| Ecrit par Winter, 03-11-2007 03:09 |
Black Panther Blaxploitation made in Marvel. Le comics est sans doute le média où les minorités sont les plus mal représentées. Le fait que la majorité des créateurs US soit constituée de bons mâles wasp n'y est certainement pas pour rien. Un personnage black surnage pourtant dans ce marasme par sa classe et sa bad-ass attitude, c'est la Panthère Noire. Apparu en en juillet 1966 dans les pages de Fantastic Four #52 sous la plume toujours inspirée de Stan "The Man" Lee et le crayon toujours affûté de Jack "King" Kirby, Black Panther n'est pas le premier personnage noir de la Marvel. Il y a déjà eu des afro-américains (Joe Robertson le rédac'chef du Daily Bugle dans les séries Spiderman) mais T'challa est le premier héros africain de la Maison des Idées. Roi du royaume africain du Wakanda, isolé mais très avancé du point de vue technologique et riche en ressources minières, T'challa est aussi dépositaire du culte de la Panthère. On est loin des personnages noirs habituels : celui-ci est chef d'état doublé d'un génie scientifique ! Si les pouvoirs de Black Panther sont modestes en comparaison d'autres super-héros (super-agilité, sens de félin, capacités athlétiques hors-normes), T'challa se distingue par un sens de l'honneur élevé et une noblesse morale exceptionnelle. Hélas les différents auteurs ne vont pas réellement savoir que faire du personnage. Il hérite brièvement de courtes séries comme personnage principal (Jungle Action de 1973 à 1976, puis Black Panther de 1977 à 1979) mais se distingue surtout comme un second couteau dans les rangs des Avengers. De plus Marvel a peur d'être associé au mouvement politique du même nom et va jusqu'à renommer son personnage en Pantherman ou Black Léopard. Rien de bien glorieux jusqu'à 1998 (32 ans après !) et la reparution d'un nouvel série consacré. Cette fois, l'auteur est l'excellent Christopher Priest (alias Jil Owsley. Afro-américain lui-même, il a compris qu'il faut cesser de faire agir Black Panther comme le sidekick de Captain America et le ramener à ses racines africaines. T'challa est roi d'une nation guerrière animiste, pas parlementaire à l'Assemblée Nationale. 62 numéros durant Priest entraîne notre félin de choc quasiment sous les traits Samuel Jackson de Brooklyn au Kenya. Combats chocs et novateurs, intrigues politiques, personnages secondaires blancs hilarant (ça change) et même le diable sont au programme. La Panthère élargit sacrément son champ d'actions pour des aventures succulentes, explosives et extrêmement bien construites. Le premier arc (véritable hommage à Tarentino avec une narration décousue et l'autoradio du narrateur crachant Jungle Boogie à fond dans New-York) est l'un des meilleurs de la série, redéfinissant le personnage de fond en comble. T'challa y fait montre d'un caractère parfois violent, retors et manipulateur mais toujours juste. Le travail de Priest est à ce point remarquable que Black Panther est apparu en guest dans nombres d'autres comics comme une référence incontournable. Au point que la Marvel s'apprête à le marier sous peu avec son autre personnage noire la plus célèbre : l'exquise Storm des X-Men, excusez du peu. L'excellente saga de Christopher Priest est disponible en français dans le magazine Marvel Knights (du numéro 1 au 13) puis dans les pavés de la collection Marvel Monster (du numéro 14 au 49). La nouvelle série scénarisée par Reginald Hudlin amenant au mariage est en cours de parution dans la collection 100%. L'ensemble est paru chez Marvel France.
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