheveux, poupée vaudou, monstres divers et variés, insectes et araignées… et a fort à faire avec notre héroïne qui se révèle touchante de cruauté naïve, martyrisant ses contemporains sans aucune vergogne (« I don’t do guilt »). Les différents volumes des péripéties de Lenore sont en outre régulièrement agrémentés de petites vignettes autobiographiques où Dirge relate des épisodes plus ou moins traumatisants de son existence (les hilarants « Things Involving Me »). Certaines autres planches rendent compte des aventures de personnages ayant ou non un rapport direct avec notre héroïne et rappellent l’univers des comptines ou des contes pour enfants, agrémenté de la touche tordue propre à Roman Dirge. Un univers qui se rapproche à bien des égards de celui du Tim Burton de « La triste fin du petit enfant huître » ou encore de « Vincent », superbe court-métrage réalisé en hommage à Vincent Price. Il est possible de trouver des versions animées flash de certaines aventures de Lenore sur le net, versions non traduites en français, comme les bande dessinées d’ailleurs… mais n’ayez crainte, les illustrations de ces scénettes sont suffisamment explicites pour que leur compréhension puisse s’affranchir de la maîtrise de la langue de Shakespeare.
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