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Substitution N°4
Ecrit par Milady Renoir, 02-11-2007 23:38


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Substitution N°4

Entrée en matière par l'article de Pierre Ponant qui correspond à ce que j'en aurais dit si...

« Traitement et Substitution N° 4 est une œuvre d'art inclassable. Un parcours initiatique au coeur du psyché-X où se côtoient pornographie "soft" et celle, plus "hard", qui s'étale quotidiennement dans notre environnement médiatique. "Cut-up" hallucinogène d'images détournées, "Traitement de Substitution N°4" est un film où s'étire notre perception visuelle. Un glissement progressif vers le plaisir. Une hormone cérébrale de substitution à la télévision élaborée par un fabricateur d'images, Kiki. Expérimentation de savant fou ou manifeste d'inquisiteur de paysage audiovisuel, le doute subsiste. Kiki dit de la télé : "C'est un outil génocidaire de temps humain, de pensées et de passions humaines ... Il faudrait organiser un tribunal de Nuremberg des responsables audiovisuels". Artiste des médias ou indéfinissable travailleur de l'art, Kiki est passé maître dans l'art de la provocation. »

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Fidèle d'un regard Moderne depuis quelques années, j'ai souvent été conviée dans l'univers coloré, lucide et pratiquant du langage vérité de Kiki Picasso (et de Loulou Picasso et les autres auteurs d’un Regard Moderne).
Substitution n°4 est une pilule contraceptive contre le regard abusé, désabusé et/soumis face à une télévision (ici, dénoncée, mais ailleurs dans le travail de Kiki, c'est la presse aussi) voyoute, populiste, collabo (?).
Le film Substitution n°4 débute comme une montée de trip (justement), des images d'archives américaines qui montrent les résultats "scientifiques" d'essais cliniques du LsD sur des GI's. La torpeur et l'anéantissement mental dans lequel ils sont plongés restera la métaphore ou le "symbole" vivant de ce que Kiki va nous faire exploser au visage.
Le montage vidéo veut que nous n'ayons qu'une vision filtrée (comme derrière un de ces filtres de Photoshop ou lorsque qu'on a des gouttes troublantes dans les yeux pour tester notre acuité), un calque obstrue la vision directe, alors c'est au tour de notre conscient relatif, l'avant inconscient de déterminer ce que nous apercevons et entendons (montage sonore identique à une sono de Free Party, sons hardcore et platines rayées).
L’alternance entre des discours politiques tronqués et des images de films pornos amène le spectateur (voyeur ?) à mélanger ses désirs avec ses besoins.
Que reste t-il de notre choc, qu’il soit politique, social ou affectif ?
Areski répondrait à Fontaine : c’est normal.

Tout est normal dans l’œil du téléspectateur contemporain… deux programmes consécutifs peuvent s’assimiler tant qu’ils sont ludiques : un programme pour enfants où ils sont entraînés à faire la guerre puis une séance érotique où deux femmes sous la douche riant comme des enfants jouent avec un Gode se ressemblent finalement.

La multitude des corps, des actions futiles et dérisoires (puisqu'il faut bien juger à un moment), liées aux images atroces acidulées, recolorisées, infatilisantes, certaines de ces images collées les unes aux autres rappellent les collages des Surréalistes ou les fresques monumentales de Gilbert et George. L'intimité et la pudeur sont réduites à néant. Les jeux romains du sexe, de la peur et de la gue(gue)rre passés sous le crible de prismes occulaires, de kaléïdoscopes infernaux, c'est un "blind date" avec l'horreur quotidienne.
Nous, humains, petits objets plastiques colorés de chair passive, Lego(s) animés de peu de foi, notre euphorie consommatrice, notre transe occidentale, tout se confond derrière la mire hallucinogène, et il n'y a plus de fin des programmes.

Sous la télécommande universelle, les journalistes nous annoncent que "la tendance est à la surenchère", les collectionneurs d'Art(s) nous le répètent (les artistes le savent bien, si leur art est révolutionnaire, j'achète".
La télé est une pute, et nous sommes tous des maquereaux...

Substitution n'est pas à "regarder" le dimanche matin, mais bien un vendredi soir, avant Star Academy et/ou l'érotiKa chic show de M6, Substitution n°4 se substitue à la mémoire collective et impose une règle qui en détruit tant d'autres: NE PAS CROIRE CE QUE L'ON NOUS IMPOSE!

En bonus sur le DVD, en vrac (après Substitution n°4, tout devient vrac) et en favori: Cartoon Gégé avalé par a télé tombé dans un univers niais et abrutissant du palais des bruits donnant sur une route genre maisons en bonbons et sucreries de Hansel & Gretel, aidé par Grand Canard WC, il replonge de l'autre côté de la télé et se retrouve de nouveau dans son fauteuil - Kim Shapiron (Kourtrajmé) et TTC s'amusent dans "Easy Pizza Rider" et d'autres surprises de débuts de carrière pour certains et d'avortements de vie artistique pour d'autres.

Traitement et Substitution N°4" Film de Kiki Picasso Bazooka Production - 2002 - 70' Quadrillage sonore : Laurent Hô, Usher, Charly Charriras, Kiki, Claude Arto, Rudy Muller, Sulphuric Saliva, Nguyen Lê, Atom Rhumba. Marquage et classification : Kiki Picasso - Habillage graphique : Kore Graphic, Denis Juhasz.
Le DVD de "Traitement et Substitution N°4" disponible en son 5.1 avec tous les bonus chez K-films : www.k-films.com




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