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The Cure
Ecrit par Seth Gecko, 10-11-2007 11:11


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The Cure

Trois potes de lycée écument les pubs et les fonds de cave sous le nom de Malice. Nous sommes en 1976. Moins post-punk, le groupe mute sous le nom d'Easy Cure puis définitivement The Cure, en 1978. Michael Dempsey tient la basse, Lol Tolhurst la batterie et Robert Smith assure guitare et chant. Un premier single cartonne alors. Il s'agit de "Killing an arab", inspiré par les écrits de Camus. Le groupe est propulsé au coeur des discussions de fanzines et des réseaux undergrounds. The Cure devient the "next big thing", le groupe à suivre. Smith and co. signe chez Fiction Records.

Les Cure, à l'instar de Bauhaus ou de Joy Division, a longtemps eu sur le dos l'étiquette gothique. Smith a toujours eu une vision ironique de la chose, conscient qu'on a toujours voulu coller toute une liste d'adjectifs aux groupes de rock. Est-ce que porter des Reebok Pump fait partie de la panoplie gothique? Parce que Big Bob en porte depuis trente ans... Si les Cure ont été affublé de l'étiquette des lunaires, c'est en partie à cause du look de son frontman, vêtu de noir de préférence, eye-liner de rigueur et rouge à lèvre coulant à l'occasion. Le fait est que l'univers du groupe est bien trop riche pour appartenir à une étiquette de bacs à disques. Chez les Cure, les ambiances sont atmosphériques et sombres, mélancoliques ou sautillantes et pops, progressives et angoissantes selon les époques et humeurs du caméléon Smith, être fragile et sur le fil du rasoir.
Arrivent ensuite Pornography, Faith, Seventeen Seconds, le tryptique maudit. Les années de gestation de ces trois albums sont une longue agonie artistique et personnel. Un flou. L'esprit dans les limbes, Smith est devenu accro a à peu près tout. Il devient quasi autiste. Pendant l'écriture et l'enregistrement de Pornography, il se construit une chambre faite de cartons, de couvertures, de papier au sein même du studio et il n'en sort que pour livrer quelques lignes et quelques accords aux deux autres, interloqués. Lorsque le reste du groupe danse ou hoche la tête en écoutant les nouveaux morceaux, Smith s'emporte et disparait pendant des jours. la mort, le suicide et l'introspection. Pour les amateurs éclairés de Cure et les critiques rock qui n'ont pourtant pas toujours plébiscité le groupe, Pornography est un chef d'œuvre absolu et inégalé, qui atteind d'ailleurs le Top 10 en Angleterre. La tournée qui suit la sortie de cet album se révèle pourtant éprouvante, en effet le climat mélancolique qui entoure les shows de la formation anglaise depuis quelque temps déjà y atteint là son paroxysme, et beaucoup pensent (dont Smith lui-même) que Cure n'y survivra pas. Ces trois disques représentent d'ailleurs ce que l'on appelle la "Trilogie sombre" du groupe. Après pareille expérience, Smith et les Cure ont besoin de passer à autre chose et les années 80 seront celles des nouvelles expériences musicales. Cure va façonner pendant ces années un son unique. De la pop sautillante. Le groupe devient gigantesque et les singles défilent. A la façon des duels d'antan, on assiste au choc Depêche Mode - The Cure. En 1983 la tournure musicale plus lègère est incarnée par Let's go to bed et The Lovecats, des titres plus abordables et qui donnent bien moins envie de se foutre en l'air. Le succès arrive avecThe Top (1984) et The Head on the Door (1985) et notamment en France grâce au succès des 45 tours In between days et Close to me. Les Cure marquent leur époque. On associe désormais les années 80 au son des synthés des hommes de Smith. Ils sont les instigateurs d'un son révolutionnaire. Smith s'est inventé sa propre étiquette: la new wave.
Disintegration en 1989 marque un retour à une musique plus sombre et mélancolique, rappelant la période 1980-1982 de la formation anglaise. Sur cet album, le son des Cure se déploie : longs morceaux mélancoliques, son de guitare inimitable , utilisation de basse à 6 cordes, arrangements subtils. Les 45 tours Lullaby et Lovesong connaissent un grand succès dans les classements internationaux, notamment pour la dernière chanson citée qui se retrouve classée 2ème aux USA, faisant de l'album un des grands succès de Cure dans ce pays. Suit alors une tournée mondiale (le "Prayer Tour") de longue durée dont l'ampleur et l'intensité restent encore gravées dans de nombreuses mémoires, et constitue pour beaucoup l'une des meilleures prestations publiques de Cure.
Trois ans plus tard, l'album Wish, qui se retrouve respectivement classé dès sa sortie 1er au Royaume-Uni et 2ème en Amérique, vient confirmer le statut de dinosaure du groupe. Après ce triomphe, suit une période plus incertaine durant laquelle le groupe, en perpétuelle évolution au niveau de son effectif, semblera connaître une pause dans sa notoriété, tout en gardant son immense cortège de fans fidèles répartis aux quatre coins de la planète. Le groupe se vampirise et surfe sur son propre succès. L'aspiration de Robert Smith s'estompe et l'heure est aux règlements de compte en couloir. On se déchire pour la paternité des morceaux, conséquences de line-ups changeant parfoirs plusieurs fois par albums et par tournées.
Le dernier album paru, The Cure en 2004, ouvre la porte à un son plus dur et à une inspiration puisée dans le rock indépendant. Des chansons délirantes ("Alt.End", "Taking Off", "Before Three", "I Don't Know What's Going On") y côtoient d'autres violentes ("Us Or Them", "Lost", "The Promise"), dépressives ("Going Nowhere", "Anniversary") ou psychédéliques ("Labyrinth") . Ce disque renoue avec le succès à grande échelle des deux côtés de l'atlantique. Robert Smith a fait appel à Ross Robinson, l'architecte du son de la scène néo-métal (Slipknot, Korn, Machine Head, At the drive-in). Robinson est fan du groupe et pousse le groupe vers de nouvelles orientations. L'album est un must et sa pochette un peu moins (Smith en confie la réalisation à ses neveux et nièces...âgées de deux à seize ans...)
Les Cure, en trente ans de carrière, ont arpenté des chemins par eux-mêmes tracés. Ils sont les princiapux architectes du son des années 80, de la new wave. Smith est une icône incontournable du rcok de la dernière partie du XXème siècle au même titre que Cobain, Bono ou ... (pour ne vexer personne, place toi-même le nom de ton choix, cher lecteur).




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