| Ecrit par Seth Gecko, 02-06-2008 10:35 |
Nine Inch Nails - The SlipTrent Reznor is Nine Inch Nails. Et Nine Inch Nails is Trent Reznor. Juste Trent Reznor. Only Reznor, encore et toujours. Si, si j'insiste... un peu lourdement mais faut que ce soit bien clair pour tout le monde. Vous écoutez là-bas dans le fond? Hé toi, le goth à côté du radiateur, arrête de faire le clampin... tu ramasseras les papiers par terre à la fin de l'heure. Petit con, va. Qu'est-ce qui arrive à notre bon vieux Reznor, l'autiste qui triturait des sons cramoisis dans une vieille bicoque ayant appartenu à Charles Manson? Pourquoi, comment ce musicien perfectionniste, méticuleux, insatisfait est-il passé de perle rare à auteur productif? Reznor a pondu The Fragile avec la facilité que l'on peut avoir à s'extraire cent mètres de fil barbelé par le bout de la bite. Et le voilà quelques années plus tard qui nous balance With teeth, Year Zero, les Ghosts et maintenant The Slip en un battement de cils. Libre de tout contrat, artiste dorénavant indépendant, le Reznor du nouveau millénaire serait-il devenu soudainement plus ouvert, moins dur avec lui-même, plus facilement convaincu par son travail? Libéré des contraintes de l'industrie du disque, Reznor n'a plus aucune réticence, aucune barrière entre lui et son auditoire. Alors, il jette les morceaux, les uns à la suite des autres, dans la fosse aux lions constituée de fans purs et durs, souvent très durs qui attendent des nouveaux Downard ou Pretty Machine. Tout simplement parce que la maxime dit que c'était mieux avant. Reznor fait penser à un Manu Chao de l'electro-indus: il fait désormais ce qu'il veut ET surtout lorsqu'il le veut. C'est vrai que Reznor n'a pas attendu de ne plus être sous contrat pour faire ce qu'il veut, preuve en est le fait de sortir un double aussi peu abordable que The Fragile. Reznor s'érige désormais en auteur avant-gardiste du web, au même titre que Radiohead, les Dandy Warhols ou autres, à savoir de grands vendeurs de l'industrie devenus par valeur ou par la force des choses des Quichotte du son, des résistants. Alors voilà la grande question qui fait se branler beaucoup de monde: Reznor est-il devenu politique? Sa musique n'est-elle réduite désormais qu'au stade de mouvement de revendication? Art is resistance prônait-on à la sortie de Year Zero. Soit. Le grand hic dans tout ça, c'est que derrière le combat, derrière la lutte, derrière la révolution technologique, derrière cette nouvelle méthode de travail et de conception de la musique, l'étoile de notre saint homme semble décroître. A vouloir verser dans la quantité, Reznor perd en qualité, parce que c'est un type qui a besoin de se triturer le cerveau, de fouiller dans ses veines pour extraire une moelle savoureuse, rare et parfaite. Au beau milieu de tournées mondiales exténuantes, on ne peut pas composer et enregistrer des albums grandioses. Reznor frôle le surmenage artistique. Trop, c'est trop. A quoi bon vouloir changer absolument de cap et de ligne de travail? Imaginez un Mallick tournant au rythme d'un Woody Allen. Que l'on ne se méprenne pas: With teeth, Year Zero ou The Slip ne sont pas de mauvais opus. Le problème, c'est qu'ils souffrent de la comparaison avec une époque antérieure dorée mais révolue. C'était mieux avant comme je l'ai déjà souligné. Mais ça, ça me gêne pas. C'est valable pour plein d'artistes: Metallica, les Stones, Korn, ... Ce qui me gêne, c'est que la qualité décroît au sein même de ce triptyque des années 2000. Quel accueil peut-on réserver à un album comme The Slip en 2008? Froid. Forcément. Tout bonnement parce que personne ne s'attendait à un album de NIN, parce personne n'en avait même besoin, à peine rassasié d'une tournée mondiale succédant à un Year Zero énigmatique, compliqué avec moult jeux de pistes. On était même à peine rassasiés de cette tartine d'instrumentaux qu'était Ghosts I-IV. ET Bam!! Reznor nous balance The Slip. On frise l'overdose. L'album est inégal, sent méchamment le réchauffé. Faut pas non plus qu'il se sente obligé de pondre autant d'albums que d'articles Eclipshead estampillés Seth Gecko :). The Slip est un album (sic) qui ressemble à un large b-sides de Year Zero. Allez, Trent, ressaisis-toi, prends des vacances, produis un peu les potes pour aérer NIN et laisser le temps apporter un peu de fraîcheur et de renouveau. Art is resistance mais surtout... Keep music evil.
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