| Ecrit par Seth Gecko, 25-01-2008 01:07 |
Dune Je me suis attaqué à Howard et son Conan. Passons désormais à Herbert et Dune. Je vous préviens que j'arrèterais là et que je ne ferais pas d'article sur l'autre troisième géant de la littérature SF-Fantasy, à savoir l'ami H.P au risque de devoir pondre dans ces pages quelque chose qui ressemblerait vaguement à une thèse. Déja pour Dune, ça va pas être évident de faire court... Commençons par le commencement: le stylo plume a été inventé en l'an de grâce... Non, en fait, on va peut être pas remonter aussi loin... Que dire? Par où commencer? Parlons juste du premier tome du cycle de Dune car la suite devient quasi biblique et donc impossible à résumer ou décrypter en moins de 400 pages tant les rebondissements, intrigues se croisent. Dune, c'est un peu le Guerre et Paix de la SF. Tome 1 donc. Herbert, au moment, de démarrer son Dune, choisit de situer son histoire dans un univers désertique, s'inspirant par la même occasion des aventures de Lawrence d'Arabie et de la culture arabo-islamique. Publié en 1965, Dune est l'oeuvre phare de la SF. Herbert redistribue les cartes du genre et donne à la science-fiction un aspect plus politisé, abordant par la même occasion le toujours très épineux thème des religions. Un grand auteur de SF étant toujours et d'abord un grand visionnaire, Herbert place l'écologie au coeur du cycle de Dune. Avec intelligence, il distille tout au long de son oeuvre un grand message d'espoir, sorte d'enseignement pour des générations de lecteurs. Tentons brièvement de résumer le fil rouge de l'histoire. Nous sommes en 10191, le Brésil vient de remporter sa 7993ème coupe du monde de foot, Shaddam IV règne avec fermeté sur l'ensemble de l'univers connu. Le règne de l'homme s'est étendu grâce à la découverte de l'Epice, puissant stimulant cérébral permettant de décupler les capacités psychiques, d'accroître la durée de vie, tout en guérissant diverses maladies. Et nul ne connaît son origine précise ni sa composition exacte. Le pouvoir de l'Epice semble être sans frontières. On ne trouve cette substance que sur la planète Arrakis, communément appelée Dune par ses habitants. Sur Dune, c'est l'eau qui est une denrée précieuse. Dune va petit à petit devenir le théâtre de luttes de pouvoir et de confrontations ethniques. Dès lors Dune s'étend sur plusieurs cycles et courent sur plusieurs centaines de pages. L'aventure n'est pas encore terminée car Herbert, à la façon d'un Lovecraft, a toujours encouragé la vampirisation de son oeuvre, incitant les plumes SF à poursuivre les aventures des principaux personnages. En 1975, l'immense Alejandro Jodorowsky, génie touche à tout, père de l'Incal, des Technopères, des Méta-barons ou de Bouncer, écrivain, essayiste, musicien, cinéaste, s'est attaché à adapter Dune en collaboration avec Orson Welles. Le projet avait de la gueule d'autant que Dali, Moebius ou H.R Giger occupaient les postes artistiques et que Pink Floyd devaient en assurer la bande sonore. Le projet n'a bien entendu jamais vu la jour (ça ce serait su, forcément) mais reste l'un des projets non-concrétisés les plus salivants de l'histoire du cinéma. C'est finalement David Lynch qui donnera vie à cet univers si visuel et évocateur en 1984. Il existe foule de montages et de versions du film et on ne verra probablement jamais ce que Lynch aurait souhaité montrer à l'écran. Le Dune de Lynch a été martyrisé par les producteurs, remonté. Il existe plusieurs "cut" du film. Attention de trouver la bonne. A l'écran comme en livre, Dune a tout d'une épopée. Herbert a écrit une oeuvre qui regroupe tant d'éléments, qui abordent tant de domaines et de matières que l'on a l'impression de lire un livre d'histoire sur des planètes lointaines et de découvrir leurs sciences, leur géopolitique. Avec Dune, la SF change de rang et rejoint la grande littérature.
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