| Ecrit par Seth Gecko, 10-11-2007 11:23 |
Tool 10/12/2006, Paris, le Zénith. Il faut lire l'Apocalypse de Saint Jean. Notamment le passage sur les quatre cavaliers "Il leur fut donné pouvoir sur le quart de la terre, pour occire par le glaive, la famine et la peste, et par les fauves." Les quatre cavaliers du son qui ont foulé les planches du Zénith un dimanche 10 décembre 2006 ne sont pas loin d'être dotés des mêmes attributs. Tool est un groupe qui vous plonge en transe, qui vous tient, vous travaille, vous hante et vous change à tout jamais. Un fléau musical. Ce fut une nuit magique mes amis. Schism. Swamp Song. Wings for Marie/10000 days. Lateralus. Aenema. Anthologique. Magnifique. Paranormal. Subliminal. Plus près du coeur, plus près des étoiles. Aucun autre groupe n'atteint ce firmament sonore. Au plaisir de les revoir. (Seth Gecko) Qu'il est difficile de décrire ce que l'on a ressenti lors d'un concert de Tool. On a peur de ne pas trouver les mots qui rendront justice au festival émotionnel que l'on a vécu. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : une apocalypse/apothéose visuelle et sonore dont on ne sort pas intact. Pour tout vous dire, c'était mon second concert de Tool après celui de Nantes le vendredi 8. Voir plusieurs fois un même groupe dans un laps de temps si court à une vertu majeure : on ne redescend pas pendant 48 heures. On sait à quoi on a goûté, on en redemande et on va en avoir. Pendant le show, j'ai comparé ça au sexe. Beaucoup de plaisir la première fois mais ça passe trop vite et on voudrait recommencer le plus vite possible (quand ça se passe bien). Je ne saurais trouver de meilleure comparaison. Le concert parisien a eu ceci de particulier que nous avons eu la chance de voir Justin Chancelor et Adam Jones de très près. Oui, parfois ça fait du bien de redevenir un fan boy ! A tel point que je n'ai pas vu grand-chose du show d'Entronaut qui avait pourtant l'air intéressant. Je passerais aussi très vite sur Mastodon, réglé bien trop fort comme sur toutes les dates de la tournée manifestement et finalement assez plat sur scène. Alors, oui, Tool ne fait plus des shows de 2h30 comme à l'époque de Lateralus mais quelle intensité et quelle tracklist ! Après une folle introduction tryptique Stinkfist/46&2/Jambi, Tool nous assène un Schism d'anthologie. Je n'avais curieusement pas bien accroché sur Lost Keys / Rosetta stoned l'avant-veille mais ce soir c'est bien autre chose. Joli trip mâtiné d'extra-terrestres et de zone 51. Swamp Song a représenté pour moi une sorte d'interlude avant LE grand moment de cette soirée : Wings For Marie/10 000 Days. Le temps s'est alors arrêté. Les visuels exceptionnels jusque là ont alors pris une tournure phénoménale avec l'apparition des lasers, d'abord simples puis en faisceaux. Un véritable instant de grâce pour ma part. Une prière. Lateralus m'a sorti de cette torpeur bienheureuse pour transformer mon état en transe chamanique que n'ont fait qu'embellir Vicarious et enfin cette Aenema tant désirée et non jouée à Nantes. Une grande, très grande soirée. (Winter) Ce serait comme se détacher du mur du son. Comme partir vers un Ailleurs peuplé d'humanoïdes étranges, de symboles ésotériques, d'extra-terrestre et d'extra-sensoriel. C'est oublié le général et passer directement à l'essentiel. Glisser doucement vers des fréquences intimes et mystiques. Catartique, émotionnel, pur, déboussolant, extatique. Un recentrage personnel en franchissant une porte, un point énergétique situé au dessus de soi. Une ouverture de shakra. Voir Tool en live est une expérience si particulière, une libération certaine. Ils nous envoient du son, des couleurs, des images, de l'âme. Des jeux de lumière sublimes et des lasers hypnotiques. Mention spéciale aux morceaux Wings for Mary et 10,000 Days, pendant lesquels les balayages de faisseaux verts recréent une nappe de nuages et de fractales, tels des fantomes sereins surplombant nos crânes. On chante à l'unisson les yeux braqués sur ce ciel irréel, pour une longue prière emplie de profondeur. Ils sont rares ces moments où l'esprit se détache de tout sauf de cette ambiance, de cet instant précis, sans que rien d'autre ne compte. La Terre pourrait se dérober, on n'en aurait pas conscience, emporté par ce concentré d'univers. L'important est devant nous, sur la scène. L'important est en nous, résonnant dans nos oreilles. L'important c'est le vibrato d'émotion absolue, partout autour de nous. Ce concert sonne un dépassement de soi, si tant est qu'on soit suffisamment réceptif et concentré. Tout est question d'adéquation. J'étais en adéquation et je vous parle des brumes de cette union. - oR.hal Vidéos : 10000 Days (Wings Pt2) (Live à Nottingham le 01/12/2006) Vicarious (Live à Vienne le 19/11/2006) Photos (10/12/2006) : Ici et ici.
Commentaires utilisateurs (0)
|
|
|