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Jesu - Conqueror
Ecrit par Shinji, 10-11-2007 17:54


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Jesu - Conqueror

Justin Broadrick est avant tout connu pour être l'un des membres fondateurs du groupe anglais Godflesh, qui a sévi de 1988 à 2002. La raison pour laquelle ce groupe a marqué les esprits est qu'il s'agissait d'un précurseur du métal industriel ayant influencé des groupes tels que Ministry ou Fear Factory. L'aventure se terminera dans la douleur, laissant Broadrick en pleine dépression juste avant d'entamer une tournée américaine. Depuis, alors qu'il revient de temps à autre à Final, de l'électronique space initiée alors qu'il n'avait que 13 ans, et qu'un autre projet (Grey Machine) est en développement, le nouveau départ musical a porté le nom de Jesu, titre final sur Hymns, le dernier album de Godlflesh.

Si sur le premier EP de Jesu, Heart Ache (2004), tous les instruments étaient joués par Broadrick sur deux titres de 20 minutes chacun, sur les albums suivants, que ce soit le premier éponyme (2005), l'EP Silver (2006) ou Conqueror, on retrouve Diarmuid Dalton à la basse, un ami de longue date avec lequel Broadrick a joué avant même son passage éclair aux prémices de Napalm Death (il n'avait alors que 15 ans), et Ted Parsons (Swans, Prong) à la batterie, tous deux ayant fait partie à un moment ou à l'autre de Godflesh. Mais ces musiciens ont plus des rôles d'exécutants en quelque sorte, bien qu'ils aient la possibilité d'ajouter ou de remplacer des parties sur des compositions écrites seul.

L'univers musical de Jesu, ce sont des morceaux longs et lents, un son massif avec principalement une basse très lourde, des guitares qui grondent et saturent, des claviers vaporeux et des effets savamment distillés. Tout au plus quelques passages s'avèrent être des sommets de brutalité par rapport au reste. Certains éprouveront de l'ennui, voire craindront la déprime ; ce serait se laisser tromper par un faux minimalisme, qui révèle au contraire un ensemble très structuré. En fait, le froid apparent jusque dans les artworks (conçus par Aaron Turner d'Isis d'après des photographies prises par Broadrick) dissimule des images mentales que préfigurait la pochette d'Heart Ache (un cadre bucolique où les nuages sont percés par le soleil au-dessus d'un champ) : plus qu'une mélancolie, il s'agirait plutôt d'une invitation à l'introspection, à la fois sombre et lumineuse. Cela demande par là même d'accepter de s'abandonner, de ne pas résister à l'effet hypnotique de mélodies ténébreuses.

Depuis Silver, une approche moins plombée (somme toute relative) a cependant été abordée, prolongée sur Conqueror. Les morceaux sont toujours longs (on approche souvent les 10 minutes), la voix va parfois jusqu'à presque devenir lointaine, fantomatique, comme pour mieux se fondre. Derrière le mur sonore de Jesu, on sent désormais un aspect "shoegazing" popularisé par My Bloody Valentine, après s'être vêtu auparavant d'apparats cold wave. Imaginez Isis qui reprendrait lentement mais puissamment du The Cure, ou Mogwai qui s'abandonnerait au métal, et cela vous donne une idée des chants de cet étrange prophète.




Tags : Jesu
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