| Ecrit par yln, 27-11-2007 23:08 |
Les Cinq Cavaliers Il est tard, très tard dans le Paris endormi. Cinq cavaliers fendent l'asphalte à la vitesse du vent, à la poursuite d'une dangereuse mais honorable quête. C'est en quittant passablement alcoolisés l'immeuble qui nous avaient accueillis pour une fête que nous avons aperçus nos sauveurs. Les fières montures nous attendaient, elles qui allaient nous ramener au chaud. Cinq fringants vélib seuls dans la nuit pour cinq preux chevaliers. La fatigue conjuguée à l'alcool dans nos organismes compliquait cependant fortement notre ambition. Nous réussîmes, après moult péripéties à enfourcher les vélib. Certains d'entre nous tanguaient sur leurs vélos tandis que d'autres semblaient sur le point de s'endormir. Nous n'avions pas fière allure en cet instant. Enfin notre courageuse troupe parti à l'assaut de sa destinée. Le vent nous réveillait tandis que nous fendions l'air, ne restait plus que le souci des nombreux et imprévisibles zigzags dus à notre forte consommation d'alcool. Les dangers, plus inquiétants les uns que les autres, formaient autant d'obstacles dans notre homérique destinée. De temps à autre, surgissait de la nuit noire une voiture rugissante entrainant de violentes embardées pour quitter le milieu de la chaussée. Parfois, un trottoir vicieux émergeait et nous n'évitions la chute que par nos prompts réflexes. Nous tombâmes nez à nez avec un autre équipage arpentant la nuit aventureuse sur des vélibs. Nous nous saluâmes bruyamment, notre respect se portant immédiatement envers ces autres courageux. Il nous fallait cependant prendre garde que tout occupé à notre salut nous ne nous percutions pas. Et notre chevauchée fantastique continuait, contre vents et marées, fiers cavaliers prêt à tous les risques et à toutes les menaces pour mener à bien notre quête. Soudainement, au loin, la brume laissait émerger notre graal, superbe bâtiment haussmannien pour lequel nous avions bravé la mort et la décadence. Dans un ultime élan nous nous élancions vers la victoire, fonçant à toute allure, plus rien ne pouvant stopper notre intrépide escadron. Abandonnant nos valeureux destriers, nous entrons, montons les marches quatre à quatre, franchissons l'ultime porte. Et satisfait de notre épique mission nous partons nous coucher, nous partons rêver de donjons et de dragons, de preux chevaliers et de demoiselles en détresse...
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