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Écrit par Milady Renoir
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02-11-2007
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La Place Du Singe Je n'aimais pas Christine Angot. Lui, oui, énormément. Je l'ai accompagné, à ce spectacle, sans vouloir gérer son trouble de fan averti et mon à priori, je suis donc là presque vierge, en somme. L'heure débute. Angot, la brune rigide, arrive au centre d'une scène symbole de la nation française, drapée dans son style égocentré, émotionnel, cruel et embourbée dans ses convictions traditionnelles familiales. Je le savais, on va avoir droit à du Angot. Quand elle ouvre la bouche pour sourire, on croit à une contraction musculaire, du genre, névralgie cervico-brachiale (NCB), mais non, les yeux envoient le message du sourire, à moins que ce ne soit des appels au secours, personne ne sait. Heureusement, à côté de Christine, il y a Mathilde, comme dans une chanson passionnelle du grand Jacques. Quand Mathilde Monnier ouvre ses grands bras, c'est l'envergure du grand albatros qui vole au dessus de vous. Elle voit son amie Christine, elle vole à son secours, là, avec ses grands gestes, Christine rimera, c'est sûr. Mathilde a du charisme jusqu'au bout de seins (qu'elle a sublimes d'ailleurs). Grâce aux mathildes de sa vie, Christine a su déchirer le drapeau-convention, l'adage-travail-patrie de sa tierce partie, la famille. Christine finit par tendre son long bras longiligne, fébrile et touche le bout de Mathilde, l'allumée. Alors Mathilde, rit, saute, embrasse le micro, fait l'amour au public. Christine envoie les choses balader, elle vadrouille entre contrainte et liberté pendant 25 ans, puis un jour, une blonde Mathilde, chimère de ses fantasmes, lui donne le rythme du sang. Aux quatre coins de l'hexagone-scène, Christine tape sur la table et Mathilde danse sur cette même table. Elles vrillent nos regards puisqu'elles bougent en sens contraire mais elles sont bien deux, là, nues ou arides, vides ou sinueuses. Après les crachats de Christine (contre tout et le reste), les pitreries de Mathilde, on en vient à trouver une cohérence logique d'abord, oui, la confrontation des deux extrêmes, puis arrive l'inflation du connaître plutôt que le paraître, ces deux femmes nous racontent leurs histoires sur deux tonalités qui ne se parasitent finalement pas, puisqu'elles sont finalement toutes deux dans le désir, dans l'ambition de se préoccuper de leur bien-être, même si cela passe par casser quelques chevilles ou poignets. Je n'aimais pas Christine Angot, n'avais lu qu'entre des lignes, les passages de son corps d'écriture, travestis par les yeux de mon compagnon exalté devant cette femme. Sortis du théâtre du Bozar, après quelques revirements de situation, je crois que j'ai vu en Christine Angot, la cible parfaite pour le fantasme de l'écrivain et du lecteur, elle donne en dévalisant, elle rejette en aimant, elle abandonne en endiguant, elle devient, malgré elle peut-être, le personnage dont on aimerait tout connaître, contre son gré peut-être. Elle implique le voyeurisme qu'elle dénonce, elle attise la curiosité dont elle se défend, Christine Angot réunit les statuts d'écrivain et de personnage. Et la place du singe est celle qu'elle nous donne dignement, en se moquant de nous. Je n'aimais pas Christine Angot, mais je la comprends un peu mieux aujourd'hui, que je sois à la place du singe, ou pas. Mathilde Monnier a créé en 1984 la Compagnie de Hexe, et en mêlant son approche psychologie et danse, elle consacre de nombreuses pièces aux personnes atteintes d'autisme et à différentes actions avec l'Afrique. Avec Christine Angot, elle réalise: arrêtez-arrêtons-arrête en 1997 et depuis 2005, tourne en Europe avec La place du singe. Elle est aujourd'hui, directrice du Centre Chorégraphique National de Laguedoc-Roussillon. Pour Christine, faisons simple et concis: ici. Site consacré à l'auteur: ici. |
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Die Entfermung - The Detachment |
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Écrit par Milady Renoir
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02-11-2007
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Die Entfermung - The Detachment Sophie Calle a visité la RDA (nouvelle section Est pauvre de l'Allemagne) et ses lieux qui ont été débarrassés des symboles historiques communistes. Elle a demandé aux passants et aux riverains de décrire les objets qui occupaient autrefois ces endroits aujourd'hui vides. Elle a photographié l'absence, remplacé les monuments manquants par l'évocation de leur souvenir. "Die Entfernung – The Detachment" (traduit: L'Eloignement en français) est le titre de son installation au centre culturel flamand, De Markten à Bruxelles au sein de l'exposition "Art au Bundestag Allemand - Kunst & Politiek" aux côtés de Jörg Herold et Jens Liebchen, desquels travaux je ne désire pas plus mentionner vu que je n'ai pas été frappée par leur adéquation au thème. Bref, Sophie Calle, la grande, réalise un concept dans lequel elle met en lumière et documente la façon dont est traitée l'histoire dans le Berlin réunifié, tout en soulevant des questions fondamentales de notre existence, par exemple, de quelle façon et dans quelle mesure nous nous souvenons et comment la mémoire et le sentiment de sa propre identité se conditionnent mutuellement, et ceci, à partir de bribes de témoignages, tirés de la bouche du passant lambda. Sophie Calle aime la confrontation du grand et du petit pour traverser les questions de l'identité. Elle-même de retour à Paris après un périple de plusieurs années à l'étranger, elle se voit d'abord confrontée à la nécessité de se familiariser de nouveau avec une ville qui lui est devenue étrangère. Sa réappropriation d'un univers autrefois familier alimente sans cesse son travail, jusqu'à devenir une obsession voyeuriste quand elle prend un inconnu en filature à travers la ville, trace son itinéraire, appareil photo et journal de bord en main et construit alors de "documents" des histoires du quotidien à Paris en suspens entre réalité et fiction. Ce revirement perpétuel entre documentation réaliste et construction fictive caractérise encore et depuis, sa pulsion de la création de la dimension personnelle. Ici, l'installation procède d'une approche similaire: le vide sur la photo, figurant l'endroit où le monument était autrefois érigé ou l'emblème d'Etat de la RDA était accroché au frontispice du Palais de la République par exemple, ne peut pas être comblé par les souvenirs des passants. Leurs déclarations sont parfois contradictoires, laissant le lecteur dans l'incertitude de la volonté première du témoignage, jusqu'à ce que l'on se demande si les descriptions fournies par les passants portent vraiment sur un seul et même monument, dans le souvenir, le monument "s'éloigne". Parallèlement, des textes très émotionnels illustrent dans quelle mesure la chose disparue est encore présente dans la conscience des habitants. L'imbrication complexe entre la perception de la réalité et le mélange de l'historique et du présent. "Die Entfernung – The Detachment" est une œuvre riche en enseignement, en émotion sur les histoires "germano-allemandes" et leur projection dans le présent, elle délimite complètement les intentions soutenues par une exposition qui se nomme Art et Politique. Site de l'espace malheureusement uniquement en néerlandais: Ici. Mais expo en 3 langues jusqu'au 24 avril 2007. Plus d'infos sur ici. Extrait: Colombe de la Paix (Nikolaiviertel - Quartier St-Nicolas) Colombe de la Paix © DBT "Il y avait une inscription. Je ne me rappelle pas exactement ce qui était écrit pourtant je suis passé souvent par ici. Mais je suis sûr que ce n’était en aucun cas quelque chose de sensé." - "C’était une grande colombe, un peu à la façon de "Picasso", portant cette branche dans son bec, elle avait à peu près la taille d’un étage, mais je ne suis jamais monté dessus pour aller vérifier" - "Bon, ce n’était pas en porcelaine, mais dans une matière qui ressemble à ça. Cela devait être quelque chose de très précieux. Une colombe de la paix c’est toujours blanc, alors forcément la colombe de la paix était blanche. Probablement cela devait-il exprimer une attitude fondamentalement positive. Des choses profondes comme cela produisent souvent un effet beaucoup plus fort" ... "La devise BERLIN, VILLE DE LA PAIX était un vœu expressément formulé par le Président du Conseil d’Etat de la RDA, choisi par lui en personne, par Erich Honecker. Pour moi cette inscription relevait du cynisme. La paix régnait en RDA, mais c’était une paix de cimetière. Je trouve dommage qu’on l’ait enlevée car on aurait pu thématiser ce propos" En 1996, plusieurs passants décrivent de mémoire le mur de cette bâtisse du Nikolaiviertel de Berlin, sur lequel on pouvait voir une colombe de la paix au temps du régime de la RDA (à gauche photo documentaire, à droite état en 1996, au-dessous le livre de Sophie Calle). Page de couverture: Buste de Lénine devant l’ancienne ambassade d’URSS à Berlin, dissimulé sous un coffrage de bois; le buste a été retiré entre-temps. |
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Écrit par Milady Renoir
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02-11-2007
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Festival Passa Porta Du 19 au 22 avril, la première édition du Festival Passa Porta multiplie les rencontres avec des écrivains belges et étrangers. Quatre jours entièrement consacrés à la littérature. Quatre jours de fete! Jeudi 19 avril, Antonio Munoz Molina, invité d’honneur, ouvre le festival lors d’une soirée à Passa Porta. Vendredi soir, le 20, tempo jazz pour la littérature autour de Billie Holiday au Kaaitheater. Samedi 21 avril, cinéma et écriture se me?leront intimement pour des projections commentées au Bozar. Et le dimanche 22 avril, dans un formidable bouquet final, le centre de Bruxelles s’animera et proposera plus de cent activités, des plus sages aux plus extravagantes. Courez lire! Ainsi, à l’image de la littérature, le Festival Passa Porta vous invite au dépaysement et à la curiosité. Bruxelles, capitale de la Belgique et de l’Europe, s’impose aussi comme capitale des langues. Véritable Babel : les langues se côtoient dans la ville et vivent ensemble de fac?on naturelle. Mondialement connue pour ses institutions et centres d’économie européens et internationaux, Bruxelles est aussi une ville de culture et possède tous les atouts pour devenir une ville mondiale des lettres. De cette déclaration d’intention et d’expériences précédentes – Rendez-vous littéraire en 2003, Grand Hôtel Europe en 2005, mais aussi les dix années de Het Groot Beschrijf – est né le nouveau Festival Passa Porta. Et au milieu des activités du Festival du dimanche 22 avril, CourezLire, voici 7 petites notes de musique jouées par votre dévouée. 1. De l'autre côté de l'écran - Atelier ludique d'écriture créative, à partir de chefs d'oeuvre du grand écran - Pour passer de l'autre côté de l'écran: entrez dans une salle obscure avec une lampe de poche, un papier et un stylo. Vous avez alors 25 min pour réécrire les dialogues ou le script des films Un chien andalou (L. Buñuel & S. Dali) et Repetition Compulsion (J. et V. Louvière)... Moteur ! Silence ! Écrivez ! 2. De l'autre côté de Bruxelles, c'est encore Brussel - Rencontre ludique en Brusseleir et autres langues très vivantes - Georges Lebouc, Marcel Deschrijver et Bob De Backer se réunissent au Greenwich autour de nombreux complices : auteurs, chanteurs, politiciens, Zinneke... L'occasion d'un dialogue autour de la place du Brusseleir dans le Bruxelles d'aujourd'hui. Et le public est invité à jouer avec ! 3. De l'autre côté de la perception - Lectures psychédéliques dans l'antre de la sape pop - C'est chez Bernard Gavilan qu'Édith Soonckindt interprète un Best of Pop: des textes psychédéliques, écrits sous influence(s), sortis d'époques où les portes de la perception s'ouvraient sur un autre monde. Ambiance minimaliste ou hallucinogène selon la météo. Avec l'exceptionnelle participation du maître du sitar, Bert Cornélis. 4. De l'autre côté de La Télévision - Performance autour de livre "j'habite dans la télévision" de et par Chloé Delaume – Installée dans une vitrine rue des Chartreux, Chloé Delaume - devenue, le temps de l'écriture d'un livre, « sentinelle » de la télévision, ingurgitant le maximum de programmes publicitaires et de divertissements - livre son expérience et ses « propos télé-rapportés », accompagnée de sons ravageurs de sa création. 5. De l'autre côté de l'image de soi - Rencontre avec des auteurs de récits de l'intime, atelier et dédicaces - Les dessinateurs Aude Picault, Xavier Löwenthal, Loïc Néhou, Fabrice Neaud, Xavier Mussat, Placid, Edmond Baudoin et les écrivains Toni Santocono, Daniel Adam échangent leurs points de vue sur le témoignage de l'intime. Rendez-vous suivi d'un atelier à 16h et d'une séance de dédicace à 17h45 à la librairie Brüsel. 6. De l'autre côté de la lecture - De la nécessité de sortir le texte du livre: points de vues d'écrivains - Les impressions à chaud de Chloé Delaume, Laurence Vielle, Vincent Tholomé, David Giannoni, Damien Spleeters et Théophile de Giraud à propos des performances autour du livre, dont les fameuses « vitrines de la rue des Chartreux » du Festival Passa Porta. Rencontre animée par Laurence De Greef, libraire, passionnée de la littérature jeunesse, amie des fées. 7. De l'autre côté du son - Atelier d'écriture à partir d'un concert performance - Écrire « dans » un concert post-punk et une installation vidéo, c'est ce que proposent le collectif Fugues et le groupe Object au spect-acteur! Une expérience unique d'écoute active et d'écriture créative à partir de tout ce que ce voyage des sens aura évoqué de plus intime... Et si avec ça, vous croyez encore que Paris est le centre des arts, vous n'avez qu'à écrire votre vie, genre "mémoires d'un vieux réfractaire" aux éditions du Néant. Courez Lire! www.passaporta.be |
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Écrit par Seth Gecko
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02-11-2007
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La Pêche Depuis des temps immémoriaux, l'homme pêche. Parfois par bêtise, parfois à la ligne. Des hommes des cavernes jusqu'aux hommes en Gucci, l'homme a toujours savouré les instants de grande branlette. Quel bonheur que de ne rien faire, les couilles à l'air au bord de l'eau. Oisif par nature, l'homme a petit à petit transformé ce qui était d'abord une nécessité. La pêche a été élevé au rang d'art. Kronenbourg en est la muse. La pêche est devenue lieu de beuverie, de tartine aux rillettes à 9h du matin, d'hommes en coma éthilyque tombés à la mer. Chez Eclipshead, nous avons également succombé à la tentation et nous avons encore nos raies empétrés dans nos filets... ce qui explique que, ce mois-ci, la section Diversions du magazine laisse quelque peu à désirer mais bon, avril est le mois du poisson donc vous nous excuserez... |
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Écrit par oR.hal
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02-11-2007
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Battuta Tout de bois vétu, le théâtre Zingaro, à Aubervilliers (banlieue parisienne), nous plonge dans un ailleurs équestre. On y entre curieux de ce qu'on va bien pouvoir découvrir. C'est un lieu chaleureux, mystérieux, l'ambiance qui s'en dégage est intimiste. On a l'impression d'entrer dans le coeur de notre hôte ou dans son rêve. Bartabas est un centaure. Voilà plus de 20 ans qu'il nous fait galoper à travers le monde au fil de ses spectacles équestres. Chacune de ses mises en scène est accompagnée de couleurs et de musiques propres à une culture, à une ethnie, à un peuple. Avec Battuta, il a décidé de nous emporter dans l'univers tzigane, de ses fêtes, de sa fierté, de son mouvement perpétuel. Au centre du cirque, coule une chute d'eau circulaire perpétuelle. Les chevaux sont autour, calmes et élégants. Une roulotte attend l'heure du départ. Et tout se met en branle. Se faisant face, de part et d'autre du cercle de terre, deux formations musicales rythment les joutes cavalières : les fanfares Shukar de Moldavie et Taraf de Transylvanie. A gauche les cordes, à droite les cuivres et les percussions. Des cavaliers bruns, aux costumes élégants bien que légèrement élimés, vont de prouesses en voltiges incroyables. Dans leurs yeux, la force et la joie crient et leur dextérité éblouit. Plusieurs seynètes cocasses, enlevées et colorées ponctuent l'histoire d'un mariage, visiblement difficile à réaliser. Un dresseur d'ours tente de faire grimper son animal sur le dos d'un cheval, des jeunes hommes s'affrontent pour le regard d'une belle, tandis que la mariée continue sa marche pour retrouver celui qui l'attend. Elle traverse la piste en un galop cadencé, retenu, sa traine soulevée de terre par des grappes de balons gonflés à l'hélium. Le cheval est au centre de ce concentré de vie tzigane. Le dynamiste enjoué des cavaliers participe à la générosité qui transpire de cette fresque stupéfiante. Plein de sourire, de vitesse, de fraicheur, de poésie et d'exotisme, on sort de cette représentation unique comme si on rentrait de voyage. On était parti en roulotte vers une aventure inédite, comme seuls Bartabas et ses chevaux pouvaient nous en conter une. |
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