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Envelopes - Here Comes The Wind
Ecrit par Chorizo (21-05-2008 09:13 - )


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Here Comes The Wind, Envelopes
Sortie le 18 février 2008 chez Brille Records
MySpace

Autant prévenir tout de suite : Envelopes est un scandale ! Alors que chez la plupart des esprits musicaux la recherche est au plus profond, à qui sera le plus lourd ou jouera le plus fort, ce groupe franco-suédois se permet sans annonce, pour son deuxième album (après l’excellent Demon, encore méconnu), de sortir une ode à la légèreté. Ceci, exécuté avec une désinvolture et une facilité provocante. Un scandale vous dis-je !

Mais à quoi ça ressemble, un scandale ? D’abord, à une joyeuse explosion de vie, célébrée par des musiciens libérés de toute frontière et des mélodies sucrées qui se reprennent à tue-tête ("I’d like to see you when I come back" / "I’d like to see you when I come back" / "I’d like to see you when I come again" / "oooohohoh"). Les voix masculines / féminines qui s’entremêlent, aux paroles naïvement ironiques, se font un malin plaisir à revendiquer, la fougue de leur jeunesse et le droit à n’importe quoi.
Ensuite, à la convocation des anciens, Pixies en tête, qui frappe jusque dans certains riffs ou intonations avant d’éclater en confettis sous des arrangements toujours plus délurés. Touches à tout, Envelopes pousse le vice jusqu’au cocktail electro survitaminé le temps d’une chanson (Put On Hold). Il faut écouter Party ou Smoke In The Desert, Eating The Sand, Hide In The Grass (le meilleur morceau de l’album ?), pour se convaincre de la maturité du quatuor et de leur capacité à concocter un tube rock imparable à la rythmique on ne peut plus efficace. On n’échappera finalement même pas à la ballade adolescente à la voix innocente sur Boat, signe que le répertoire du groupe reste large et ouvert sur beaucoup de promesses pour l’avenir. Car c'est l'intelligence du groupe que d'expérimenter, de savoir jusqu'où aller, et d'apporter ce plus qui leur permet de se placer au-dessus du groupe lambda.

Here Comes The Wind est un véritable appel frais vers le large et le grand air ("The Beach is all I need" peut-on notamment entendre crier sur le fort à-propos Life On The Beach), réellement appréciable en ce retour des beaux jours. Fougueux et maîtrisé, il y a quelque chose de déroutant dans cette insouciance toute simple et assumée. Quelque chose qui fait qu’on revient sur cet album comme sur ce souvenir nostalgique où l’on avait oisivement le temps de se coucher sur l’herbe et de fermer les yeux.


Tags : Envelopes


 
Trinacria - Travel Now Journey Infinitely
Ecrit par Winter (12-05-2008 13:11)


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Trinacria - Travel Now Journey Infinitely 

Trinacria, c’est d’abord la rencontre d’Ivar Bjørnson, guitariste d’Enslaved et des membres de Fe-mail, Maja S. K. Ratkje et Hild S. Tafjord, duo noise féminin issues elles-mêmes de SPUNK et participant à de nombreux side-projects. Formé d’abord pour quelques concert, dont une participation à l’édition 2007 de l’Inferno, leprojet se concrétise finalement avec la sortie d’un album : Travel Now, Journey Infinitely pour lequel Bjørnson a recruté ses comparses d’Enslaved, Grutle Kjellson (chant) et Arv Isdale (guitare). Espen Lien (basse) et Iver Sandøy (batterie) complètent le line-up.
Le moins que l’on puisse dire est que le mélange des genres et des univers a particulièrement bien pris. Si vous avez apprécié comme moi les dernières production d’Enslaved (disons depuis Isa), cet album est pour vous. On y retrouve le même esprit dans les compositions mêlant black métal et touches de progressif avec cette fois l’apport noise de Fe-mail. Les compositions sont toutes très longues (6 titres pour 50 minutes) et prennent leur temps pour instiller une ambiance oppressante, chaotique et lancinante, toujours au bord de la rupture. Les élément propres à Enslaved sont bien là mais transfigurés par des triturations électroniques, des vibrations étranges, des voies de femmes qui cherchent à vous entraîner plus loin encore dans les brumes de ce chaos musical. Une fois la machine lancée, on oublie la longueur des titres et on se laisse porter par un curieux mélange de brutalité (vocale surtout) et de bizarreries noises, ô combien éloignées des univers métal en temps normal.
Trinacria s’inscrit dans la droite lignée des derniers albums d’Enslaved mais réussit à merveille sa synthèse improbable. Préparez vous à embarquer dans un univers sombre et envoûtant, qui vous scotche à votre siège et vous laisse épuisé à l’issue de l’écoute, avec une seule envie : encore.

Myspace



Tags : Trinacria


 
We Made God - As We Sleep
Ecrit par Chorizo (07-05-2008 09:22)


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We Made God - As We Sleep
Sortie le 27 mars 2008 chez Kimi Records.
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A l’entrée de chaque nouvelle année, l’auditeur fait ses prévisions, attend ses albums, espère de gros noms. Histoire de se rassurer sur la qualité musicale des mois à venir. Puis, il y a toutes les autres sorties. Celles que l’on n’attend pas mais qui vous marquent à l’heure de faire les comptes. Celles qui vont mettre une touche d’intensité inattendue dans un calendrier depuis longtemps bouclé. We made God, nouvelle pépite venue d’Islande, est de celles-ci et livre au reste du monde un premier album maîtrisé de bout en bout, As We Sleep.

"Gizmo" débute comme une rêverie. Les premières notes s’égrènent, innocemment portées par une batterie planante et quelques chœurs lointains. Une ambiance quasi céleste, en trompe l’œil, cependant. Le morceau gagne en puissance, la clarté des guitares fait rapidement place à une douce et profonde saturation qui reste encore timide mais vient perturber l’équilibre qui s’était instauré. Vient alors le premier déchainement, comme une ébauche, dans la lignée des barons du genre (Isis en tête). Ce n’est visiblement pas assez. Cette première montée, efficace certes, a tout de la pièce post-rock classique et retombe dans les songes qui ont accompagné la mélodie initiale. Le morceau qui suit, "Bathwater", sans doute le meilleur de l’album, commence en urgence, le rythme se fait plus rapide, les chœurs clairs en écho se transforment rapidement en cris sauvages, les instruments jouent à pleine puissance. La double pédale fonctionne à plein, les guitares crachent, les deux voix s’entremêlent, faisant alors vaciller l’auditeur. Le point de rupture est à cet instant précis, à cette minute trente, présentant alors une toute autre facette de l’album qui oscillera constamment entre profondeur des instruments et bestialité des riffs.

As We Sleep marche sur un fil, partagé entre ses réverbérations chaleureuses et ses distorsions hargneuses pleines de colère, à l’image d’un chant qui se fait tour à tour plaintif, aérien puis rancunier et rageur. Impossible, sur certains passages, de ne pas penser au Leitmotif de Dredg (autre premier album étonnant de maturité soit dit en passant) dans la manière dont virevoltent les mélodies, montées éphémères, avant de retomber lourdement et renier cette fausse tranquillité sans craindre de s’enfoncer encore plus ; l’emballant final de "Sub Rosa" où les instruments, martyrisés, semblent condamnés à craquer en témoigne.

Malgré une production un peu faible à certains moments qui ne rend pas forcément toujours justice à l’intensité des morceaux et donne un peu trop l’impression d’étouffer le son, We Made God impressionne définitivement pour un premier album. La chanson cachée, entièrement instrumentale, qui clôture l’album, montre suffisamment de maîtrise pour rassurer quant au potentiel du groupe. En espérant que la confirmation arrive rapidement.


Tags : We Made God


 
Demians - Building an Empire
Ecrit par Shinji (03-05-2008 13:42)


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Demians - Building an Empire

Il est assez impressionnant de découvrir que derrière l'écriture, tous les instruments et la production de cet album ne se tient qu'un seul et même homme, le français Nicolas Chapel. La musique a des petits airs prog comme on peut en retrouver chez Porcupine Tree, mais cela tient surtout dans le fait que les huit chansons de "Building an Empire" prennent leur temps pour aller crescendo, et partagent aussi un mélange des genres oscillant entre pop-rock et métal. La comparaison s'arrête là, car même si Steven Wilson n'a pas été avare en éloges vis-à-vis de Demians - ce qui, vous l'accorderez, n'est déjà pas rien en soi -, chacun possède son propre univers et sa façon de nous le présenter.

Dans le cas de Demians, rares sont les premiers albums à afficher d'emblée une telle conviction et surtout une réelle maîtrise. Le morceau qui fait ici office d'ouverture à "Building an Empire", intitulé "The perfect Symmetry", est la parfaite illustration de ce qui attend l'auditeur : des sensations liées à des mélodies, toutes aussi nombreuses les unes que les autres. La voix peut quant à elle surprendre par son calme relatif tout au long de l'album, la musique exprimant somme toute davantage de changements "d'humeur". Mais cette douceur vocale en apparence n'en laisse pas moins place parfois à une certaine nervosité, jusqu'à faire preuve d'agressivité surtout lors de la dernière étape du voyage, quand commence le long final épique que constitue "Sand".

Même si le fort potentiel créatif au sein de Demians est perceptible dès la première écoute, "Building an Empire" est de ces albums dont il est nécessaire de s'imprégner plusieurs fois pour en découvrir et en apprécier la substantifique moëlle. Et d'ampleur il sera encore question lors des concerts, maintenant que l'oeuvre s'exprime sous la forme d'un groupe constitué et paré pour la scène.

 
Interview

22 avril 2008, 11h30 ; j'ai rendez-vous dans un hôtel parisien près de République pour interviewer Nicolas Chapel. Celui-ci est en pleine promotion de "Building an Empire", premier album de Demians, groupe que l'on pourrait situer comme un cousin français de Porcupine Tree. Cela tombe bien, Steven Wilson le soutient depuis qu'il a découvert les chansons du French guy. Mais ce soir, c'est le baptême du feu pour Nicolas et les compagnons qu'il a récemment regroupés pour l'accompagner sur scène, en première partie d'Oceansize.

Quelles sont les origines de Demians, dont tu es l'instigateur ?
L'origine de Demians est assez difficile à exprimer pour moi, parce que ça reviendrait à parler de mes origines personnelles. C'est vraiment moi que je mets en musique, c'est-à-dire mes émotions, ma façon de voir les choses, les questions que je me pose. Cela m'a toujours été naturel de m'exprimer plus en musique que par des mots, donc c'est venu tout seul. J'ai commencé la guitare très tôt, tout comme à écouter Peter Gabriel ; j'ai toujours baigné dedans. Et il y a des moments dans la vie où tu n'aimes pas ton boulot, ce que tu fais, tu ne te reconnais plus, et tu te poses des questions sur tes rêves de gosse, sur ce que tu avais alors envie de faire, et où tout ça est passé. Demians est né de ça, de la nécessité de se parler, de se retrouver.

Tout a démarré il me semble vers octobre 2001 ; cela a donc été une longue gestation...
Oui, les premières compositions datent de cette époque ; cela correspond à une période de ma vie très noire dont je sortais. Je n'ai pas forcément envie d'en parler... c'était une période de ras-le-bol dans laquelle je ne me reconnaissais pas. J'ai alors radicalement changé de style de vie, je me suis pris en main, je me suis installé dans une ville où personne ne me connaissait. J'ai toujours été très introverti, en retrait, à ne pas remettre les choses en question, et un jour je me suis repris tout ça dans la tronche. Dès les premières fois où je me suis assis avec ma guitare, ça a commencé à sortir, et toutes mes chansons sont venues comme de l'écriture automatique. J'ai commencé à composer, mais personne n'a écouté cette musique pendant 3 ou 4 ans. J'étais chez moi, je me racontais des choses qui me plaisaient ou pas, je me faisais parfois violence, j'allais dans toutes les directions. J'avais vraiment besoin de me raconter ces choses-là, d'arrêter de me voiler la face. J'ai tout enregistré, et ce n'est qu'au bout d'un moment que j'ai eu envie de le partager. Ce n'est qu'arrivé en 2005 que j'ai commencé à parler de carrière, de faire un album. La quasi totalité des chansons de l'album datent de 2002 ou 2003, mais je pensais qu'elles étaient toujours pertinentes.

Quel a été ton parcours musical avant cela ?
J'ai joué dans des groupes, surtout un en particulier. Mais j'étais seulement guitariste, je ne composais pas. Je n'ai jamais eu l'envie de devenir musicien professionnel, d'en faire un métier. J'ai pris une fois un cours de guitare, et cela m'a donné de bonnes raisons de continuer tout seul. Cela consistait à écouter un gars me dire ce que je n'avais pas le droit de faire ; je suis rentré chez moi, et j'ai fait l'inverse de ce qu'il m'avait dit...

En ce qui concerne l'album, c'est toi qui te trouve derrière chaque instrument, mais aussi la production... Etait-ce par désir de tout contrôler, ou y a-t-il eu une autre raison à cela ?
Il y énormément de raisons à cela, lesquelles convergent toujours vers le même point. Je vois ça comme un peintre qui utilise des couleurs, et différents peintres ne vont pas se partager des couleurs pour avoir une vision globale de la peinture. J'avais une idée tellement précise de ce que je voulais... J'avais en fait l'impression au début d'être un imposteur quand on parlait de moi en tant que compositeur ou auteur, parce que je ne suis pas quelqu'un qui s'assit et qui compose des chansons. Je peux marcher dans la rue et me prendre une chanson dans la figure ; je rentre alors chez moi, et je fais juste un travail de retranscription de ce qu'ai dans la tête. Je me concentre sur mes émotions et comment je vais les retranscrire. C'était plus naturel pour moi de me mettre derrière une batterie que je ne connaissais pas et de jouer des parties plutôt que de passer à temps à essayer d'expliquer à quelqu'un d'autre. Par exemple, cela aurait une insulte pour Mike [Mickaël Roponus], qui est un batteur extraordinaire et qui a un gros potentiel, de lui dire ce qu'il devait jouer précisément, alors que là il le fait dans l'optique de jouer en live. C'est quelqu'un, quand on s'est rencontré et qu'il a écouté les chansons, avec qui j'ai parlé de musique et pas d'instruments. Ce sont de gens comme ça dont j'avais besoin, tout comme de faire l'album avant pour pouvoir être convaincant, rencontrer des personnes et savoir pourquoi elles seraient là. J'ai déjà participé à des groupes, et il y a énormément de barrières dans la création, des critères qu'il faut prendre en compte, et je ne voulais pas de ça. Je n'avais ni musiciens, ni maison de disques, ni attente ; je ne voulais aucun parasite entre l'idée d'origine et sa concrétisation.

L'équilibre du personnage sur cette pochette, le titre de l'album : est-ce l'expression de la difficulté à construire quelque chose, à concrétiser une idée personnelle ?
C'est à la fois la difficulté de construire et de concrétiser quelque chose, mais aussi et surtout le fait de le faire. L'important n'est pas pour moi de réussir ; je préfère quelqu'un qui n'y arrive pas plutôt que quelqu'un qui n'essaye pas. Le titre de l'album - "construire un empire" - peut être pris comme quelque chose de prétentieux, mais pour moi cela signifie reconstruire même si on pense avoir tout perdu. Si les seules armes que j'ai, ce sont trois petites chaises comme sur la pochette, je vais aller le plus haut possible avec, et si je me casse la figure je recommencerai. C'est ce que ça décrit pour moi, mais cela a été avant tout inspiré par la réaction de ceux qui ont écouté l'album. A chaque fois que je le faisais écouter à une personne, celle-ci me parlait de ce qu'elle y voyait, mais aussi d'elle, de sa vie et de ses envies. Construire un empire, finalement ça peut-être vu comme aller trouver ces gens-là.

Je suppose que le nom de ton projet a un rapport avec le livre d'Hermann Hesse intitulé Demian...
Cela vient surtout du personnage principal de ce livre. Je l'ai lu quand j'étais petit, et il m'a marqué à ce moment-là. L'écriture très classique, très froide, me parlait beaucoup, et je m'identifiais aussi pas mal. Je n'ai pas eu du tout la même éducation, avec les notions de Bien en provenance de la religion, de l'école, et de Mal venant de l'extérieur, mais j'ai eu une personnalité similaire en ne remettant rien en question.

Le nom Demian est proche du mot grec "daïmon" signifiant le démon, la voix intérieure. La musique a-t-elle été pour toi un moyen de te "révolter" (au sens large) pour te trouver, comme c'est le cas dans les romans de Hesse ?
C'est bien la raison pour le choix de ce nom. Je ne voulais pas utiliser mon nom, parce que cela ne tourne pas autour de ma personne. Mes chansons m'ont parlé comme ce qu'entend le personnage du roman ; cela le travaille, et le pousse à remettre les choses en question. Une voix intérieure, peut-être, mais j'ai surtout l'impression avec mes chansons qu'il s'agit de vieux potes.

Musicalement et en ce qui concerne ton chant, l'album laisse place à des mélodies de grandes et belles ampleurs. Il y a aussi des moments plus agressifs, mais on sent comme une certaine retenue...
Je n'arrive pas à quantifier cela, parce que je chante comme ça vient. En réécoutant l'album avec du recul, c'est vrai que je ressens de la retenue, une certaine timidité parfois à dire les choses, ce qui correspond bien au moment où j'ai fait tout ça. On est dans les contrastes, dans l'emphase. L'album me semble cohérent dans son ensemble, mais chaque chanson possède son monde, son développement et son thème propres. Je rapproche cela d'événements de ma vie qui comme ça n'ont pas de lien entre eux, mais ont composé la personne que je suis aujourd'hui. J'aime le fait qu'il s'agisse d'un album qui parle de laisser partir, pas forcément d'oublier les choses, mais de se lâcher. Au niveau du chant, ce n'était pas réfléchi, cela ne provient pas d'une volonté d'être doux et de ne pas froisser les gens, mais d'une envie de jouer sur les contrastes.

Une fois prêt à partager ton œuvre, est-ce toi qui as contacté InsideOut ?
Cela s'est fait comme tout autour de l'album, c'est-à-dire spontanément, sincèrement et très naturellement. Le patron du label a entendu un titre sur Internet ; il s'agissait d'une démo de "Saphirre". J'étais encore en train de travailler sur l'album quand j'ai été contacté. J'avais encore besoin d'un peu de temps, puis j'ai envoyé le résultat. Quand nous nous sommes finalement rencontrés, nous avons passé la journée à parler musique ; ce n'est que lors de la dernière demi-heure que nous avons parlé business, promotion... Je leur ai dit à ce moment-là que j'étais content de l'album, mais qu'il ne me représentait plus totalement. Il avait été enregistré avec très peu de moyens, et après la rencontre avec le label, je leur ai dit que je pouvais encore aller de l'avant. J'ai pris du temps pour moi, j'ai composé "Sand" qui est la dernière des chansons. J'ai alors été complètement satisfait de l'album, j'en étais fier. On peut toujours faire sonner mieux, mettre plus de moyens, mais c'était cela que j'avais envie de présenter, je voulais tourner, me lancer et progresser.

L'avis enthousiaste de Steven Wilson vis-à-vis de Demians est un sacré coup de pouce, non ? Comment a-t-il découvert l'album ?
J'avais parlé à mon manager que Steven Wilson apprécie beaucoup Gojira dont il est aussi manager. Comme les deux groupes se sont retrouvés au même endroit, il en a profité pour lui donner l'album de Demians. Après le concert, il est allé dans le bus, et tout le monde était en train de l'écouter. Steven Wilson était emballé ! Cela fait plus de 10 ans que j'écoute Porcupine Tree et ses autres projets ; je le respecte beaucoup, même si je ne suis pas le fan ultime. Il m'inspire plus dans sa façon de faire : il fait ce qu'il veut, il mène sa carrière comme bon lui semble, avec les gens de son choix... Je le mettrais d'égal à égal avec des personnes comme Peter Gabriel ou Tool, qui ne doivent rien à personne. Rien n'est forcément réfléchi, mais tout est spontané, ou plutôt sincère. C'est en tout cas ce que je ressens dans leur démarche. Ils m'ont donné envie de faire comme eux, pas au niveau musical mais de faire ce que je voulais.

Les quelques chroniques de l'album que j'ai pu lire sont bonnes ; satisfait ?
Ce n'est pas que je n'y accorde pas une grande importance, mais en fait pas une grande attention. Pour moi, c'est important de se sentir soutenu par la presse, dans le fait que cela va aider le groupe dans sa manière de tourner, ça ouvre des portes. Mais ce qui m'intéresse vraiment, c'est l'opinion de ceux qui vont l'approcher et que je vais voir après lors de concerts.

Ce soir au Trabendo, est-ce le tout premier concert de Demians ?
Oui, et nous sommes super nerveux.

Les musiciens qui te convenaient pour t'accompagner sur scène ont-ils été difficiles à trouver ?
Cela a été une des périodes les plus difficiles de ma vie. Le doute est vraiment venu au moment où j'ai dû apprendre à déléguer, à trouver les bonnes personnes. Je me suis heurté au manque de motivation des gens. Quand on voit des mecs qui veulent soit-disant faire de la musique leur vie, et qui sont en retard de deux heures aux répétitions parce qu'ils étaient encore en train de dormir... Il y a eu énormément d'essais et j'ai fait énormément d'efforts, moi qui ne suis pas du tout expansif. Je partais du principe que les parties étaient enregistrées, et qu'ils pouvaient prendre leur temps pour se les approprier. Je me suis alors heurté à la morale : "Non, tu ne peux pas faire ça comme ça..." J'ai eu le même problème avec des ingénieurs du son, qui me disaient que telle ou telle chose n'était pas réalisable, comme par exemple d'enregistrer une session de cordes tout seul. Puis une grosse période de doute est venue après l'album, quand je l'ai senti s'éloigner. J'aurais dû passer à autre chose depuis longtemps, mais depuis que j'ai rencontré ceux qui font partie du groupe maintenant, cela m'a apporté de nouvelles perspectives.

Je suppose que d'autres concerts sont prévus pour bientôt ?
Oui, tout reste encore à faire. Nous allons tourner énormément, et dans un an le concert du Trabendo sera oublié. Nous avons vraiment envie de mûrir comme groupe.



Tags : Demians


 
BB Brunes - Blonde comme moi
Ecrit par Seth Gecko (01-05-2008 12:31)


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BB Brunes - Blonde comme moi 

Les franges sont de retour, les jeans slim aussi. Les bobos arborent désormais des vieux cuirs. Tokio Hotel enflamment les culottes Diddl. Qu'on le veuille ou non, bon gré, mal gré, le rock est de retour. Loin de moi l'idée de relancer des débats du style le rock est-il mort? Qu'est-ce que le rock? etc... Le rock est de retour. Point barre. Il a jamais disparu, à mes yeux, mais là il a retrouvé les premiers rangs: les barrières quoi, la tête collée aux amplis. Avec toutes les dérives et les conséquences que cela entraîne. A savoir effet de mode, fashion attitude, groupies collégiennes, kitsch. Le rock sort des sentiers battus. Le rock redevient populaire, pour la masse. Ce n'est pas pour me déplaire. Je préfère voir les gamines à des concerts de Tokio Hotel qu'à ceux, jadis, des World Aparts. Je regarde avec un oeil satisfait et protecteur les gosses autour de moins me parler d'AC-DC, de System of A Down, de Saxon, de Clapton... Ils engrangent des références, sont en phase de découvertes de tout. Comme moi, il y a plus de quinze ans. La relève est là en somme et ça fait plaisir. Le tektonik ne passera pas! "Quoi monsieur vous écoutez du métal??" (je bosse en collège)... Je leur parle de Tool, de Metallica, des Stones, de Radiohead, des Dandy... De nouvelles orientations. De nouveaux noms à découvrir, de nouveaux albums à acheter avec l'argent de poche du mois. Ils sont trop forts mes petits protégés: z'ont même joué à l'arrache au Printemps de Bourges devant un bar et ils sont en 5ème!

Le rock est bien là. BB Brunes aussi. BB Brunes, c'est frais comme une tartine de St Moret, du rock français comme Téléphone en faisait, accrocheur, entêtant, pas compliqué sans être simpliste. Comme Elmer Food Beat, les BB Brunes parlent de cul, de came. Forcément, ça parle à certains et ça excite les esprits vagabonds des plus jeunes. Comme ils sont beaux gosses et un brin rebel, on les a balancé à la Star Ac' alors forcément, les collégiennes ont suivi. Mais les BB ne sont pas un boys band en cuir. Niveau référence, on pioche quand même largement dans le punk déglingué franchouillard genre la Mano des débuts en passant par les Wampas jusqu'aux Cramps, aux Pistols (forcément), aux groupes en The... un peu tête à claques style les Strokes ou (feu) les Libertines. Avec un carton (Dis-moi) et en prenant chaque live comme s'il s'agissait du dernier, les BB Brunes, groupe découverte du mythique Gibus, sont en train de se tailler une sacrée réputation qu'il serait dommage de gangrener et de cantonner section Hit Machine-Star Ac. Les BB Brunes sont bien plus qu'un groupe pour pisseuses. Et quand bien même, ils le seraient, y'a pas de mal à ça: d'Elvis aux Beatles en passant par la Lorraine avec mes sabots jusqu'à Oasis et Gwar (ah non pas Gwar en fait...), les rockeux ont toujours suscité des réactions assez hystériques chez les jeunes demoiselles. Ne voyons donc pas le mal partout. Y'a suffisamment de trucs pourris sur le marché pour passer à côté des groupes sympas et bon enfant. Et puis ce qui est bien avec les BB, c'est que c'est quand même un peu de corrosion chez une major, un groupe qui arrive à cartonner dans les masses et la bourgeoisie en chantant "j'écoute les Cramps, tu te mets à genoux, comme une première fois...". On est pas dans la subversion absolue soit, mais je trouve le décalage sympa et vivifiant. Vivement la suite.



Tags : BB Brunes


 
 

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