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Election Presidentielle 2007
Ecrit par yln, 01-11-2007 03:37


(Partie 1/4)

Dans désormais quatre mois auront lieu les élections présidentielles, et je me propose de vous offrir quelques chroniques lié à cet évènement. Je ne parlerai pas des candidats, mais des thèmes de la campagne, de ceux qu’on ne voit pas mais jouent un rôle important, des responsabilités, des enjeux. De tout ses à côtés qui peuvent se révéler instructifs.

Les médias traditionnels (télévision, radio et journaux) et le monde politique ont une relation particulière, forte et schizophrénique. Chacun à besoin de l’autre, mais doit garder ses distances, on est les meilleurs amis et les meilleurs ennemis du monde. Pour expliquer cette relation étrange, rentrons dans la tête d’un individu de chaque camp.

Je fais de la politique depuis 20 ans, je suis parvenu à me faire élire régulièrement, j’ai monté en grade au fil des années. Il y avait ses interviews pas toujours simples, mais rarement très
difficiles. Ses moments ou l’on regrette de ne pas parler davantage de fond, mais le veut on vraiment ? Les petits tuyaux pour avoir la cote auprès des journalistes, faire passer un message plus discrètement. Arrivé à un certain stade j’avais quelqu’un pour peser et évaluer chaque réaction médiatique à mes faits et gestes. Aucune phrase ou geste ne passe inaperçu, les erreurs se payent cher. Les joutes orales ne posaient pas de problème quand la situation était bonne, mais gare à l’instant où votre action n’est plus bien vue. Et puis il y la bourde, une connerie faite par mon gamin, ça me décrédibilise. Les amis deviennent rares, cela passe partout en continu, tous les services rendus sont oubliés, je fais de l’audimat. Je fais vendre. Je suis poussé à la démission. J’ai quelques années devant moi avant les prochaines élections, il va falloir que je monte une opération de com remettant l’opinion et les journalistes de mon côté. Ses salauds qui m’ont fait la peau mais sans lesquels je n’existe plus politiquement.

Cela fait dix ans que j’ai intégré le service politique de la chaîne ou je travaille. Aujourd’hui je couvre un déplacement d’un ministre en province venu vanté une loi et son travail. J’arrive sur place à la recherche de la petite phrase, qui enchantera mon patron, ça fait vendre. Avant le discours et la conférence de presse, je parle un peu avec son directeur de la communication. Il me confirme quelques indications et on parle ensuite de nos enfants respectifs. Une heure et demie plus tard je suis content de moi. Le ministre a utilisé la dose nécessaire de petites phrases et j’ai réussi à le faire critiqué l’action d’un de ses collègues avec une de mes questions. J’envoie une équipe à l’assemblée nationale pour avoir des commentaires. Lesquels sont parfait entre ceux qui s’indignent haut et fort et ceux qui soutiennent. Un coup de fil à une de mes sources haut placé pour avoir l’avis du Président. Je n’ai plus qu’a bouclé mon reportage. Une moitié sur le fond, pour étayer un peu ce que l’ont dit, explicité rapidement le sujet, il a déjà été expliqué ces derniers jours en long et en large. Puis j’intègre la partie « émotive », le ministre qui se sent trahi par son collègue, les réactions. Le journalisme politique a besoin de ses deux facettes, la deuxième permettant de vendre la première. J’aimerai parfois vivre dans un monde ou le fait a plus d’importances que l’anecdote, mais ce n’est pas ce qu’aime l’individu moyen. Et ce qu’il aime, nos patrons l’aiment toujours aussi, question d’audimat, question d’argent. « Changeons les gens, et les médias changeront » m’a dit un jour un ami. C’est vrai, le jour ou les gens aimeront autre chose, les médias devront suivre, encore et toujours l’audimat.

Les médias, les actions du monde politique, sont à notre image. Ils veulent nous plairent. Pour des raisons différentes, l’un a besoin d’argent pour continuer à exister, l’autre pour être élu. Cela peut entraîner des dérapages, quand l’objectif vous fait oublier pourquoi vous êtes là. En même temps c’est aussi ce qui vous motive. La situation n’est ni blanche ni noire, simplement grise. Je lis tous les jours mon journal, écoute la radio, vais sur le net, je tache seulement de prendre du recul, personne ne détient la Vérité, ni moi ni eux.

PS : Chaque individu est imaginaire, parfois un peu caricatural, mais c’est ce qui permet d’évoquer une palette importante de faits.




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