| Ecrit par Winter, 05-11-2007 00:41 |
Vurt de Jeff Noon « Il fait peu de doute à présent qu'une des découvertes les plus importantes du siècle dernier fut la possibilité d'enregistrer les rêves sur un support permettant de multiples lectures, une bande biomagnétique recouverte de Phantasme liquide. Cette libération de la psyché, dans la forme la plus avancée, fut bientôt connue sous le nom de Vurt. A travers les portes du Vurt, les gens pouvaient revisiter leurs propres rêves ou, plus dangereusement, visiter le rêve d'une autre personne, le rêve d'un étranger. » Le Vurt est le rêve. Ou la réalité. Ou la virtualité. Qu’importe à vrai dire. Le Vurt est le nouveau royaume des fantasmes, terrible voyage dans le trip. Nos drogues, nos rêves ne sont rien face au sublime du Vurt. Une plume au fond de la gorge et c’est un ailleurs qui s’ouvre à vous. Plume bleue, rose ou noire, légale ou non, vous pouvez tout vivre et vous en redemandez. Mais le Vurt n’est pas qu’un rêve, parfois les réalités se juxtaposent, s’interfacent et échangent. Gare à l’imprudent qui ose une plume trop forte pour lui. Gare aux bootlegs frelatés et gare aux jaunes. Exquises et létales plumes jaunes. Le trip ultime. Dans le jaune, on gagne ou on meurt. Parfois même, on y reste. La sœur de Scrible est restée dans une jaune. Alors depuis, Scrible et sa bande d’allumés, les Chevaliers du Speed, sont à la recherche d’une jaune, pour la refaire et en sortir la sœur de Scrible. Mais trouver une jaune n’est pas si simple et les Ombresflics guettent. De fourgues miteux en squats d’hommes-chiens, le chemin sera long pour Scrible. Vurt est un OLDI. Un Objet Littéraire Difficilement Identifiable. De part son thème, son ambiance : étrange, coupante, cotonneuse, ésotérique tout à la fois. De part sa construction et sa typographie même car mis au service de la narration Vurt ne fut écrit que pour permettre à un ami de Noon de lancer sa structure éditoriale. La réalité/le Vurt/le destin a/ont parfois de drôles de détour. Avant d’écrire Vurt, Jeff Noon écrivait des pièces de théâtre. Peut-être cela explique-t-il cette architecture si particulière. Chaque séquence (chapitre est impropre) est séparée de la suivante/précédente par une page d’un numéro de Maître Chat, le Vurtzine décrivant la plume mis en avant dans les pages qui ont précédées ou les règles de conduites qu’ils faut connaître dans le Vurt. Difficile de ne pas y voir une didascalie/recette de cuisine/menu des délices Vurt. Héritée du théâtre encore, la très grande place des dialogues. On pense à Gibson pour l’aspect cyberpunk de cet étrange Manchester située dans on ne sait trop quel espace-temps, avec sa société mutante composée d’hybride d’homme, d’ombres, de chiens, d’aliens Vurt, de robot dans toutes les variantes possibles. On pense encore à Strange Days pour le trip. On pense évidemment à Alice pour cet autre côté du miroir. Une filiation d’ailleurs clairement revendiquée par Noon. Edité une première fois par Flamarion en 1997, Vurt est désormais publié par les éditions La Volte. Ce même éditeur a enchaîné avec la publication de Pollen et devrait sortir en 2007 Pixel juice et Nymphomation du même Noon et se situant aussi dans le Vurt. Vous reprendrez bien une English Voodoo ?
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