| Ecrit par Winter, 18-03-2008 08:32 |
Un Chapeau de Ciel Par Terry Pratchett Enième opus de Terry Pratchett consacré au Disque Monde. Vu la teneur des dernières productions, il était légitime de se demander si Pratchett n’avait pas épuisé le filon. Procrastination ou Ronde de nuit m’avaient laissé un arrière-goût de revenez-y-pas. C’est que je suis un fan des mages, des sorcières, de Mémé, Nounou, la Mort. Même Rincevent, allez, je suis bon prince. Mais le guet, bon, ben, voilà, quoi, pas mon truc quoi. Heureusement, il y a cette collection parallèle, les romans du Disque Monde (notez la différence avec la collection principale : les annales du Disque Monde, les romans sont une collection destinée à la jeunesse initialement), des récits se déroulant dans le même cadre (le Disque Monde, vous l’aurez compris, j’en suis sûr) mais avec un je-ne-sais-quoi de différent, de plus frais, de pas pareil quoi. Après Le Fabuleux Maurice et Les Ch’Tits Homme Libres, voici donc Un Chapeau de Ciel qui constitue une sorte de suite du précédent (vous suivez ? parce que Maurice n’avait aucun rapport sauf que ça se passait aussi sur le Disque Monde) avec en premier rôle la toujours jeune (11 ans désormais) Tiphaine Patraque et en guest les inénarrables, ineffables, hilarants, désopilants, horripilants, attrendissants, attendrisseurs (à force de taper), chtits hommes libres aka les pictsies aka les Nac Mac Feegles, merci pour eux. Or, donc, Tiphaine commence son apprentissage de sorcière auprès de maîtresse Niveau, toujours surveillée de près par les Nac Mac Feegles, (sorte de croisement entre un schtroumpf et un lutin, particulièrement agressif, rigolard et portés sur la bouteille) qui se sont entichés de Tiphaine depuis le tome précédent. Si Tiphaine se demande s’il est bien sage que des petits hommes bleus passent leur temps à l’épier en permanence, on peut compter sur eux pour la sortir des mauvais pas. Car une étrange créature, un ruqueux, est sur les traces de Tiphaine. Un ruqueux, c’est un peu comme un babar-l’hermite (rien à voir avec Bernard ; enfin si pour la coquille mais c’est un éléphant à la peau fragile…euh, le babar je veux dire pas le ruqueux, bref …) mais plus méchant et invisible et on peut pas le tuer. Un ruqueux, c’est un esprit errant qui cherche un corps où s’incarner et celui de Tiphaine avec son énorme potentiel de sorcière ferait bien l’affaire. Drôle, frais, hilarant, ce roman est un bonheur. J’y ai retrouvé tout l’esprit des volumes consacrés aux sorcières (Trois soeurcières, Mécomptes de fées, Nobliaux et sorcières). Le récit abonde de petites trouvailles succulentes, comme Oswald, les jeunes sorcières, les fourbis. Mais surtout, surtout, il y a Mémé Ciredutemps (je ne vous spoile pas, c’est indiqué en quatrième de couverture), toujours un plaisir et les Nac Mac Feegles. Ces ch’tits hommes et leur langage à mi-chemin entre le ch’ti (c’est la mode) et le gallo sont absolument impayables. A tous ceux qui comme moi, commençaient à douter de Pratchett, jetez-vous sur ce bouquin, vous ne le regretterez pas. Au passage, félicitations d’usage aux éditions L’Atalante pour la qualité de l’objet et à Patrice Couton pour l’impeccable traduction (pléonasme). Se coltiner le parler pictsie en vo, faut le faire.
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