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Écrit par oR.hal & MOON
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19-05-2010
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Demians - Mute Juin 2010 Inside Out Music / EMI MusicDeux ans après un très remarqué Building An Empire, Demians remet le couvert. Deux années chargées, où le groupe a navigué aux côtés de grands noms, tels que Oceansize, Jonathan Davis, Ministry, Porcupine Tree et Anathema. Demians a fait voyager sa musique à travers l'Europe. La formation a évolué, soufflé, respiré, pour un travail de décantation méticuleux. Mute sort le 28 juin, et annonce une nouvelle ère pour Demians. Plus brut, moins fragile, dévoilant ses influences tout en affirmant son propre son, recherché et intelligent. Nicolas Chapel, nous offre donc un nouvel opus composé de 9 titres, 9 univers et autant d'explorations. Un vrai travail de dentellier, précis, brodé d'or et de perles. « Swing Of The Airwaves » ouvre la danse. Morceau massif et planant, l'ombre de Devin Townsend rode. « Feel Alive » suit, sans ambages. Les riffs sont percutants, alliés à une puissance et à une efficacité libératrices. Headbang assuré. Puis le frisson arrive tant la finesse de « Porcelain » et son son parfait poussent à l'évasion. Jusque dans le final, qui ne manquera pas de rappeler les très grandes heures de Oceansize. « Black Over Gold » casse le rythme. On se recentre au coeur d'une ballade toute en crescendo. Les cordes ramenées au premier plan, « Overhead » est une fresque gitane très proche de « Cemetery » de Silverchair, enlevée et inspirée. On saute d'une falaise pour s'envoler et planer. La chute est sans filet, on aimerait ne jamais atterrir. Et quand on touche le sol, « Tidal » nous fait reprendre la course. Demians crache un refrain catchy, surligné d'un chant habile, savant. Et la voilà, la masterpiece de l'album avec un diptyque : d'abord « Rainbow Ruse », mélange subtile de piano et de guitare acoustique. C'est l'uppercut, inévitable, incisif, évident. Et collé à sa suite, après son introduction chamanique, « Hesitation Waltz », poursuit sans interruption avec son rythme planant, sa mélodie envoutante, ses harmonies sublimes. La pression monte, et monte encore, avant la descente aux Enfers, la gueule de bois, le brouillard. On s'enfonce toujours plus loin dans l'abîme. Il fait noir lorsque « Falling From The Sun » vient nous cueillir. Le soleil se lève lentement, une trio de cordes, piano et chant clôture l'album. On ouvre les yeux pour s'éveiller en pleine aube. Les couleurs autour de nous ressemblent à celles de la naissance du Monde. Demians part dans une direction opposée, alors que le groupe aurait pu assurer ses arrières, comme tant le font, en réchauffant les recettes d'un premier succès. Mute est une prise de risque contrôlée, assumée et diablement réussie. Un album à ne pas manquer pour ceux qui aiment les mélodies travaillées, les triturages sonores, les caresses et les poings dans la gueule et sur les I. Le frisson de la brûlure... En tout cela, cet album est une merveille. Attendons de voir la transposition sur scène. On va être patient, même si on n'attend plus que ça, pour goûter à cette nouvelle dimension d'un groupe qui, déjà, nous a amené très très loin. Loin à l'intérieur de soi. A l'instar du livre Demian de Herman Hesse qui donna son nom au groupe, l'aura qui entoure Demians emprunte à une fusion parfaite entre féminin et masculin. Le secret de l'équilibre sonore qu'on reçoit est une alchimie androgynique. C'est là. C'est impalpable, mais c'est là. C'est ce tour de magie improbable qui nous explose aux oreilles. En réalisant ça, on comprend vraiment la poésie de l'album. Mute est un doigt tendu vers un absolu, une recherche perpétuelle du Beau. Une balance entre sensibilité et force. www.demiansmusic.com |
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Écrit par Shinji
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01-03-2010
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Narrows - Interview Même si on pouvait d'abord avoir l'impression d'écouter un énième héritier de Botch, combo culte du mouvement hardcore qui s'est crashé en 2002, avec le premier album de Narrows sorti en mai 2009, on ne tardait pas à comprendre les nouvelles distances dont il était question dans son titre. Dave Verellen, feu chanteur de... Botch (bah oui) a accepté de répondre à quelques questions avant la venue prochaine du groupe en Europe, et une fois n'est plus coutume en France le 30 avril. Tout d'abord, merci d'avoir accepté de répondre à cette interview, Dave ! Alors, comment s'est passé ton retour dans la musique ? Cela m'a toujours manqué de ne plus faire partie d'un groupe, et quand Rob Moran m'a proposé de se joindre à lui, je n'ai pas pu refuser. Comment a commencé Narrows ? Peux-tu aussi nous présenter les musiciens du groupe ? Tout a donc commencé quand Rob (basse) [de Unbroken, Some Girls] m'a demandé de chanter à nouveau dans un groupe. Nous avons répété avec quelques personnes parmi lesquelles Sam (batterie) [Sam Storhers, de Makeout Boys] ; puis Jodie (guitare) [Jodie Cox, de Tropics] et Ryan (autre guitare) [Ryan Frederiksen, de These Arms Are Snakes, Nineironspitfire] nous ont rejoints et cela a donné NRWS. Es-tu satisfait de la façon dont votre album "New Distances" a été reçu ? Ouais, très satisfait ; je ne savais pas trop à quoi m'attendre et honnêtement je m'attendais à une réaction violente de la part des fans de Botch, mais je suis vraiment très content de l'album, et aussi que nous en ayons fait un tous ensemble et qu'il soit sorti. Sur votre site officiel, le groupe est plus présenté comme une sorte d'échappatoire qu'une formation à proprement parler ; cela veut-il dire qu'il ne faut pas s'attendre à du long terme ? Nous avons toujours dit que ça durerait tant que nous prendrions du plaisir à le faire. La majorité d'entre nous ont d'autres projets, un boulot ou/et une famille qui ne nous permettent pas de faire ça à temps plein. Sans compter le fait que Jodie réside au Royaume-Uni, Rob et Sam à San Diego, quand Ryan et moi sommes à Seattle. Selon toi, qu'est-ce qui fait la spécificité de Narrows comparé à vos anciens et/ou autres groupes ? Et bien, le groupe est unique dans le fait que nous ne nous connaissions pas tous les uns les autres, et que nous avons été réunis en tant que musiciens pour devenir des amis. C'est primordial pour moi que nous soyons tous à présent amis, sinon cela devient un job au lieu de rester du niveau du passionnel. Maintenant si cela ne te dérange pas, peux-tu nous dire ce qu'il s'est passé pour que Botch - et plus récemment These Arms Are Snakes - s'arrêtent ? Je ne peux pas m'exprimer sur les raisons pour lesquelles TAAS a stoppé sinon que je pense que d'autres projets ont dû prendre le dessus... ce qui est en gros similaire à pourquoi Botch a cessé. Comme pour NRWS, Botch était basé sur notre amitié, et quand les relations ont commencé à devenir tendues, nous avons su qu'il était temps d'arrêter les frais. Comme tu dois en être conscient, que penses-tu du statut culte qu'a acquis Botch ? C'est cool, je suis heureux que tant de gens aiment ce que nous avons fait. Es-tu toujours en bons termes avec Dave [Knudson], Brian [Cook] et Tim [Latona] ? Que penses-tu de Minus the Bear, Russian Circles, etc. ? (pour TAAS, je suppose que cela va de soi) Ouais, nous nous parlons toujours et il nous arrive parfois de traîner ensemble ; tous leurs groupes sont supers, et j'aimerais vraiment faire des split albums avec eux ! A présent que Narrows a donné des concerts aux USA, vous allez venir pour la première fois en Europe ; qu'est-ce que cela te fait d'être à nouveau sur scène et qu'attends-tu de cette tournée ? J'aime me retrouver sur scène, sans doute car c'est sympa de donner des concerts. Je ne sais pas trop comment ça se passera... il y aura sans doute de bonnes soirées, des mauvaises, et pleins de gamins qui gueuleront des titres de chansons de Botch. Enfin, peux-tu nous en dire plus sur le split EP avec le groupe Heiress ? Peut-on s'attendre d'ores et déjà à d'autres choses après la tournée ? Nous voulions faire ce split tout simplement parce que nous avions des chansons d'enregistrées et Heiress aussi, et comme nous aimons ces mecs cela allait donc de soi. Et oui, nous avons prévu d'enregistrer un autre album en fin d'année. Cela devrait arracher. www.deathwishinc.com/bands/105 |
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Écrit par Seth Gecko
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24-09-2009
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Pearl Jam - Backspacer Faites une liste des dits "gros groupes", j'entends par là les groupes capables de remplir des stades, de vendre des camion-bennes de disques (au passage bravo à l'exception culturelle française illustrée par la loi Hadopi II...) et dont les fans sont légions. On a donc une sorte de top ten qui va plus ou moins de Metallica à Depeche Mode en passant par les Red Hot, U2, ACDC, Radiohead, Pearl Jam. On garde le trio des engagés U2, Radiohead et Pearl Jam. On expulse U2 du podium pour son intégrité quelque peu polémique (Bono fait lutter contre la faim dans le monde mais est en procès avec le gouvernement irlandais à cause de ses impôts...). Il nous reste Radiohead et Pearl Jam, sans doute les deux groupes les plus emblématiques et influents des années 90. Deux groupes à la pointe du son, en première ligne de tous les combats: anti-Bush, alter-mondialiste, défendant la planète. Des gars biens. Pearl Jam vient de nous livrer son dernier album, le neuvième opus, dénommé Backspacer. Un album digne et fidèle héritier du son créé par la génération de Seattle des 90's. Backspacer est un album frontal, peut-être et sans doute moins inspiré ou habité que certains efforts précédents, mais qui fait un bien fou, qui a l'odeur d'un nettoyage de printemps. Gonna see my friend est un titre qui envoie, directement, un rock garage efficace qui n'est pas sans rappeler les Queens of the Stone Age. Tous les morceaux du nouvel album sont composés avec cet état d'esprit, qu'ils s'agissent de titres rock ou de balades. Backspacer est un album court (moins de 40 minutes) avec des morceaux oscillant entre les 2 minutes 30 et les 3 minutes et quelques. C'est bon d'écouter un groupe de cette taille ne pas se prendre la tête, calculer, tergiverser. Got some est dans cette ligne de mire. A la première écoute, on hoche la tête imperceptiblement puis plus franchement à la seconde écoute: Backspacer est un album aux titres accrocheurs, futurs créateurs d'ondes sismiques dans les fosses de concerts. The Fixer, troisième morceau, premier single, respire aussi la garage attitude avec son refrain en yeah yeah. Idem pour Johnny Guitar. Puis vient le cinquième morceau, épicentre calme et posé avec la voix veloutée de Vedder façon Betterman. Ce répit s'appelle... Just Breathe. Amongst the waves et Unthought Known ne nous feront pas chevaucher les murs de son du début de l'album mais même si le rythme décroit, on se laisse porter par le maître de cérémonie. Nouveau coup d'accélérateur avec Supersonic et les poils de se redresser. Speed of Sound puis Force of nature concluent, une ballade et un dernier gros riff. Merci les gars et à très vite! |
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Karma to Burn - Interview |
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Écrit par Shinji
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03-07-2009
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Karma to Burn - Interview Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de voir sur scène une légende du stoner, j'ai nommé Karma to Burn. Après une reformation surprise (en même temps, en ce moment on a l'impression que tous les groupes anciennement splittés se reforment), une série de concerts s'est mise en place en Europe, la France n'ayant pour une fois pas été ignorée. C'est à cette occasion que le très sympathique bassiste Rich Mullins a volontiers accepté de répondre à quelques questions. Alors, comment s'est déroulée cette tournée de retrouvailles ? Cela s'est bien passé. L'accueil a été très chaleureux, au-delà de nos espérances, ce qui est toujours agréable. Karma to Burn a commencé comme groupe instrumental et en est toujours un, mais Jason Jarosz a fait partie du groupe pendant un moment à cause d'un contrat à vos débuts ; peux-tu nous dire quelques mots sur cette période ? Nous sommes passés par pas mal de trucs quand nous étions un jeune groupe. Nous pensions que nous étions vraiment intéressants et attirants au niveau instrumental, mais beaucoup de personnes autour de nous continuaient à nous sortir qu'il nous manquait un chanteur. Et Roadrunner a bloqué notre album jusqu'à ce que nous ayions ajouté du chant ; nous avions le choix entre ça ou ne jamais le sortir, donc nous avons dû obéir. Jason était et est toujours un grand artiste et ami. Il n'avait jamais chanté auparavant, et il s'est lancé à fond dans l'expérience. C'était vraiment un truc du genre "On verra bien ce que ça donnera." Les années Roadrunner ont-elles été si négatives pour vous qu'on l'a dit ? Là encore, c'était très déroutant de sans arrêt recevoir des signaux très différents. A un moment tu es un super groupe de scène, et à l'instant d'après tu ne réussiras jamais sans chant. Nous avions juste besoin de prendre du recul, et de comprendre que le succès n'est pas matériel. La vraie réussite s'obtient par-delà le temps et spirituellement. Que s'est-il passé quelques années plus tard pour que le groupe s'arrête après deux albums supplémentaires ? Les drogues ; beaucoup de drogues, et de problèmes liés à celles-ci. Vous n'avez jamais nié cet aspect dans le groupe. Quelle aide et/ou obstacle cela vous a-t-il apporté ? Est-ce toujours le cas ? C'était un très gros obstacle, de la taille d'un gorille. Nous l'avons surmonté au point d'être à nouveau un groupe en état de marche, et nous avons un exemple concret de ce que nous ne voulons plus être. En conséquence, mais aussi par votre son et les personnes que vous avez connues, vous êtes considérés en général comme un groupe stoner. On peut même dire que vous avez acquis depuis un statut culte. Quel est votre avis sur le sujet, et comment considérez-vous ce style de musique ? Nous composons à notre façon, et nous trouvons que personne ne sonne vraiment comme nous. J'entends beaucoup plus chez nous d'influences provenant d'AC/DC, de Soundgarden, des Butthole Surfers ou de Black Flag que de la droite lignée de Black Sabbath à laquelle nos contemporains sont si souvent rapprochés. Et qu'est-ce qui vous a décidé à relancer Karma to Burn ? Quand et comment cela est-ce arrivé ? Will et moi-même, nous nous sommes enfin reparlés au bout de sept années. Nos amis en commun y sont pour beaucoup. Qu'avez-vous tous fait entre deux ? Nous étions dans d'autres groupes. Vous avez de nouveaux morceaux, et un nouvel album serait en bonne voie ; peux-tu nous en dire plus sur le futur du groupe maintenant qu'il revit ? Avant tout, faire un nouvel album ; nous espérons une sortie pour avril 2010. Et nous allons faire un vrai clip, le premier de notre carrière, avec à la réalisation Matt Maiellaro de la série animée "Aqua Teen Hunger Force". Toujours pas de chanteur en vue après avoir joué dans d'autres groupes où il y en a un ? Vous avez essayé mais cela a échoué (comme avec John Garcia de feu Kyuss, maintenant dans Hermano) ; avez-vous définitivement laissé tomber cette éventualité ? Je ne dirais pas que nous avons échoué, car nous sommes plus forts musicalement. Nous pourrions être un groupe avec un chanteur, il nous faudrait juste composer différemment. Mais il y a moins de liberté musicale quand un chant interfère, et celui-ci ne fait pas le poids face à la puissance de la musique, car la voix humaine trahira toujours les émotions intérieures des chanteurs, ce qui est une faiblesse. La musique instrumentale est plus proche des yeux d'un requin, là ça ne plaisante plus. Quand j'entends un chanteur, j'entends souvent les aspects psychologiques qui trahissent ce qu'il cherche à véhiculer ; nous ne rencontrons pas ce problème en tant que trio instrumental. Actuellement, il y a beaucoup de groupes instrumentaux dans le rock et le métal. Que pensez-vous de cela ? Est-ce que vous en aimez certains en particulier ? J'aime bien Oxes ; ils ont tout compris. Merci ; un dernier mot ? "Static focal point, project strength." (là, j'ai pas compris) |
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Marilyn Manson - The High End of Low |
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Écrit par Seth Gecko
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02-07-2009
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Marilyn Manson - The High End of Low Je ne sais pas si Manson laissera quoique ce soit à la postérité tant en matière de musique que d'entertainment. Je ne sais pas si on écoutera encore sa musique dans dix ou vingt ans, si l'on idolâtrera ad vidam eternam. Ce dont je suis sûr, c'est qu'il est l'artiste le plus animal depuis Iggy Pop et Bowie. Animal au sens de caméléon, de reptile, de singe et de fauve. Comme Bowie, il a décidé d'incarner à ses risques et périls tous les visages du rock, tenter toutes les expériences, oser le grotesque et le difforme pour accaparer acclamations mais aussi critiques et railleries. Manson, sous la couverture du show et du grand-guignol, est un personnage qui torture la sacro sainte Amérique, qui la regarde droit dans les yeux avant de lui jeter à la gueule tous les vices dont elle est la matrice. Que l'on aime ou pas le personnage et sa musique, il faut bien comprendre qu'un Manson est un mal nécessaire, surtout à l'heure du bien-pensant et du tout lisse. Manson n'est pas qu'un provocateur de super-marché. Il pousse l'ambiguïté suffisamment loin pour déranger, offusquer et troubler. Il n'est pas l'animal bestial d'Antichrist, il est davantage le clown malsain dont on ne sait s'il nous fait rire ou nous effraie. Le nouvel album de Manson respire l'urgence. L'urgence de revenir à un son viscéral, simple et accrocheur car l'artiste s'est égaré par des associations douteuses, des mariages peoples et des tentatives de mise en scène et de peinture. Quoi de mieux qu'un retour aux sources pour purger son âme. Manson retrouve Jeordie, lui même redevenu Twiggy. Les deux hommes sont comme deux frères, comme deux amants qui se retrouveraient après différences expériences. Et Marilyn Manson, le groupe, de redevenir moins electro plus rock, moins trituré, plus épuré. L'opus 2009 est la première pierre d'un nouvel édifice. Un nouvel âge commence pour Manson. Manson réchauffe (Leave a scar), chevauche le grand Ouest (Four rusted horses), bascule dans les 80's (Arma-goddamn-motherfukin-geddon) et croone (Running To The Edge Of The World). On a l'impression de reprendre les choses là où on les avait laissé avec Mechanical Animals. Non, The High End of Low n'est pas le meilleur album de Manson. Mais il a déjà le mérite d'être du Manson. Et c'est déjà pas mal. |
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