Here Comes The Wind, Envelopes Sortie le 18 février 2008 chez Brille Records MySpace
Autant prévenir tout de suite : Envelopes est un scandale ! Alors que chez la plupart des esprits musicaux la recherche est au plus profond, à qui sera le plus lourd ou jouera le plus fort, ce groupe franco-suédois se permet sans annonce, pour son deuxième album (après l’excellent Demon, encore méconnu), de sortir une ode à la légèreté. Ceci, exécuté avec une désinvolture et une facilité provocante. Un scandale vous dis-je !
Mais à quoi ça ressemble, un scandale ? D’abord, à une joyeuse explosion de vie, célébrée par des musiciens libérés de toute frontière et des mélodies sucrées qui se reprennent à tue-tête ("I’d like to see you when I come back" / "I’d like to see you when I come back" / "I’d like to see you when I come again" / "oooohohoh"). Les voix masculines / féminines qui s’entremêlent, aux paroles naïvement ironiques, se font un malin plaisir à revendiquer, la fougue de leur jeunesse et le droit à n’importe quoi. Ensuite, à la convocation des anciens, Pixies en tête, qui frappe jusque dans certains riffs ou intonations avant d’éclater en confettis sous des arrangements toujours plus délurés. Touches à tout, Envelopes pousse le vice jusqu’au cocktail electro survitaminé le temps d’une chanson (Put On Hold). Il faut écouter Party ou Smoke In The Desert, Eating The Sand, Hide In The Grass (le meilleur morceau de l’album ?), pour se convaincre de la maturité du quatuor et de leur capacité à concocter un tube rock imparable à la rythmique on ne peut plus efficace. On n’échappera finalement même pas à la ballade adolescente à la voix innocente sur Boat, signe que le répertoire du groupe reste large et ouvert sur beaucoup de promesses pour l’avenir. Car c'est l'intelligence du groupe que d'expérimenter, de savoir jusqu'où aller, et d'apporter ce plus qui leur permet de se placer au-dessus du groupe lambda.
Here Comes The Wind est un véritable appel frais vers le large et le grand air ("The Beach is all I need" peut-on notamment entendre crier sur le fort à-propos Life On The Beach), réellement appréciable en ce retour des beaux jours. Fougueux et maîtrisé, il y a quelque chose de déroutant dans cette insouciance toute simple et assumée. Quelque chose qui fait qu’on revient sur cet album comme sur ce souvenir nostalgique où l’on avait oisivement le temps de se coucher sur l’herbe et de fermer les yeux.