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Election Presidentielle 2007
Ecrit par yln, 01-11-2007 03:40


(Partie 2/4)

Les hommes de l’ombre

Dans le sillage des candidats à l’élection présidentielle, on peut apercevoir des hommes et des femmes. Ils ne sont pas élus, on les voient et les entends peu, pourtant nul ne peut gagner une élection sans eux. Ce sont les conseillers politiques, méconnus, fantasmés et pourtant si importants. C’est à eux que je vais consacrer cette deuxième chronique.

« Peu importe le talent de votre candidat, si il a de mauvais conseillers il n’a aucune chance. » Leon Panetta (Secrétaire général de la Maison Blanche* de Bill Clinton)

La politique de haut niveau n’est plus un jeu, c’est une affaire de professionnels. On pouvait autrefois faire de la politique en travaillant avec des amateurs talentueux. Ce n’est plus possible de nos jours, à moins de ne pas en faire pour être élu. C’est ce qui explique la place prise par les conseillers de toutes sortes, voire leur omnipotence quand ils sont engagés par des hommes politiques peu talentueux (la relation entre G. W. Bush et son principal conseiller Karl Rove en est l’exacte démonstration, le premier n’ayant jamais pu être élu ou que ce soit sans le second). Une décision locale à des effets internationaux et inversement. Un exemple simple, quand la bourse de Paris perd 1 point, cela signifie des centaines d’emplois supprimés dans les heures qui suivent. Chaque dossier à de nombreuses ramifications, et sa complexité le rend incompréhensible pour un novice.

Les campagnes électorales de l’importance des Présidentielles sont touchées par cette même complexité. Il faut maitriser toutes les variables, les comprendre, les analysés. Il y a les sondages, qui sont vus, revus, impitoyablement décortiqués. Il faut décider de quand l’on va lancer sa campagne, annoncé son programme. Choisir les lieux des meetings, quel lieu sera le mieux adapté à tel moment ou à tel situation. Savoir sur qui s’appuyer dans son parti, quels soutiens sont bénéfiques et lesquels peuvent vous faire perdre des votes. Il faut examiner la structure des votants, voir quelles catégories on peut toucher. Lesquels peuvent apporter le plus de poids. Il faut analyser la perception de ses positionnements, savoir si son message est perçu comme on le désire. Il faut trouver les slogans et les affiches qui marqueront les esprits. Les discours doivent toucher le public, le faire décoller. Il y a un engouement à mettre en place autour de sa candidature. Il faut savoir garder l’esprit clair, malgré la longueur et la difficulté de l’élection. Autant de raisons qui poussent les candidats à se doter d’équipes importantes, à l’image des deux principaux prétendants au poste de Chirac, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Les conseillers sont primordiaux. Car le rôle du conseiller est d’analyser au mieux un sujet pour que celui pour lequel il travaille est toutes les cartes en main au moment de prendre une décision. Il est celui qui mène le travail de recherche, d’analyse puis de synthèse. Il doit donner à son patron l’analyse la plus globale et la plus complète possible. C’est de ce travail dont dépend la qualité du choix qu’aura celui pour qui il travaille. D’où l’importance de bons conseillers, car si l’avis du conseiller est important, il ne doit jamais oublié de commencer par résumé la situation. Sans quoi son travail tomberait dans une subjectivité mal venue, car il manquerait un certain nombre d’éléments à son patron.

Les conseillers les plus proches sont très souvent membre de l’entourage de ceux pour qui ils travaillent. Une compréhension mutuelle, une complicité entre les individus est nécessaire pour faire du bon travail. Car ce sont eux qui coordonnent l’action du cabinet, qui le font avancer et en sont responsables. Le second cercle de conseillers est recruté par de nombreux biais. Ce sont des connaissances, des personnes avec qui l’on a déjà travaillé. Des spécialistes d’un domaine précis que l’on engage le temps d’une campagne. Car il existe deux types de conseillers. Il y a ceux qui suivent un leader politique, qui vont travailler avec lui sur le long terme, qui ont avec lui un lien affectif et une même vision de la politique. Il y a également le conseiller free-lance, un spécialiste d’un domaine qui travaille pour qui veut l’engager. Il n’est pas là car il croit en vous, mais parce que vous le payez pour gagner. On a d’ailleurs généralement besoin des seconds quand les premiers ne suffisent pas ou ne sont pas assez qualifiés pour tout prendre en charge.

Il reste beaucoup à dire sur les conseillers, mais j’espère que ce texte vous aura permis de découvrir ou de redécouvrir ces hommes et ces femmes qui oeuvrent pour la politique sans être dans la lumière. Ceux sans qui la politique de haut niveau ne pourrait exister. Je terminerais en disant qu’il est impossible de faire un portrait type d’un conseiller, car on n’obtient pas de diplôme de conseiller, on le devient.

* = plus haut poste à la Maison Blanche après celui du Président, il dirige les conseillers et est le bras droit du Président.




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