| Ecrit par Silent A., 10-11-2007 11:04 |
The Black Keys - Magic Potion Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, voici LE groupe hype du moment, source de buzz quasi-intarrissable dernièrement, voici les cendrillons du Rock n'Roll, please, welcome The Black Keys! L'histoire est décidément trop belle pour ne pas être exploitée. Deux zonards, vaguement jardiniers dans la ville d'Akron, Ohio dont on peut uniquement supposer qu'elle concourt au prix du pire trou des Etats-Unis se retrouvent après le boulot au fond d'une cave miteuse afin de faire la seule chose pour laquelle ils semblent présenter des aptitudes hors du commun: Rock n'Roll babe! Ils y enregistrent ce qui deviendra The Big Come Up, un premier album brut, mêlant indifféremment traditionnels, reprises et compositions. Cette succession de morceaux courts, rèches, bluesy, incroyablement efficaces est déjà saisissante et leur ouvrira la porte d'Alive Records. Alternant alors tournées et tonte de pelouse, le combo accumule petit à petit titres et expérience, pour d'abord se faire éjecter de leur emploi botanique, mais aussi et surtout pour atterir chez V2 qui obtiendra l'immense privilège de sortir cette année le superbe Magic Potion. Un peu plus posé que ses prédécesseurs, l'opus ne perd pas pour autant en spontanéité. La musique des Black Keys est une matière vivante, animale, et si certains morceaux se sont un peu allongés ou ralentis, ils n'en sont pas moins touchants, et permettent même de mieux appréhender l'album. Car le duo ne s'encombre pas d'artifices, utilise relativement peu d'effets et réussit malgré cela à retenir sans problème l'attention de l'auditeur. Il faut dire que la voix chaude, un peu éraillée de Dan Auerbach se montre particulièrement envoûtante et que son jeu de guitare, d'une extrême richesse, et que l'on est au passage rudement tenté de comparer à celui de Jimi Hendrix, suffirait à lui seul à interpeler pas mal d'oreilles. Alors quelle place reste-t-il pour d'autres instruments? Peu. Mais la batterie, nette, violente même, s'impose pourtant sans problème. Et c'est sur scène que cela se manifeste de la façon la plus évidente. Là encore, peu de fioriture, place à l'instinct. Puissant, désinhibé, le rythme imposé par Patrick Carney appuie les riffs accrocheurs de son accolyte, et donne encore davantage de vie à chacun des morceaux, généralement initiés par la guitare, psychédélique et définitivement possédée par le démon du blues. La performance délivrée s'avère réellement physique et époustouflante. L'aggressivité dont le batteur fait preuve aux dépends de ses fûts contraste étonnament avec la douceur et l'aisance avec laquelle le guitariste, virtuose, manipule son instrument, tout en réalisant un sans faute sur le plan vocal. Le tout véhicule au final une énergie extraordinaire et délicieusement contagieuse, et si cette dernière se ressent clairement à l'écoute d'un album tel que Magic Potion, c'est plus spécialement en live qu'il faut absolument aller la puiser.
Commentaires utilisateurs (0)
|
|
|