| Ecrit par Winter, 05-11-2007 00:30 |
Claude Seignolle Non, les grands noms de l’épouvante et de l’horreur ne sont pas tous anglo-saxons. Il est des hommes dans la littérature francophone pour tenir le rang. Claude Seignolle, aux côtés du belge Jean Ray, est de ceux-là. Claude Seignolle est le maître du surnaturel campagnard. Né en 1917, il se prend rapidement de passion pour le patrimoine préhistorique et rural. Sous l’égide de l’illustre Arnold Van Gennep, Seignolle entreprend de collecter les histoires et contes ruraux afin de préserver un héritage transmis oralement et menacé de disparition. De 1937 à 1969, il publie plusieurs volumes collectant les traditions orales de Provence, Languedoc, Berry, Sologne entre autres. Cette masse de connaissance va devenir un terreau fertile pour l’imagination de Claude Seignolle qui, en parallèle à ce travail de collecte, se met à publier dès 1945 ses propres récits surnaturels avec « Le Rond des Sorcier ». Au total, 70 contes et nouvelles ainsi que 8 romans. Citons parmi les plus fameux : Marie La Louve (1946), La Malvenue (1948), Le Gâloup (1960), La Huche (1965), Comme une odeur de loup (1966). La plupart de ces textes ont en commun leur environnement rural. Tous puisent dans ces histoires racontées par les anciens devant l’âtre flamboyant tandis qu’au dehors les arbres ploient sous les tempêtes de l’automne, produisant des ombres et des bruits dont on est bien certain qu’ils ne sont rien tant qu’on est à l’abri à l’intérieur du foyer. Mais si l’on devait se hasarder dehors… Explorant le folklore campagnard Seignolle réanime loups-garous, diables, sorciers, meneurs de loups, guérisseurs et malédictions pour nous faire frissonner de plaisir. Ceux qui ont vécu leur enfance à la campagne, comme votre serviteur, retrouveront sans peine dans les écrits de Seignolle cette terreur délicieuse qui vous tenaillait quand vous deviez passer devant ce sombre bosquet ou cet arbre foudroyé le soir venu pour rentrer chez vous. Et si l’épouvante est toujours présente, l’horreur n’est jamais loin. On n’est certes pas chez Clive Barker mais tous n’est pas non plus suggéré (on pensera à la nouvelle La Huche). A côté de cette œuvre folklorique et fantastique, Claude Seignolle a aussi publié quelques récits autobiographiques du plus grand intérêt. Citons Les Loups Verts à propos de sa déportation et Une Enfance Sorcière contant sa jeunesse. L’œuvre fantastique de Claude Seignolle, très dispersé d’un point de vue éditoriale, a fort heureusement été rassemblé en intégralité dans deux tomes intitulés Les Malédictions disponibles aux éditions Phebus. Je ne saurais trop conseiller la consultation de la partie qui lui consacré sur Heresie.com pour une meilleure approche de cet immense auteur qu’est Claude Seignolle. On l’a parfois comparé à Poe. Je ne saurais dire mieux.
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