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Demians | Mute - Nouvel album - 28 06 10

Editorial N°017
Écrit par oR.hal - 31-10-2007
On entre dans une période capitale. Les convictions et les promesses sont scandées, haut et fort. Les affrontements se lisent à droite, à gauche, au centre et aux extrémités. Les gens commencent à geler sur place, le regard inquiet. Ils se demandent quel futur proche les croquera. Impossible d'échapper à ce climat angoissant. On croise toujours les mêmes visages à la télévision. On entend les mêmes voix à la radio. Les conversations tournent au débat. Des poings se hissent vers le ciel quand d'autres retombent sur la table, provoquant des mini-séismes d'idées. Il est difficile d'être léger, de faire fi du grondement général. Savez-vous que la consommation décroît avant chaque élection présidentielle? Le public attend, se suspend, s'enferme. Les respirations sont haletantes.


Malgré cela, Eclipshead s'élève pour faire entendre autre chose. L'art ne s'arrête pas. Jamais. La culture fait résistance. Les activistes musicaux, cinéphiles, littéraires et graphiques ne cessent pas le mouvement. Ils s'appliquent à soutenir leurs différences, leur moteur. Ils se refusent à l'immobilisme. Ils chassent les peurs. Ils nous poussent à la vie, en hurlant des univers, des échapatoires. Ils nous ouvrent des possibles, des chemins de traverse.
Ce mois-ci, retrouvez trois interviews en Musique, dont Team Sleep pour l'international et Gregg Anthe (Morthem Vlade Art) pour le national. Mais aussi des nouvelles de Type O Negative ou des électrons libres de 30 second to Mars. Pour le grand écran, prenez-en plein les mirettes avec Blood Diamond ou La Colline a des yeux. La rubrique Lecture vous propulsera plus que jamais dans l'univers du Comics. Supers Hommes, sauvez-nous. Une vraie plongée en immersion. Les Diversions vous embarqueront dans des mondes uniques, où la fantaisie des auteurs vous égareront, espérons-le.


Nous approchons de temps épineux. Plus ancrés que jamais dans la réalité, n'oubliez pas de rêver. De votre aptitude à l'évasion vous viendra la liberté.
 
Editorial N°016
Écrit par oR.hal - 31-10-2007
Me voilà bien embétée. Je reviens d'un concert, que je souhaitais chroniquer pour vous. Je pourrai le faire en fait. Je pourrai broder quelque chose. Mais je choisis d'ouvrir l'Eclipshead de ce mois-ci par un coup de sang.

Je suis bien placée dans la très petite salle. Je me suis faufillée pour pouvoir voir le groupe et vivre un excellent moment de musique. Il fait vraiment trop chaud, mais ça devrait aller. Bon. Ca commence. Premier morceau. Génial. L'ambiance est posée. Le son pas trop mauvais. Des gens discutent, j'entends un "ça ressemble à Evanescence, j'aime bien". Je m'offusque un peu parce que ça n'a rien à voir avec Evanescence, mais alors rien du tout! Passons. Le second titre débute et c'est alors que deux stéréotypes d'emmerdeurs avinés, titubant et beuglant poussent tout le monde pour se placer juste devant moi. Bien. Je respire un grand coup. Ils vont se calmer. Ils ne se calment pas. Ils parlent fort et j'entends leur conversation sur les petits seins de la chanteuse. Malheureusement, leurs voix portent tellement qu'elle les entend. J'ai honte pour eux. Les gens autour de ces deux grands cons trentenaires sont atterrés. De petits "chuuut" timides se font entendre. Ils continuent comme ça durant deux morceaux de plus. Je sens que je vais m'énerver sévère. J'essaie de me contenir mais ça monte malgré moi. Je suis pleine d'un sentiment d'horreur contre l'humanité. Ce bon moment que je devais passer est piétiné au sol par deux sacs à merde bourrés de testistérone et de connerie. Trois solutions s'imposent à moi : leur tapoter sur l'épaule et leur intimer le silence, du haut de mon mètre soixante trois. Tenter de suivre le concert en les ignorant le plus possible. Ou sortir de la salle et rentrer chez moi. La première idée me semble bonne. Avec un peu de chance je serai soutenue par une ou deux personnes autour de moi... Je les coupe donc dans leur haute discussion et je leur demande textuellement de fermer leur putain de gueule parce qu'ils commencent à vraiment me casser les couilles (il fallait que je leur crache un peu de virilité pour être comprise et pour me défouler un peu aussi). Ils restent un peu interdits et décident de me railler doucement pour voir si je suis vraiment sérieuse. Alors que je vais en remettre une deuxième couche, quatre personnes se mettent à les sermoner avec autorité, leur criant qu'ils n'ont qu'à sortir, que ça suffit, qu'ils nous laissent écouter la musique, par pitié. Bonheur. Ils se regardent et se figent comme des statues. Deux merdeux attrapés. Toujours est-il que le concert est gaché. Pas possible de se replonger dans la musique. Juste envie de leur fracasser la tête à coup d'extincteur. Je ne conçois pas qu'on puisse être aussi irrespectueux, aussi ridiculement bête, aussi minable. Et il y a tellement d'énergumènes à leur instar. Pas moyen d'avoir la paix totale en concert, au cinéma, dans la rue, dans les transports en communs. Il faut toujours être confronté à la bêtise sonnante et trébuchante de nos "semblables". Je suis certaine que vous savez bien de quoi je parle. Vous avez été confronté à ça et vous le serez encore. Quelle tristesse. J'avais tellement besoin de ce beau moment de musique et d'émotion. Je crache à la gueule des cons.

Mesdames et Messieurs, bonjour! L'Eclipshead nouveau vous souhaite la bienvenue!
 
 


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