Eclipshead.net

Derniers Articles

























Léon Spilliaert
Ecrit par Milady Renoir, 02-11-2007 23:29


Image
Léon Spilliaert
Expo "Une Brise d'Ostende"

A l’occasion du 60e anniversaire de la mort de Léon Spilliaert (1881-1946), une exposition provinciale (et presque fière de l’être) se visite en bord de mer jusqu’au 17 septembre.
Les thématiques de l'artiste sont diverses mais concentrées géographiquement en un lieu défini, le bord de mer (du Nord).
De ses représentations symboliques avant 1914 aux possibles abstractions des années 30, le fil conducteur (surtout dans cette exposition située à Ostende, donc !) est la station balnéaire et la ville portuaire. La mer dans la diversité de sa nature, la vie des baigneurs, le port de pêche avec ses drames sous-jacents, ses inquiétudes, l’intensité du quartier des pêcheurs, les parcs silencieux et la tristesse de l’arrière-pays, tous ces caractères spécifiques à Ostende inspirent LS tout au long de sa vie.
Ce qui révèle d’abord Léon Spilliaert (LS) dans son talent d’architecte de l’espace, ce sont ces coordonnées exactes, cet équilibre partagé entre deux univers scindés par une seule ligne, entre ciels et mers (comme dans marine avec sillage « marine met kielzog »). Puis, c’est son œil, scrutateur, inquiet, comme dans ses œuvres marines avec l’absence des hommes qui surligne leur passage, éphémère, ou le risque du métier, parfois ici, une nuée blanche rappelle un bateau ou là, quelque mouettes replacent la proximité de la terre.
Dans les scènes portuaires, c’est l’anecdote qui prévaut sur la Grande Histoire (du moins, à première vue), mais c’est ce petit quelque chose, cette dérive du grand sujet principal (LS aime détourner l’œil du regard évident en déplaçant ses personnages principaux du centre de l’espace peint) qui forme la grande mémoire de cette époque. Les femmes de marins, les pêcheurs sont souvent représentés seuls (en sujet indispensable) comme pour marquer la solitude des métiers de la mer (dépeints en de multiples toiles, e.g. mailleuses de filets, déchargeurs de citernes, tenanciers de bar du port, etc.) tout autant que leur fragilité ; les femmes sont esseulées mais fortes (physiquement), les hommes sont toujours occupés, inlassablement au labeur. Les femmes n’ont que la prestance de leur patience et de leur acharnement à vivre, leurs corps bouffis sont posés là, sans finesse. Mais elles existent plus qu’aucune autre duchesse précieuse (que LS décrira dans d’autres toiles, en baigneuses volubiles ou personnages fantomatiques).
Les dessins de dunes sont terriblement inquiétants par leur horizontalité, leur isolement.
Les endroits qu’il étudie sont ordinaires (Spilliaert à partir de 1908 loue une simple mansarde au-dessus d’une friterie populaire d’où il observera le Port et une partie de la digue occidentale), mais dans l’œil (et le doigt) de Spilliaert, ils sont charmants, romantiques et réalistes. Ses contemporains les plus proches, tels James Ensor et Jan de Clerck y ont été de leurs pinceaux impressionnistes à force de couleurs, de formes, de cris, transcendant alors le bord de mer tel un récit épique (Ensor y fait un carnaval burlesque, pendant que LS n’y place que des personnages retirés du Monde).
Spilliaert est un littéraire, il décrit à l’aide de symboles picturaux simples, il observe le tout avec un œil philosophe, d’apparence calme. Aussi, la dimension pieuse de certaines toiles se prouve par le contexte historico-religieux de cette région, Spilliaert y amènera alors une touche de torpeur. En reprenant une fresque de l’église locale qui montrait un purgatoire (dont le spectacle était des âmes qui brûlent en attendant la rédemption) au sein d’un univers nocturne, désertique, vaguement éclairé par un réverbère au loin en tons ocres et pâles, comme pour replacer une distance.
Ensuite, Spilliaert trouvera une nouvelle lubie dans le personnage du phare, vieil édifice isolé qui tente d’imiter le soleil, il le peindra sous de nombreux aspects, inspirés d’événements dramatiques et liés à l’angoisse.
LS est donc un peintre singulier par sa pertinence de la description funèbre ou du moins, abandonnée de joie de vivre, d’Ostende, son spleen est touchant et se décline en des tonalités diverses malgré l’approche sombre, grise. Chaque teinte de couleur devient alors un trésor, un cadeau du peintre pour une région qu’il ne quittera que tard dans sa vie pour Bruxelles, dans laquelle il mourra après la seconde guerre mondiale d’une maladie qui l’accompagnait depuis 10 ans.

Pour situer l’artiste, voici quelques noms d’autres artistes de cette époque dont la majorité faisait partie du groupe « Les compagnons de l’art » auquel LS s‘est allié en 1937 :
Jean Brusselmans, Hyppolite Daeye, Paul Delvaux, Gustave de Smet, Oscar Jespers, Contant Permeke, Edgard Tytgat, Fritz Van den berghe, Gustave Van de Woestyne, Luc et Paul Haesaerts, James Ensor, Carol Deutsch, féllix Labisse, Edmund templer, Ninette Labisse, Marthe velle, Bernard Caillie…
Autour de l’expo, une pièce de théâtre autour des ambiances de Spilliaert est donnée pendant l’été.

Infos complètes : www.califice.net




Tags : Léon Spilliaert
Mettre en favoris Imprimer l'article Envoyer l'article à un ami Articles similaires



Commentaires utilisateurs (0) Fil RSS des commentaires

Aucun commentaire posté

Ajouter votre commentaire

 
 

Inscrivez-vous à la Newsletter :












ACCUEIL | NEWS | MUSIQUE | CINEMA | LECTURE | DIVERSIONS | HUMEURS | AGENDA | ARTZ | PHOTOS | VIDEOS | OPINIONS
FLUX RSS | CONTACT | EQUIPE | CREDITS | FAQ | SHOP | INFOS LEGALES | MYSPACE

Flux RSS Eclipshead.net

© ECLIPSHEAD.NET 2005 / 2008
- TOUS DROITS RESERVÉS


Flux RSS Eclipshead.net Création WDC VISUAL La CNIL Eclipshead.net