| Ecrit par Luphenz, 01-11-2007 03:04 |
Sur ce point, je ne fais plus de mystère... Je me suis introduit dans la maisonnée, attisé par l'absence de lumière. Depuis les ombres sont mes compagnes involontaires. Elles brûlent de manière désordonnée. Fugaces ou fidèles, il en ressort une oeuvre édifiante et ardente, soutenue par des virgules éprises. Installé dans une alcôve dorée, je dispense des traits évaporés et me livre au feu. L'incendiaire allume la logorrhée pour répondre au désert. Au dehors, je ne perçois que des éclats d'hémorragie, des musiques signées par les corps, de lents ballets contrariés. Alors, je me remémore lorsqu' il est arrivé... Le soupir aux lèvres, le port altier, charriant des troncs de désespoirs... je fus immédiatement charmé. Je n'allais pas tarder à rougir. Son cours chavira au bas de l'escalier. La flamme est un fleuve avorté. Il allait toutefois essuyer un brasier sévère ... et tout endurer avec la prière de se taire. J'ai su l'assécher puis l'étouffer. Il est mort comme un étranger... sans fleur ni cercueil. Gris dans son cendrier. Dans le clair- obscur, les draps se repaissent de la gifle des sorts. Un relent de défaite flotte encore dans les tentures. Il est plus d'heure. La fumée se lève... somnambule. Sur le sol s'éveille un temps transparent, une oeuvre déicide et indélicate. L'antre débute son refrain lancinant. Elle offre sa torpeur d'esthète et une gueule de bois... tranchée. Sur la droite, un flacon traîne sa mauvaise humeur à la faveur d'une cigarette. Au fond, une flaque de papier s'époumone sur des histoires qui bourgeonnent... La couleur bourbon ne saurait couler... Dans la chambre écarlate, les mots sont lie-de-vin, les cadavres... exquis. Le décor s'est relaché à l'orée de silhouettes muettes.
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