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My Own Private Alaska - Mopa
Ecrit par Chorizo, 05-12-2007 01:23


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My Own Private Alaska - Mopa

Toulouse bouge encore. Le sud de la France, et le sud-ouest en particulier, a souvent été critiqué pour son manque de dynamisme au niveau de sa scène rock et affiliés. Cette réputation est en train de s’effacer, non seulement par la tenue de concerts de plus en plus nombreux dans la région (citons, en vrac, Cult of Luna, Gravenhurst, Porcupine Tree, Envy très récemment et Pelican à venir fin novembre) mais également par l’émergence de groupes locaux dont l’écho se fait entendre par-delà la Garonne (Dans le sillage de la renommée de Psykup et Agora Fidelio, présentons par exemple I Pilot Daemon ou Sed non Satiata qui ont tous les deux fait leur preuves cette année et sur lesquels on dira du bien plus tard). Trio atypique, emmené par Matthieu Miègeville alias Milka, chanteur des deux premiers groupes toulousains cités dans cet article, My Own Private Alaska fait clairement partie des groupes pour lesquels on ose croire à un bel avenir.

Atypique? Par le nom, déjà, peut-être. Lointaine référence à l’esthétisme d’un Gus Van Sant qui aurait tourné au milieu du désert polaire? A voir. Par la forme que prend leur trio, sans doute : une batterie, une voix et un piano délivrant un screamo intensément froid et mélancolique. Par l’approche, donc, enfin, certainement originale. Loin des stéréotypes du genre (sentiments dégueulés sur une rythmique rapide aux guitares saturées), MOPA mise surtout sur la puissance émotionnelle du chant et des mélodies au piano, citant d’ailleurs Chopin comme référence. On n’est pas loin de se laisser convaincre tant le piano, qui pouvait laisser une sensation de vide au départ (désirée – la production a le mérite d’être froide au possible), écrase littéralement l’espace de sa mélancolie et se montre tour à tour étourdissant, écrasant et planant. Il gémit chaque note comme si c’était la dernière jusqu’à ce First Steps instrumental qui démontre, s’il en est encore besoin, la richesse de ses mélodies. On retrouve alors ces sensations qui prennent à la gorge et ce screamo qui fait ressortir ce qu’il y a de plus noir. L’approche, d’abord déstabilisante, captive.
Chaque murmure de batterie (discrète mais efficace), chaque mot compte également. La voix désespérée et sans concession fait constamment preuve de sa puissance et par là-même de sa sincérité. Kill me twice et son alternance de murmures et de hurlements peut faire en ce sens irrésistiblement penser à Envy. L’exercice n’est pourtant pas facile – la voix s’impose ici comme un instrument à part entière – mais l’émotion y est et passe jusqu’à faire froid dans le dos (I’m an Island).

Le risque se présente, désormais, d’avoir, en 6 chansons, épuisé le style et de ne pas se laisser beaucoup de marge de manœuvre pour se renouveler par la suite. Qu’importe, avec ce premier album éponyme, MOPA souffle un vent d’air glacial et rafraichissant sur le genre. Le voyage est assez original pour en valoir la peine, comme une manière de faire tomber les barrières.

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